HETABLE A LA VIERGE DEBOUT
sa main droite voilée, elle le soulève, dans un geste familier aux gens chargés qui se reposent un moment, sur sa jambe gauche repliée, et ["empêche de glisser avec sa main gauche posée sur la cuisse, près des genoux. Le Christ, presque assis, est de face, ses jambes fléchies de profil. Sa tète, à peu près parallèle à celle de sa mère, pend inerte sur sa poitrine, et ses bras tombent de\-ant lui, le dos de la main en avant. Ses pieds rassemblés, ses genoux qui se touchent, le laisser-aller de ses membres et l'imperceptible contraction de sa bouche dont les coins tombent, nous disent qu'il est mort, et nous oublions volontiers leur modelé hàtit et brusque, leur dessin disproportionné, pour ne nous souvenir que de la franchise avec laquelle ils expriment son abandon, sa lourdeur et son iinmobilité.
Rapetisses volontairement pour faire sentir davantage la divinité des personnages qui les entourent, deux donateur.^ d'allure bourgeoise, assistés de leurs protecteurs, sont pieusement agenouillés de part et d'autre de ce groupe. Le mari, que présentent sainte Catherine de Sienne et saint ,Iean-Baptiste, est à droite igauche du spectateur): la lemme à gauche avec sainte Madeleine et saint xMichel. Sainte Catherine tient une longue palme et la roue dentée qui servit à son supplice, saint Jean- Baptiste un livre sur lequel est couché l'agneau, sainte Madeleiiie le vase, saint Michel la lance et un ècu de gueules à la crcjix d'or. Une toute petite ligure dont on n'aperçoit que la tète et les pieds, placée de profil contre sa poitrine, symbolise très probablement l'àme de la donatrice. .\u dernier plan se trouve la croix à la traverse de laquelle sont suspendus ou appuyés les instruments de la Passion, tandis que dans le ciel une face rayonnante et une face encapuchonnée figurent, selon l'habitude, le soleil et la lune, emblèmes de l'Ancien et du Nouveau Testament, de l'Eglise et de la Synagogue'.
Des restes fugitifs et fanés de rouge, de noir et d'or, qui se mêlent aux salissures couleur de bronze florentin dont le temps a marqué la pierre, revêtent ce bas-relief d'une patine d'un gris chaud coupé de clairs vigoureux. Le manteau de la \'ierge, ceux des donateurs, la lune et quelques-uns des instriunents de la Passion portent des traccN de noir;
I . « La lune peut être considérée comme l'imat^e de la Svnagoi^ue. De même que la lune emprunte sa lumière du soleil et qu'elle resterait dans l'obscurité si un autre corps venait intercepter ses ravons. de même la loi ancienne serait inexplicable sans le secours de la loi nouvelle. » i De Caumont, Abécédaire archéologique, p. 41 i.i
le fond et les ajustements des saints, de rouge; les auréoles, le soleil et les bijoux, d'un or qui paraît restauré'.
Le troisième rétable est de la largeur du précédent et carré. Les donateurs qui en occupent les angles inférieurs sont aussi petits que