BANC FLORENTIN AUX ARMES DES STROZZI
styles issus du décor gréco-romain ■ — - deux grands rinceaux jaillissent d’un vase.
Cependant les habiles intarsiatori ne bornaient pas leur ambition à incruster dans le noyer des rinceaux et des couronnes. Marco de Vicence à Venise, Pietro da Vailate à Pavie, Fra Giovanni de Vérone, Fra Damiano de Bergame poussaient plus loin la hardiesse. Aux dorsaux des stalles d’église, ils peignaient, en bois de rapport, des paysages, des natures mortes dans des armoires entrouvertes,
voire des ligures. Pantaléon de Marehis (frère peut-être de ce Jacopo de Marehis qui décora à la fin du \v° siècle les boiseries de la chapelle Saint-Sébastien , à Saint-Pétrone de Bologne) était de leur famille et de leur temps. On lit sa signature — « Hoc est de Marc/us Pantaleonis ojnis » — sur des stalles provenant d’une église b ntic par Bramante à Brianza, vers 1505, et conservée aujourd’hui
au Kaiser Friedrich- Museum de Berlin1.
I ne partie des mêmes stalles a été acquise par Edouard André en 1887. ( l'est un précieux témoignage d’un arl peu connu chez nous.
Les acco toi r s so n t scu 1 ptés ; la tarsia développe ses rinceaux variés que beequètent quelques oiseaux sur les dossiers et sur les sièges; mais sur le dossier, que divisent des pilastres portant un entablement, mille petites pièces de bois, adroitement juxtaposées, peignent des saints à mi-corps. C’est par de telles imitations trop littérales de la peinture, où elle perdait ses qualités propres de franchise, sans parvenir à égaler la souplesse de son modèle, que la marqueterie italienne finira par dégénérer.
La décoration en pâte moulée et dorée est d’un art moins raffiné, bien qu’au dire de Vasari, Donatello l’ait pratiquée dans sa jeunesse, Voyez ce coffre florentin (n° 921) dont les côtés ornés de rosaces, les trilobés abritant des angelots rappellent encore les lignes gothiques. Sur la face principale, des Vertus assises alternent avec les angelots
\. Les sculptures et les rinceaux en marqueterie en ont été publiés à Berlin, chez Grote (1884), en 25 planches gr. in-fol., précédées d’une notice de M. Bode.
Cliché J E. Bulloz.
TABLE ITALIENNE COMMENCEMENT DU XVIe SIÈCLE
LA TAPISSERIE ET LE MOBILIER
porteurs d’armoiries. C’est un reflet affaibli de la sculpture du même temps. Les petits points qui sablent le fond et accusent les contours cl les creux des plis pour faire mieux luire les reliefs ne parviennent pas à rendre aux formes la fermeté qu elles ont perdue sous la main d’un praticien médiocre. Puis, la fragilité apparente de ce décor inquiète dans un meuble d’assez grandes dimensions, destiné à servir autant qu’à paraître et exposé aux heurts. Le procédé semble mieux convenir aux coffrets légers et aux boites. Et telle de ces boites
Cliché J.-E. Biilloz.