Le Musée des beaux arts de Gand
ILLE des fleurs et des vieux monuments, the city of flowers and old monuments, suivant l’expression d’un auteur anglais, Gand jouit à ce double titre d’une flatteuse renommée. Les floralies quinquennales attirent les horticulteurs du monde entier. Les anciens monuments, tels que le beffroi du XIVe siècle, le chœur de la cathédrale Saint-Bavon, le château des Comtes, les églises Saint-Nicolas, Saint-Jacques, Saint-Michel, Notre-Dame-Saint- Pierre, le béguinage Notre-Dame, l’hôtel de ville, les restes de l’antique abbaye Saint-Bavon, le quai aux Herbes avec la célèbre maison des Bateliers et bien d’autres vestiges du passé sont connus ; ils attirent chaque année un nombre croissant de visiteurs.
Gand est également le centre d’un intense mouvement d’art; on y vient, en pèlerinage artistique, admirer le célèbre polyptyque des frères Van Eyck, / Adoration de l'Agneau mystique, mutilé au début du XIXe siècle et reconstitué dans son intégrité originelle à la suite du traité de Versailles, après la guerre de 1914-1918. On ne se lasse pas de contempler ce chef d’œuvie, devant lequel, au dire de Fromentin, «l’esprit peut s’arrêter à l’infini sans trouver le fond de ce qu’il exprime ou de ce qu’il « évoque. L’œil peut s’y complaire sans épuiser l’extraordinaire richesse de^> jouissances qu’il cause « ou des enseignements qu il donne. »
D’autres chefs-d’œuvre de la peinture rappellent le passé de Gand ; toutefois l’une des gloires de l’école flamande, Hugo van der Goes, n’est pas représenté dans sa ville natale par l’une ou l’autre de ses œuvres; il n’en est pas de même de G. de Craeyer, qui naquit à Anvers mais passa la majeure partie de sa vie à Gand ; sa production artistique fut considérable et sa ville d’adoption conserve un nombre important de ses plus belles toiles.
De nos jours, la vie artistique s’est largement développée à Gand ; les peintres de la Lys sont nombreux et, parmi eux, il y a des maîtres inégales peut-être pour traduire sur la toile la clarté du soleil, l’or des moissons et le charme des pâturages ; d’autres renouvellent, dans une
gamme moderne, les paysanneries ou les diableries des Breughel.
Les musées de Gand sont vastes, bien aménagés, riches en œuvres d’art ; mais ils ne jouissent pas de la réputation qu’ils méritent à des titres divers ; le Musée d’archéologie, le Musée lapidaire, le Musée des Arts industriels et décoratifs, le Musée des Beaux Arts sont trop peu connus ; nos concitoyens semblent indifférents aux efforts des organisateurs de ces collections comme aux importants sacrifices consentis par l’admmistration communale pour mettre à la disposition de la population gantoise des