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PORTRAIT DU PEINTRE DUCREUX PAR LUI-MÊME

LA PEINTURE

manières polies, lui assurèrent une abondante clientèle sous tous les régimes.

Pour d’autres, la Révolution fui moins indulgente, ou bien

Cliché J.-E. Bulloz.

PORTRAIT DE LA COMTESSE SKAVRONSKA, PAR Mme VIGÉE-LKBRUN

sembla moins rassurante. Tels Danloux qui passa en Angleterre, et Mme Vigée-Lebrun qui promena de cour en cour sa renommée en Italie, Allemagne, Russie, Angleterre, Hollande, Suisse, durant près de vingt ans. Nous n’avons pas à nous en plaindre, car chacun d’eux, ayant un brin de plume à son pinceau, nous a laissé, par ses

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lettres ou ses mémoires, une multitude de précieux renseignements sur les artistes, d’abord, et sur la société cosmopolite de son temps. La Trie tir fillette, par Danloux, n’a pas grand intérêt, mais les deux portraits de Mmc Yigée-Lebrun, Le Comte de Vaudreuil, peint à Paris cm 1781, La Comtesse Skavronska, peinte à Naples vers 1791 , peuvent compter parmi les meilleures des (Hj2 effigies dont elle s’est déclarée l’auteur. Pour le premier, elle nous a laissé, en outre, un portrait écrit do son noble caractère extrêmement sympathique et <1 une très line analyse; pour la seconde, elle nous décrit ellemême I image qu’elle en a faite, après de nombreux détails sur la personne physique et morale, de celle étrange, mais charmante personne : « Le comte de Skavronski m’avait fait promettre de faire le portrait de sa femme avant celui de toute autre personne, je m’y engageais, de sorte que deux jours après mon arrivée, je commençais le portrait où I ambassadrice est [teinte presque en pied, tenant en main et regardant un médaillon sur lequel était peint le portrait de son mari. »

Tandis que M",e Vigée- Lebrun, fêlée, adulée, sollicitée, dans toutes les capitales de I Europe, ne savait à qui répondre, tant les commandes lui affluaient, le pauvre jeune Prud’hon, revenu d’Italie, luttait à Paris, sans succès, contre la misère. L’est de ces pénibles années, en 1791, que date son Portrait île Cadet-Gassicourt, avocat, littérateur, pharmacien, en habit de cheval. L’œuvre, intéressante par les recherches du coloris et de l’éclairage, n’a pas encore cette maîtrise à la fois virile et tendre, cette harmonie plastique et colorée, si attrayante et si poétique, qui devint bientôt sa marque personnelle et inimitable. Les circonstances dans lesquelles elle fut exécutée en expliquent les inégalités et les incertitudes. Le vrai, le rare et noble génie de Prud’hon inspiré des chefs-d’œuvre grecs, éclairé parle sourire du Corrège, éclate mieux dans cette petite esquisse de U Impératrice Joséphine assise sous des arbres. C’est le projet du tableau du Louvre. Itien de plus ferme et de plus souple à la fois, de mieux vu et mieux rendu par un œil et une main d’artiste-poète. Et c’est presque avec le même charme que sa malheureuse compagne, Constance Mayer, se montre son admiratrice passionnée dans une autre esquisse pour un autre tableau du Louvre, sous ce titre inattendu et d’un douloureux contraste avec sa propre destinée : La Mère heureuse.

La série des artistes nés dans la dernière moitié du xvme siècle, et qui ont inauguré le xixe, se clôt par Louis David, et son Portrait de François (de Nantes), ancien Montagnard comme lui, devenu, comme

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l'Empire, en attendant qu’il devint pair de France. Le personnage a été, par David, vu et fixé avec la franchise et l’éclat qu’il savait mettre, quand il voulait, dans les figures, vivantes et réelles, de ses contemporains. Avec quel plaisir et quelle verve il a fait saillir tous les détails de l’uniforme théâtral, tout chargé, surchargé, écrasé, de broderies et d’or, dans lequel se pavane le terroriste assagi, un uniforme dessiné sans doute par le peintre lui-même, et qui pourrait être signé comme le tableau : « Louis David ». Ce morceau de bravoure, daté de 1811, est de peu postérieur au Sacre et aux Aigles.

Edouard André, on lésait, avait, d’abord, étant garçon, réuni un certain nombre de peintures (dont quelques-unes très remarquables) du xixc siècle, mais, après son mariage, il n’avait point cru devoir les conserver, les deux époux voulant consacrer toute leur activité et toute leur fortune à l’organisation d’un musée rétrospectif. On ne trouve donc dans ce musée, avec le plafond du grand hall peint par Galland, que les deux portraits du donateur lui-même, peint de grandeur naturelle par la donatrice, en 1872, et qui reste l’image la plus exacte de ce galant homme, et celui de la donatrice peint par Hébert, en 1899, l’un des chefs-d’œuvre du vieux maître, dans la dernière, mais la plus belle, période de son talent grandissant jusqu’à sa mort. Ce n’est qu’une tète, moins grande que nature, mais d’une expression si juste et si vive, dans une matière à la fois si solide et si lumineuse, qu’on ne saurait l’oublier.

LES MANUSCRITS A PEINTURES

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