DU PROPHÈTE ÉLIE ET D' ABDIAS
PAR ELZHEIMER.
« En ce temps-là, un des Tisebites qui étoient domiciliés à Galaad dit à « Achab : L'Eternel, le Dieu d'Israël, en présence duquel je me tiens, « est vivant. Il n'y aura, pendant ces années-ci, ni rosée ni pluie, si ce « n'est quand l'ordre en sortira de ma bouche. » — Après cette prédiction, Elie fut obligé de se cacher, et trois années de sécheresse amenèrent la plus affreuse famine. « Dans la troisième année de la famine, « l'Eternel parla ainsi à Elie : Va, présente -toi à Achab, et j'enverrai « de la pluie sur le pays. » — Elie s'étant mis en chemin, rencontra Abdias, intendant de la maison d'Achab , que celui-ci avoit envoyé parcourir le pays d'un côté, pendant que lui-même le parcouroit de l'autre , afin de recueillir pour la nourriture des bestiaux ce qui se trouvoit d'herbe sur le bord des torrens et des fontaines. Abdias étoit un homme craignant Dieu ; il avoit même sauvé cent prophètes de la fureur de Jézabel, qui les faisoit tous massacrer. « Elie vint au-devant de lui; Ab- « dias l'ayant reconnu, se prosterna le visage contre terre, et lui dit : N'êtes- « vous pas Elie, mon Seigneur? — Il lui répondit : Je le suis. Allez : dites « à votre maître qu'Elie est ici. »
Le moment où ils s'abordent est celui qu'a choisi le peintre ; mais , dans son tableau, au lieu de se prosterner, Abdias s'est jeté dans les bras d'Elie , mouvement moins conforme aux mœurs des Hébreux et au sentiment de terreur religieuse empreint dans toutes les actions et toutes les pensées de ce peuple, sans cesse en présence du Dieu jaloux. L'artiste s'est montré plus exact à représenter le sol âpre et montagneux de la Judée, adouci seulement par la fertilité de quelques vallées. La scène se passe dans une de ces vallées , où naturellement devoit se rendre Abdias pour exécuter les ordres de son maître; derrière lui descendent, par un chemin pierreux, sa femme et son fils, montés sur un âne que conduit un jeune serviteur; au-dessus du chemin et sur un plateau sablonneux