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INSURRECTION

Dans la séance de TAssemblée constituante du 20 février, deux projets de loi furent présentés coup sur coup pour aviser aux moyens de rétablir Tordre.

Lafayette, intervenant dans la discussion pour obtenir une prompte solution, prononça ces paroles qui ont été longtemps mal interprétées :

La révolution étant faite, il ne s'agit plus que d'établir la constitution. Pour la Révolution il a fallu des désordres : l'ordre ancien n'était que servitude, et dans ce cas, V insurrection est le plus saint des devoirs, mais pour la constitution, il faut que l'ordre nouveau s'affermisse, que les personnes soient en sûreté, il faut faire aimer la constitution nouvelle, il faut que la puissance nouvelle prenne de la force et de l'énergie.

On chercherait en vain ce texte dans le Moniteur universeL On le trouvera dans les Mémoires, Correspondance et Manuscrits du général Lafayette (Paris, 1837, t. II, p. 382).

Quelques pages plus loin, dans un chapitre spécial intitulé : Le Droit d'insurrection, les éditeurs de ce recueil, faisant observer que le discours de Lafayette a été défiguré et sa pensée dénaturée, ajoutent :

La ïTiaxime isolée, que l'insurrection est le plus saint des devoirs, a été depuis plus de vingt-cinq ans attribuée à La Fayette, non seulement par ses ennemis qui la répandirent d'abord, ensuite par une partie du public. On n'a pas réfléchi combien un axiome aussi vague était en contradiction avec la conduite positive de l'homme qui avait souvent défendu au péril de sa vie, et qui tous les jours alors, à la tête de la garde nationale, défendait la vie, la propriété et la tranquillité des citoyens.

11 y avait un souvenir de la formule émise par Lafayette dans l'article XXXV et dernier de la Déclaration des Droits de Vhovime et du citoyen, élaborée par la

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