L ACTUALITE RUSSE DANS LA RECLAME
Prospectus distribué dans les rues, avec les portraits des souverains russes imprimés en couleurs. Les deux cœurs se replient l'un sur l'autre (face extérieure). C'est la seule réclame qui ait donné, ainsi accolés, les portraits des souverains.
lia Visite du ®zar
Voies ne jouirez pas de ces fêtes si vous n'êtes pas en bonne santé.
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Pilules Pink pour Personne:
Pales, du D' Williams. — lîlles sont io secret pour gagner les cœurs car qui s'en sert a le teint frais, la démarche souple, et I
l brève t d santé car aucune forme de l'Anémie qui affaiblit, énerve cl dê prime ne résiste à lour emploi
Les Pilule» PinkJ»P'Wil!iams
sont pour les hommes comme pour. les femmes le grand régénérateur du sang et' pur excellence le ionique dos nerfs, îlles guérissent aussi» les eflets
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Réclame pour les pilules, imprimée au verso du prospectus.
la chanson de Nadaud qui mourut « sans avoir vu Carcassonne », le septuagénaire patriote de Santranges pourra voir le Tsar et s'associer aux manifestations que l'on prépare en l'honneur de l'illustre ami de la France. Voici par suite de quelles circonstances: comme la plupart des malades, il avait coutume d'entretenir tout le monde de ses maux, et à force d'en parler, il trouva un avis salutaire. C'est l'institutrice de l'école de Santranges, Aille Bourdaloue, qui le lui donna.
Suit l'avis habituel aux réclames de cette médication.
Après les restaurants, après les remèdes, les réclames des théâtres et des endroits où l'on s'amuse.
D'abord le Pôle Nord qui, justement, venait de couvrir les murs de Paris d'affiches toutes pimpantes. Le Pôle Nord ! quand on s'appelle ainsi il faut bien, de droit, sacrifier à la Russie. Or donc, voici ce qu'on lisait dans les journaux du 4 octobre, au courrier des théâtres :
Désireux de s'associer aux fêtes données en l'honneur de ses hôtes, le Pôle Nord organise pour demain une soirée de gala et vient d'adresser aux comités des fêtes du IXe arrondissement un certain nombre d'entrées de faveur, de façon à ce que les officiers russes et français puissent, dans la même soirée, admirer à la fois le Casino de Paris et le superbe établissement de patinage, son voisin, dont la magnifique salle sera brillamment illuminée.
Puis le théâtre des Folies-Dramatiques:
M. Victor Silvestre, directeur des Folies-Dramatiques, vient, à l'occasion des fêtes franco-russes, d'avoir une très heureuse idée.
11 fait distribuer dans les grands hôtels un fort joli, fort élégant et fort ressemblant portrait de S. M. le Tsar. Quand on regarde ce portrait au jour ou à la lumière, l'empereur Nicolas apparaît en uniforme de général français portant en sautoir le grand cordon de la Légion d'honneur.
De plus, tous les porteurs de ce portrait jouiront d'un précieux privilège :
Ils n'auront qu'à présenter au contrôle ou au bureau de location du théâtre ce portrait du Tsar et auront cinquante pour cent de diminution à toutes les places.
l'actualité russe dans la rëclamk 203
Le « fort joli, fort élégant, fort ressemblant » portrait de S. M. le Tsar, c'était simplement, est-il besoin de le dire, l'image populaire donnant, par transparence, le général Boulanger.
Autre réclame, non moins typique, qui se renouvelle régulièrement à chaque visite de souverain ou de grand personnage étranger :
Petit avant-goût des fêtes franco-russes.
Avant-hier, dimanche, vers neuf heures, un maréchal des logis russe, en grand uniforme, se présenta au Théâtre de la République pour demander à voir la salle. Le directeur, en ce moment au contrôle, offrit à ce sous-officier une avant-scène du rez-de-chaussée. Ce dernier voulut payer, mais l'impressario refusa, trop heureux de lui offrir une loge.
Quand le public vit entrer « ce soldat allié », il n'y eut qu'un cri parti de toutes les galeries, qui étaient bondées : « Vive l'armée russe ! » Mais ce fut un délire quand, pendant l'entr'acte, l'orchestre attaqua l'Hymne russe et la Marseillaise. Le sous-officier russe se leva pour remercier la foule qui criait : « Vive le Tsar ! Vive la Russie ! » A l'acte de Huilier, les danseuses rappelées se tournèrent du côté de la loge où se trouvait le soldat et, le saluant militairement, lui crièrent à leur tour : Vive la Russie!
Ce maréchal des logis, chargé de loger les officiers russes à Paris, parle très bien le français. lia demandé à aller complimenter les artistes. Accompagné du directeur, il alla dans toutes les loges serrer la main aux interprètes de Nina la Blonde. Arrivé dans la loge de Clair-de Lune, Arc-en-ciel, Serpoletle et La Sauterelle, il dit à ces dames : « Dans notre pays de sauvages, pour les remercier du plaisir qu'elles nous ont donné, nous demandons aux dames la permission de les embrasser. » Et il embrassa les danseuses! Arc-en-ciel lui dit: « C'est pas tout ça maintenant! Vous êtes venu seul, il faudrait nous amener vos camarades que nous attendons avec impatience. » Le sous- officier russe promit de revenir bientôt en nombreuse compagnie.
