JÉSUS-CHRIST DÉPOSÉ DE LA CROIX
pose un peu arrangée, quoique très-gracieuse, des figures, nous portent à penser que Sguazzella est le véritable auteur de ce tableau, admirable d'ailleurs par la bonne entente de la composition, la sensibilité des expressions, la noblesse du style, et la convenance du rôle assigné dans cette douloureuse scène à chacun des personnages. Tous sont agenouillés, à l'exception d'un apôtre qui soutient la sainte Vierge à peu près évanouie; et dans toutes ces poses uniformes le peintre a su introduire une variété pleine de grâce et d'effet. La Madeleine s'est précipitée , la face contre terre, aux pieds de son divin maître, qu'elle couvre de ses longs cheveux et baigne de ses pleurs. S. Jean la regarde avec cette émotion recueillie que cause la vue d'une douleur qu'on partage. Dans les têtes de l'apôtre et de la sainte femme, qui soutiennent la Vierge, la pitié qu'inspire le spectacle de l'abattement désespéré d'une mère s'unit merveilleusement à leurs propres regrets. Le corps du Christ étendu se développe tout entier, non sans quelque apprêt, mais avec une beauté peu commune; et les trois têtes de femmes sont des modèles de grâce dans l'expression de la douleur. Les draperies sont larges et bien distribuées, surtout celles qui enveloppent la Vierge.
Ce tableau, peint sur bois, appartenoit, avant la révolution, à l'église de Notre-Dame de Villeneuve-sur- Yonne, qui l'avoit acquis de la famille More-lc-Menu , à laquelle il étoit arrivé dans l'héritage de M. Belostier, colonel du régiment de Picardie. Le gouvernement l'acheta pour le Musée, en donnant en échange une Adoration des Bergers, de M. Ménageot.
Il a été gravé par iEneas Vicus, avec quelques changemens, sous le nom de Raphaël.
„ f Hauteur, i m - 5n cemim ' = 4 pieds QP tuces .
Proportions. < T a
\ JLargeur ; 2 00 =0 1