‹ Le musée pittoresque du voyage du TsarChapitre 75 sur 99 · L'ACTUALITÉ I1USSE DANS LA RÉCLAME · texte numérisé non relu

L'ACTUALITÉ I1USSE DANS LA RÉCLAME

sans l'avoir demandé, du moins, aux choses les plus disparates.

Pour voir le Tsar, que fallait-il avant tout: se bien porter, c'est-à-dire avoir bonnes dents, bon estomac, être frais et dispos, dans toute la plénitude de ses facultés physiques, afin de pouvoir patienter des heures, sur ses jambes, sans douleur.

D'abord l'eau minérale, d'un emploi aujourd'hui général. Allons-y donc du boniment, à la première page des grands quotidiens, en écho :

Au début de cette semaine historique où la France entière va manifester son enthousiasme de la bonne manière, c'est-à-dire en l'arrosant de vins généreux et d'apéritifs variés, nous permettra-t-on, sans nous traiter de rabat-joie, de recommander à nos amis de ne pas trop s'écarter des lois de l'hygiène ? L'addition d'une eau rigoureusement pure aux diverses consommations que l'on consommera doit être une préoccupation première et, dans ce cas, la délicieuse eau de***** s'impose par sa limpidité et ses qualités digestives.

Et les dents, donc, n'est-ce pas la première chose surtout quand — c'est affreux, mais cela a été fait — l'on va se trouver sur les dents. Voici, même page, mêmes journaux, de quoi satisfaire les plus difficiles sans sortir de l'actualité russe :

Un ouvrage russe, Dents naturelles et artificielles, édité en 1875 chez A.-A. Sakolow, à Saint-Pétersbourg, nous apprend que, déjà à cette époque, le célèbre professeur X., appelé à la cour impériale, employait son procédé sans nulle trace d'artifice, posé sans aucune douleur, le même qui, perfectionné encore par lui, fait le succès de son merveilleux sanatorium installé à Paris, rue*****, n°...

Avec nos dents, naturelles ou artificielles, de provenance russe, allons manger maintenant. Mais où et quoi ? Des plats russes, naturellement, dans des restaurants plus ou moins

russes; dans les endroits, du moins, où vont les Russes. Donc les réclames de restaurants à la russe n'ont pas manqué ; en voici deux :

Bondé, Paris! pris d'assaut, les endroits chics, du moins à en juger par les chambrées qu'il y a chez***. Diamants, fleurs, habits noirs ; et d'une gaieté folle, les dîners! et les soupers donc ! Toute la colonie russe !

« Garçon, un Gribouis pa Rousski. — Garçon, un Forchirowannié Sausselis. — Garçon, un Jasike Volovié po MenschikofT. » Voilà ce que l'on entend depuis huit jours à déjeuner et à dîner chez X***, le restaurateur du boulevard qui s'est fait une spécialité des plats russes. L'alliance culinaire des mets russes et français se fait chaque jour chez X***.

Et six jours après le départ du Tsar la cuisine russe triomphait encore, puisque cet autre écho — écho de rappel — prenait place, dans les mêmes journaux toujours, à la même place toujours.

Le Forchirowannié Sausselis, Le Jasike Volovié po MenschikofT, et le Gribouis pa Rousski,

trois excellents plats russes, sont chaque jour savourés chez le restaurateur X*** du boulevard des Capucines. Avis aux partisans dé l'alliance culinaire franco-russe.

Tout ça, c'est pour les bien portants. Croyez que dans sa sollicitude pour tous, dans son désir de voir tout le monde sur pied, la médication des spécialistes n'avait point oublié les souffrants, les impotents. Voici, à leur adresse, laréclame des pilules Pink dont on peut trouver ici-même le prospectus:

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