‹ Le musée pittoresque du voyage du TsarChapitre 4 sur 99 · II. — CARICATURES ÉTRANGÈRES · texte numérisé non relu

II. — CARICATURES ÉTRANGÈRES

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Images sur le voyage du Tsar dans les pays étrangers. — Les satires graphiques dirigées contre la France. — Leur extrême violence. — Los insultes plcuvent de toutes parts.

Les caricatures sur le voyage du Tsar en Autriche et en Allemagne, bien peu de chose véritablement. Moins que rien pourrait-on dire !

A peine une intention satirique, et cependant, dès les premiers jours, Berlin s'inquiétait, se demandait pourquoi le souverain russe laissait ainsi de côté la capitale du grand empire. Viendra-t-il ? ne viendra- t-il pas? Où est-il? Par où passera-t-il ? Autant de questions que l'on se posait, autant dé points d'interrogation auxquels la presse ne savait que répo ndre, et que l'image, elle aussi, présentait sous une forme dubitative. La vignette du Ulk ici reproduite traduit bien

cet état d'incertitude. A travers monts et vaux, sur les grandes routes et sur les voies fen-ées l'on pouvait lancer reporters sur reporters ; le Tsar n'était nullement invisible ; il avait

décidé, simplement, qu'il ne viendrait point à Berlin et qu'il rejoindrait l'empereur d'Allemagne à Breslau.

A Vienne, onn'avaitaucune raison d'être inquiet, tout devant se passer dans les règles ; mais Vienne n'est pas seulement la ville impériale unique au monde, quoi que puisse dire ou penser Berlin, c'est en même temps la capitale d'un empire profondément divisé, ou plutôt moitié allemand, moitié antiallemand, moitié israélite, moitié anliisraélite. Or, si les Allemandsqui,en somme, ont été les civilisateurs et les éducateurs du monde russe, paraissent avoir, aujourd'hui, pour cette Russie formée par eux et s'émancipant toujours plus de leur tutelle, l'antipathie des gens qui voient disparaître leur influence sur un point où ils avaient pensé pouvoir toujours régner en maîtres, les Madgyars, les Serbes, les Tsiganes, les Bohèmes, les Roumains, les Juifs surtout, même les Slaves de Hongrie et de Bohême n'ont pour leurs voisins, les Russes, qu'une sympathie très modérée.

VERS OU SE DIRIGE LE TSAR i

(Rébus dont la solution ne nous est pas encore connue).

{Ulk, de Berlin, 14 août.)

Vignette publiée lors de l'annonce du voyage du tsar; en Allemagne, et alors qu'on ne savait pas encore s'il irait à Berlin ou à Breslau.

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A Vienne donc, tandis que Der Junge Kikeriki, organe sémite, représentait l'effet produit par l'arrivée du Tsar — les officiels, chapeau bas, échine basse, allant au-devant de Sa Majesté pour lui faire escorte, les socialistes s'éclipsant rapidement par la coulisse —Kikeriki, le vaillant coq antisémite qui lance dans les airs ses cris si retentissants, s'amusait à donner une malicieuse figuration de l'entrée du souverain dans la capitale de l'empire austro-hongrois, tous les juifs chassés de Russie étant là, au premier rang, sur les estrades.

De vieilles connaissances qui se retrouvent !

Le d on gracieux du sabre de Rakoczy devait, également, donner naissance à quelques images plaisantes, mais sans autre portée, etc'està Prague qu'il faut aller pour trouver, dans les Humoristické Listy, la note aigre, la note de la satire.

Là, l'antipathie pour le Russe ne se cache plus ; elle éclate en une série de petites vignettes .-partout on voit des Rusko inscrits avec une pointe d'ironie significative : des Rusko le knout en main, des Rusko étendant leur domination sur le monde entier. Particulièrement amusante l'image qui représente le soleil, la terre, la lune, l'astre rayonnant coiffé d'un bonnet de moujik. Et l'on ne se contente pas de donner ainsi libre cours à son antipathie, l'on tient aussi à bien montrer le peu d'amour des Allemands pour le tout-puissant empereur, quoi qu'ils se soient prosternés à ses genoux. Les Humoristické Listy ne veulent pas qu'on puisse croire à la sincérité de cet aplatissement forcé. Pure comédie officielle, et il faut bien qu'on le sache.

Cette note aigre, vous la chercheriez vainement dans la presse caricaturale allemande, qui fait le silence, par ordre sans doute. Ne pouvant pas exprimer librement sa pensée et ne voulant pas tailler ses crayons pour de grandes compositions dithyrambiques, elle préfère s'abstenir, d'autant que

Le soleil russifié.

(Humoristické Listy, de Prague.)

toute liberté va lui être laissée pour diriger ses traits contre la France, contre la venue du Tsar à Paris.

Kladdera,datschiUlk9Lusi tige Blatter ne s'occupent pas plus de ia visite du Tsar à Breslau que si l'antique cité silésienne était en Chine. Et lui-même, Der Wa.hr e Jacob, l'organe socialiste, qui, souventes fois, publia contre le despotisme russe des images sanglantes, gardera son fouet pour cingler l'alliance franco-russe.

Déjà, du reste, la mauvaise humeur germanique se donne libre cours dans cette affirmation d'un humoriste allemand : <( Le Tsar s'est arrêté à Vienne parce qu'il lui fallait forcément, en sortant de Russie, traverser l'Autriche ; il est venu à Breslau faire une pure visite d'apparat, d'impériale courtoisie, il ira jouir des derniers beaux jours à Balmoral, dans le calme des réunions de famille, mais le but unique de son déplacement c'est Paris . » ^

(Résultat d'un bon dressage : léchant les pieds du Russe.) {Humoristické Listy, de Prague.)

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