‹ Le Musée royalChapitre 97 sur 120 · FORTIER · texte numérisé non relu

FORTIER

Niquet l'aîné.

Haldenwang.

Duparc.

Duparc.

Duparc.

Duparc.

Duparc.

Niquet l'aîné,

Duparc.

Geissler.

Geissler.

Duparc,

Schroeder.

Darnstedt et

Haldenwang.

Vol. IL

MINERVE

STATUE (*)

Parmi toutes les divinités de l'Olympe , il en est peu auxquelles les mortels aient adressé autant d'hommages qu'à Minerve ; aussi est-ce une de celles dont il nous est resté le plus de statues. Déesse de la guerre et des beaux-arts, elle dirigeoit le courage du guerrier, inspiroit le poète, l'architecte, le peintre, le sculpteur. C'étoit d'elle que le philosophe recevoit la science et la sagesse ; de tous côtés la reconnoissance de ses bienfaits, ou le désir de mériter ses heureuses inspirations, lui consacroit des temples, des autels, et des statues. Protectrice d'Athènes, qu'elle avoit honorée de son nom (i), en lui faisant présent de l'olivier, elle y fit prospérer le commerce; les arts fleurirent à sa voix, et elle y vit naître ce peuple d'artistes dont les chefs-d'ceuvres multipliés, digne hommage de la déesse des arts, préparoient à la cité de son choix une gloire qui devoit traverser les siècles, et soumettre à Pempire de son génie les conquérans dont la force parviendrait un jour à l'asservir. Les Grecs n'existent plus, les conquérans ont passé, et la gloire de Minerve et de son peuple vit encore dans la Grèce; et s'élançant du Parthénon, elle répand dans le monde le plus brillant éclat.

A voir la quantité et la beauté des monumens qui s'élevèrent en Grèce au milieu des guerres et des dissensions , ne diroit-on pas que la déesse n'inspiroit le désir des combats et l'amour de la gloire que pour offrir aux beaux-arts de hauts faits à célébrer? et l'ambition des Grecs les animant du noble orgueil de voir leurs statues devenir l'ornement et l'admiration de leur patrie, enflammoit leur courage et créoit des héros. Terrible et propice à la fois, l'égide de Minerve excitoit à la victoire, dans les arts de la guerre et de la paix , le guerrier et l'artiste , qui sembloient être d'accord pour concourir à la gloire l'un de l'autre. Ce fut aussi à Minerve, à ses poètes, à ses statuaires, que l'on dut la pompe de ces jeux

(*) Cette statue, haute de 4pieds 10 pouces (i mètre 571 millim. ), est de marbre grec, etfaisoit partie de la collection Borghese. (Stanza 2, n° 3.) La tête antique, mais rapportée, est de marbre de Paros; elle manque de caractère, et fait tort à la statue. Les cheveux sont noués par derrière et retombent sur le col , comme à la plupart des têtes de cette déesse; ce qui se

voit mieux sur les médailles que dans les statues. Le col et les bras sont modernes. Dans le bouclier, il n'y a d'antique que la tête de Méduse, encore est-elle rap>portée; car le marbre est différent de celui de la statue , et le travail n'est pas le même.

(1) Le nom de Minerve, en grec, est Athénê.

MINERVE

solennels qui, attirant toute la Grèce, formoient de nouveaux liens entre ses diverses contrées; l'espoir d'une couronne de feuilles, dune statue, inspira Pindare, et peupla les bords de FAlphée et les bois d'Olympie d'une foule de chefs -d'oeuvres. Il est probable que, marchant sur les traces d'Homère et souvent son égal par la sublimité de ses conceptions,. Phidias fut le premier qui s'éloigna de l'ancien style des figures de Minerve, où l'on devoit retrouver le type de l'antique Neith des Égyptiens, et qu'il fixa l'idéal de cette déesse comme il avoit fixé celui de Jupiter. L'or, l'ivoire, le bronze, et le marbre, à la fois ou tour-à-tour, servirent à représenter la divinité (i); et brillante de majesté, la fille de Jupiter sembla sortir une seconde fois de la tête du maître des dieux. Si une grande partie des statues de Minerve ont entre elles beaucoup de conformité dans la pose et l'ajustement, elles ne la doivent sans doute qu'à l'imitation des figures de cette déesse, exécutées par Phidias ou par son école. Chez les anciens, les statues, et surtout celles de certaines divinités, n'étant pas seulement des objets d'arts ou d'ornemens, mais étant destinées au culte religieux, elles ont dû être combinées d'après un type adopté et avec les modifications que demandoient leurs différentes attributions, mais qui laissoient toujours reconnoitre le type primordial/Les plus belles têtes de cette déesse , telles qUe celle de la Pallas de Vellétri , malgré la grandeur de leur style, conservent encore quelque trace de leur origine égyptienne ; une Minerve étrusque du Musée de Naples présente ce caractère d'une manière très-frappante ; on le retrouve dans les têtes de Minerve des médailles d'Athènes , dont le dessin et l'exécution tiennent beaucoup de l'école égyptienne; l'on seroit étonné de les voir aussi informes et aussi éloignées delà perfection des ouvrages athéniens, si l'on n'étoit pas porté à croire que, par une sorte de respect religieux pour l'ancien style, on voulut le conserver ainsi sur les monnoies comme un monument d'une antique et vénérable tradition.

La statue dont nous nous occupons n'a rien de particulier dans son costume; sa poitrine est couverte de l'égide, et, comme la Minerve du Parthénon, elle s'appuie sur son bouclier que soutient un petit autel. Ce bouclier est rond comme celui des Argiens et comme le clypeus des Romains. Quoiqu'un peu lourde, par rapport à la proportion de la statue, la draperie a de belles parties, bien refouillées, largement traitées, et l'effet général en est bien.

(i) Voyez, dans le Jupiter Olympien de M. Ouatremère de Quincy, ce qui a rapport à la Minerve du Parthénon,^ à d'autres statues de cette déesse.

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