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Le Musée Jacquemart-André

Le Musée Jacquemart- André a ouvert ses portes dans l’hôtel même du boulevard Haussmann où il fut formé et installé par M. el Mme Edouard André. Par le nombre, la variété, la qualité des objets dont il se compose, c’est, depuis la donation du château de Chantilly et du Musée Coudé par le duc d'Aumale, le legs d’œuvres d’art le plus magnifique qu’un patriotisme éclairé ait pu faire à notre pays pour le plaisir et l’instruction de tous ceux qui aiment, étudient, pratiquent ou protègent les arts. Commencée par M. Edouard André vers 1860 , à l’époque où les Expositions Universelles de 1851 à Londres et de Paris en 1855 avaient déterminé, dans toute l’Europe, un réveil ardent de l’intelligence et de la curiosité esthétiques, cette collection fut, après sa mort prématurée, en 1894, considérablement augmentée par l’artiste de talent à laquelle ce galant homme avait donné son nom en

1881 cl, depuis, laissé sa fortune. On y compte plus de mille objets, peintures, sculptures, miniatures, tapisseries, orfèvreries, céramiques, pièces de mobilier, etc.

Im léguant ce superbe ensemble à l’Institut de France pour qu’il ne lut point dispersé et qu’il restât dans la ville de Paris, Madame Nélie

Jacquemart, veuve Edouard André, se conformait aux intentions manifestées par son mari, dès le temps même où il faisait construire, par l’architecte Parent, son hôtel princier. En y ajoutant le don du domaine historique de Chàalis, avec d’autres collections et des revenus fonciers, elle suivait l’exemple du duc d’Aumale, dont le testament, par ses sages dispositions de ] » révoyance ad m i n istrative

semble avoir inspiré le sien.

Sans pouvoir ici, comme il conviendrait, nous étendre sur ces deux personnalités si intéressantes, si parisiennes, de M. et Mme Edouard André, nous ne saurions oublier, néanmoins, que lui, dès sa jeunesse, brillant officier et homme du monde, fut l’un des protecteurs les plus généreux de la Gazette des Beaux-Arts à ses débuts, en même temps que le président fondateur de l’Union Centrale des Arts décoratifs, et que, fidèle à sa mémoire, sa digne veuve témoigna longtemps le même intérêt à notre maison.

La section des peintures compte 200 numéros. Nous nous bornerons aujourd’hui à nous arrêter devant les œuvres de la Renais-

Cliché J.-E. TÎUII07.

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