DIANE DE GABIES
STATUE (*)
Diane se dispose à partir pour la chasse. Déjà une seconde ceinture relève jusqu’au-dessus du genou sa tunique arlistement plissée («toXuîotoç). La fille de Latone attache avec une agrafe, sur son épaule droite, les deux bouts de la chlamyde, habillement accoutumé des chasseurs. Les Nymphes de l’Amnisus ne lui ont pas encore chaussé ses brodequins de chasse; d’élégantes sandales renferment ses pieds divins. Sa physionomie est à la fois agréable et noble, peut-être un peu pensive. On diroit que la déesse goûte en idée les plaisirs périlleux de ses jeux héroïques ; qu’elle parcourt déjà par la pensée les hauteurs du Cyntlius ou du Taygète, ou fait retentir du bruit de son carquois les vieilles forêts de l’Arcadie.
Le mouvement gracieux que cette action donne naturellement aux membres et à la pose de la figure, le charme que l’air de la physionomie répand sur l’expression générale, appartiennent à ces secrets que les artistes grecs avoieut la facilité de dérober à la nature, et que les modernes, dans leur excès de recherche, devinent si rarement. Sous ce rapport, la Diane que nous examinons est un véritable chef-d’œuvre. 11 est difficile d’imaginer une figure dont la naïveté soit plus gracieuse, ou dont les draperies produisent des accidens plus heureux ou plus piquans. L’exécution des vêtemens et la pureté de goût avec laquelle les chairs sont traitées ne laissent rien à desirer, et pourroient justifier les conjectures d’un antiquaire, qui a cru que cette statue est le prototype de quelques répétitions qui nous sont parvenues. Mais l’excellence de tant d’imitations certaines et supérieures probablement à celle de leurs originaux ne nous permet pas de donner un grand poids à cette opinion ingénieuse. Nous avons déjà en plus d’un endroit remarqué cette merveilleuse
(*) Cette statue de marbre grec à petit graiu {grechetto)i qui est probablement le marbre statuaire qu'on tiroit des carrières de l’ile d’Eubëe {Journal desSavans, décembre 1816, p. 197), lut découverte l’an 1792 dans les environs de Gabies. Placée dans la collection Borghese, je la tis connoître parmi les 3Io-
numenti Gahini, tav. 32. Elle a 5 pieds (i mètre 62 centimètres) de hauteur. Le nez , la main droite, une partie du bras gauche au-dessus du coude, l’ extrémité antérieure du pied droit, la moitié inférieure de la jambe gauche avec le pied, sont des restaurations modernes.