‹ Le Musée royalChapitre 51 sur 120 · ACCROCHANT UNE VOLAILLE, PAR GÉRARD DOW · texte numérisé non relu

ACCROCHANT UNE VOLAILLE, PAR GÉRARD DOW

Pa rmi les diverses classes de tableaux de genre, Gérard Dow avoit peut-être choisi celle qu'il est le plus difficile de conduire à la perfection, parceque, ne descendant presque jamais dans les derniers rangs du peuple, elle n'a pas les ressources de mouvement et d'expression qu'offrent dans leur violence ou leur vivacité les passions et les joies populaires, en même temps que la sorte d'actions qu'elle représente ne lui permet pas de s'élever aux sentimens qui animent le tableau d'histoire. Aussi les imitateurs de Gérard Dow ont-ils assez fidèlement reproduit sa touche et sa manière, mais non pas Pâme de ses tableaux. Il est rare qu'aucun d'eux ait saisi, comme lui, ce point juste au-delà duquel la vérité commenceroit à nuire à une certaine délicatesse qu'il lui est nécessaire de conserver; plus rarement encore est-on arrivé, comme lui, à ce degré d'expression qui remplit tout ce que peut demander le sujet, sans sortir de la mesure du genre qu'a choisi le peintre, et du caractère spécial de son talent. V Arracheur de dents est du très-petit nombre des sujets où il soit arrivé à une expression vive; mais encore cette expression est-elle contenue par une forte résolution; et quoique le patient soit un paysan, on voit en lui la violence, mais non pas la brutalité, de la douleur. Les sentimens qui animent le tableau de la Femme hydropique sont au contraire du genre le plus relevé : c'est l'amour filial, l'amour maternel, la résignation, la piété aux prises avec la douleur et la mort; mais ces impressions si fortes sont seulement entrevues à travers cet extérieur de repos qu'exige la chambre d'un malade; en sorte que nous en recevons la parfaite image, mais dépouillée de ce que leur présence réelle auroit de trop âpre et de trop saillant pour l'effet que nous en voulons éprouver.

Quali per vetri transparenti e tersi O ver per acque nitide e tranquille Non si profonde, che i fondi sien persi

Tornan de' nostri visi le postille

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