VICTOIRE SANS AILES
Arl gréco-romain.
Marbre.
étranger de passage, savant ou prince.
Le sanctuaire qui gardait si jalousement ses secrets n’en a plus, à dater d'aujourd'hui. M"° Édouard André, en voulant qu'après elle sa maison füt un musée public, a réalisé encore un vœu de son mari qui, avant leur mariage, avait confié à plus d’un ami son projet de laisser ses collections à son pays. Ce projet se précisa pour les deux époux lorsqu’'en 1890 la donation des collections de sir Richard Wallace, à Londres, eut enlevé à Paris tant de merveilles qui lui étaient promises. Cette année même, tous deux prirent spécialement conseil des amis qu’ils avaient au musée du Louvre, avant la vente Rothan : l’enchère de 58.000 francs, qui fit adjuger à M"° André Le Syndic, alors attribué à Jordaens, fut applaudie par les initiés.
Rien n'était décidé cependant pour l'avenir, à la mort d'Édouard André.
Le Louvre reçut alors un précieux souvenir du collectionneur, un petit panneau de Memling qui complétait un diptyque dont le musée possédait l’autre panneau; mais les intentions de M"° André, entourées de mystère, comme sa maison, ne furent connues qu'à sa mort, en mai 1912. Le testament qu'elle laissait était inspiré du plus noble exemple, celui du duc d’Aumale. Les collections, les immeubles,
la fortune de la donatrice devenaient la propriété de l’Institut de France.