‹ Le musée de la conversation: répertoire de citations françaises, dictons modernes, curiositésChapitre 411 sur 434 · INFAME · texte numérisé non relu

INFAME

me dites qu'elle perd son crédit vers la Seine, je le souhaite ; mais songez qu'il y a trois cent mille hommes engagés pour soutenir ce colosse affreux... Tout ce que peuvent faire les honnêtes gens, c'est de gémir entre eux quand cette infâme est persécutante, et de rire quand elle n'est qu'€d)surde...

Vous pensez bien que je ne parle que de la superstition: car pour la religion chrétienne, je la respecte et l'aime comme vous...

Quoi que vous fassiez, écrasez l'infâme, et aimez qui vous aime.

Souvent Voltaire écrivait sa formule habituelle en abrégé. Sa lettre à Damilaville, du 26 juillet 1762, se termine ainsi :

Frère Thieriot vous embrcusse. Je finis toutes mes lettres par dire : Ecr. l'inf..., comme Caton disait toujours : Tel est mon avis, et qu'on ruine Carthage,

Il en vint même à signer simplement Écrlinf (lettre à Damilaville du 27 janvier 1768). Une note de Bouchot nous apprend que les employés de la poste chargés de décacheter ses lettres crurent à l'existence d'un particulier nommé Ecrlinf, habitant la Suisse, qui, disaientils, « n'écrit pas mal ».

S'il paraît évident que Voltaire entendait par ce mot l'infâme, non pas la religion, mais la superstition ou le fanatisme, il n'en était pas de même de d'Alembert, qui lui écrivait le 31 juillet 1762 :

Vous voudriez que nous fissions imprimer le Testament de Jean Meslier, et que nous en distribuassions quatre ou cinq mille exemplaires ; Vinfdmey puisque infâme il y a, n'y perdrait rien ou peu de chose... Ce que vous savez doit être attaqué, comme Pierre Corneille, avec ménagement.

Or, les mots « ce que vous savez » avaient été substi-

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