Ça, c'est gentil, au moins.
Si bien qu'elles aussi, Glair-de-Lune, Arc-en Ciel, Serpolette, la Sauterelle, se trouvent avoir contribué, pour une part, à l'alliance franco-russe .
Après les restaurants, après les remèdes, dits de spécialité, après les théâtres et autres lieux de plaisir,les industries, les commerces.
Et d'abord, à tout seigneur tout honneur, la reine bicyr dette, car la visite des souverains russes a été pour un fabricant prétexte à faire mousser sa machiné. Lisez le petit poulet :
Le voyage du Tsar remet d'actualité le fameux record Saint-Pétersbourg-Paris, établi par Charles Terront, voici plusieurs années déjà, et non encore bat»u malgré plusieurs tentatives. On sait que Nicolas II, qui a toujours aimé la vélocipédie, s'intéressa beaucoup à la tentative du grand routier parisien, qui, grâce à sa bicyclette***, réussit à couvrir l'énorme distance qui sépare les deux capitales.
Plus heureux encore les pneux d'une certaine marque, je veux dire plus en intimité avec les souverains, puisqu'ils étaient au coupé et à la Victoria de Leurs Majestés. Ne fautil pas qu'on le sache urbi et orbi.
Et le Tsar a beau être loin, parti pour d'autres rives, endarmstadté, la réclame, elle, ne désarme point, elle continue sa propagande commereialo-russienne, tantôt en première page, comme durant les trois glorieuses russes, tantôt aux faits divers. Voici un écho cueilli dans un journal du 19 octobre :
France et Russie.
Les petites causes ont parfois de grands effets. De même que le miel de Pahayànda, s'il faut en croire le Ràmayàna, était la cause dé l'alliance de ce pays avec Mânaha, il est indéniable que l'énorme exportation en Russie de l'excellente eau minérale de Pougues-Saint- Léger a contribué pour beaucoup aux bonnes relations franco-russes. Si l'on songe que cette eau, grâce à ses vertus salutaires, soulage des milliers de dyspeptiques, de graveleux, de goûteux et d'anémiés, on comprendra aisément le degré de sympathie éprouvé par les Russes pour le pays qui les en pourvoit.
Pauvre France ! combien déchue! Jadis c'était pour ton vin; aujourd'hui, c'est pour tes eaux!
l'actualité russe dans la réclame
Voici des faits divers :
Le Tsar a pu, pendant sa visite à Versailles, évoquer, dans lé somptueux palais, la grande figure du Roi-Soleil. Si les magnifiques atours des courtisans ont fait place à l'habit noir, notre bon renom de courtoisie n'en est pas moins resté intact, et de grandes maisons parisiennes s'attachent à nous conserver celui d'élégance : tel High Life Tailor, avec ses vêtements à 69 fr. 50, 112 rue de Richelieu, coin du boulevard, et 17, faubourg Montmartre.
Ainsi donc, si la France a encore quelque goût, si elle a pu faire bonne figure devant le Tsar, c'est aux tailleurs à prix fixe, c'est au démocratique complet sur mesure qu'elle le doit ! Un comble !
Autre chanson :
Les fêtes russes ont causé à tout le monde, aussi bien aux Parisiens qu'aux étrangers venus pour y assister, un surcroît de fatigues. Mais il est bien facile d'y remédier, et d'y remédier agréablement en prêt nant le matin, avant de sortir, et aussi après le repas, un verre de Longévitine, cette exquise et tonique liqueur, inventée en 1554 par dé Roys. Les étrangers nous sauront gré de leur rappeler que c'est 12, rue des Capucines, que se trouve la maison de vente.
Oh oui !
Après cela on pourrait tirer l'échelle, n'est-ce pas ?
Eh bien non ! car une autre branche de l'industrie, le Livre, a voulu elle aussi, sacrifier au Dieu du jour, et voici la réclame insérée dans les journaux par une nouvelle publication :
Dans son toast à l'Armée, qui a eu en Europe un si grand retentissement, le Tsar a levé son verre « au Beau Pays de France », expression aimable et flatteuse qui a été au cœur de tous les Français.
Le Tsar ignore peut être encore que parmi les innombrables souvenirs qu'il emporte de son passage chez nous, il trouvera une simple feuille de vélin, qui est tout bonnement le chef-d'œuvre de l'Imprimerie an couleurs.
C'est un panorama de Paris, en héliogravure coloriée à l'aquarelle, avec, au centre, un plan de l'Exposition de 1900. Ce panorama, qui
enlre aujourd'hui -même dans le public, se trouve encarté dans le premier fascicule d'une publication nouvelle qui s'appelle :