HEURES DU MARÉCHAL DE ROUCICAUT
L E M ü S É E .1 A C O U I- M A K rl' - A N D K E
Ino des plus dignes d'attention, parmi ces images, est la 13e, que nous reproduisons. Elle nous montre a genoux, au-dessous d’un buste de la Madone glorieuse qui apparait au ciel, les premiers possesseurs du livre d’ Heu res : le maréchal de Boucicaut. accompagné d’un ange, et sa femme Antoinette de Beaufort-Turenne.
M. de Villeneuve inclinait à chercher d'autres portraits dans le reste du volume. Sur certaines pages il voulait retrouver encore le maréchal, puis son frère Geoffroy le Meingre, dit Boucicaut le jeune, son chapelain Honorât Durand, rédacteur présumé du Livre des faits du bon maréchal, son compagnon d’armes à Nicopolis, Guy VI de la Trémoïlle, etc. J’estime que sur ce chapitre il convient de ne pas se laisser trop entraîner. Mais, si je fais des réserves sur la valeur iconographique et historique de certaines figures, je n’en fais aucune sur le mérite d’art. Les Heures du Maréchal de Boucicaut constituent un admirable volume.
Le maréchal Jean 11 le Meingre mourut sans laisser après lui de fils vivant. Son livre d’IIeures parvint à son neveu Jean le Meingre, qui mourut en 1490, fils de son frère cadet Geoffroy, dit Boucicaut le jeune. Possesseur du volume, ce Jean le Meingre, le dernier des Boucicaul , y fil ajouter une quarante-! roisième miniature à la fin du volume. Dans cette peinture, que nous reproduisons aussi, Jean le Meingre esl représenté assistant à la messe dite par saint Grégoire. La page est très belle. On a proposé d’y reconnaître une œuvre de Jean Foucquot1. L’attribution n’est pas soutenable. Mais les tètes des personnages, surtout celle de Jean le Meingre, qui pourrait bien être d une autre main que le reste de l’image, sont modelées avec une finesse et une fermeté dignes d’un grand maître.
A la mort du dernier Boucicaut, son héritage, y compris le livre d Heures, passa à son cousin germain Aymar de Poitiers, seigneur de Saint- Voilier, grand-père de la fameuse Diane de Poitiers. Suivant une coutume très répandue, le manuscrit fut approprié à l’usage du nouveau propriétaire. En beaucoup d’endroits, les armes du maréchal de Boucicaut, répétées à foison dans le volume, et sa devise qui était : « Ce que vous voudrez » furent surchargées des armoiries de la maison de Poitiers et de la devise : « Sans nombre ».
La suite des destinées du volume ne laisse pas d’être assez
cation faite par la Société des Bibliophiles françois : Notice sur un manuscrit du xivc siècle : Les Heures du Maréchal de Boucicaut, Paris, 1889, in-i, avec dix planches, tantôt tirées en noir, tantôt rehaussées de couleurs.
1. Catalogue des livres... de feu M. Guyot de Villeneuve, p. 3.
Cliché J.-E. Bulioz.
JEAN LE MK IN GRE ASSISTANT A LA MESSE DE SAINT GRÉGOIRE MINIATURE AJOUTÉE AUX. « HEURES DU MARÉCHAL PE BOUC J C^. U T