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BIEN-AIMÉ

« Le bien-aimé ne revient pas. »

Nina ou la Folle par amours comédie en un acte, mêlée d'ariettes, par Marsollier, musique de Dalayrac, jouée sur le Théâtre Italien, le 15 mai 1786.

Nina, promise à Germeuil, qu'elle aime, puis»séparée de lui par la cruelle volonté de son père, a perdu la raison.

A la scène v, elle exhale sa tristesse et chante :

Quand le bien-aimé reviendra Près de sa languissante amie, Le printemps alors renaîtra, L'herbe sera toujours fleurie ; Mais je regarde... hélas I... hélas I...

Le bien-aimé ne revient pas.

Hâtons-nous de dire, pour rassurer ceux qui s'intéressent au sort de Nina, que son bien-aimé lui est rendu, et que, dans une scène des plus touchantes, elle recouvre la raison.

Grimm nous apprend, dans sa Correspondance littéraire (juin 1786), que le sujet de cette pièce, déjà traité dans les Nouvelles de Baculard d'Arnaud, sous le titre de la Nouvelle Clémentine, repose sur une donnée historique qui remontait à quelques années :

Une jeune fille des environs de Rouen attendait le retour de son fiancé. Elle devait le retrouver dans une auberge située à une ou deux lieues de son village. Elle va au rendez-vous et apprend qu'il est mort la veille d'une chute de cheval. Ce coup terrible lui fait perdre la raison. Depuis lors, elle se rend chaque jour à l'auberge, commande un repas pour deux personnes, sort comme pour aller au-devant de son amant.

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