LAMPE DE MOSQUÉE
ER dominent les détails, il est nécessaire d’'énumérer sommairement les faits nouveaux ou peu connus dont l'ouverture du musée Jacquemart- André enrichit les trois domaines qui constituent le fonds de ses trésors : art italien ; peinture des écoles étrangères, depuis la flamande et la hollandaise jusqu’à l’espagnole et l'anglaise ; art français du xvurr° siècle. Recueillir ces faits, dans leur précision et leur sécheresse, ce sera encore nous conformer à la lettre même du testament où la donatrice
a exprimé son intention d’être utile à l’art et à son histoire.
Cliché Butioz, Paozo ÜccELLo. — SAINT GEORGES VAINQUEUR DU DRAGON.
A série des sculptures italiennes commence en dehors de l'hôtel, — et au xiv° siècle — dans la rangée des margelles de citernes vénitiennes ; il serait facile de remonter plus haut et jusqu’au siècle de Constantin, en notant, à côté de tombeaux vénitiens, les sarcophages romains qui donnent à la terrasse du boulevard Haussmann un décor d'Aliscamps ; mais, si l’on cherche
l'Italie, il convient de monter au premier étage du musée, où elle est
chez elle.
Des morceaux dignes d'attention, que dominent quelques œuvres magistrales, complètent, comme à souhait, les salles italiennes du Louvre, qui ont reçu de M"° André, il y a quelques années, une Vierge pisane. Dans le groupe des trois bois polychromes de la fin du 7recento, dont la couleur attire le regard au milieu de la grande salle, la Vierge de l'Annonciation est une paysanne du contado de Sienne ; l'Ange, un peu court sur
jambes, dans les plis multiples de son manteau, est très étroitement
apparenté à l’Ange conservé à Montalcino, dans l’église de Sant’ Antonio
Abbate ; ni l’un ni l’autre n’a la grâce juvénile et l’élégante souplesse des
Cliché Bulloz.