‹ Le Musée royal, ou, Recueil de gravures d'apres les plus beaux tableaux, statues et bas-reliefs de la collection royaleChapitre 121 sur 143 · VUE D’ITALIE AU SOLEIL COUCHANT · texte numérisé non relu

VUE D’ITALIE AU SOLEIL COUCHANT

combien cette différence étoit permanente et sensible dans tous les détails dont se compose un pa^ïsage. Ce ne sont pas seulement d’autres deux, une autre lumière; ce sont, dans les arbres, un feuillé différent, des groupes tout autrement disposés; dans le terrain, d’autres ondulations, d’autres formes de pierres, une autre couleur. Les arbustes, les broussailles prennent une autre direction, portent un autre caractère. On rencontre peu, dans le midi, ces vastes profondeurs de bois, d’un vert sombre , oit règne une éternelle fraîcheur ; les groupes d’arbres sont moins étendus, moins épais; la lumière et la chaleur les pénètrent; ils ont des formes plus légères , une verdure moins brillante ; le sol n’est couvert ni d’une herbe serrée, ni d’un taillis fourré; la végétation est plus forte que haute; si elle déploie toutes ses richesses dans le coin où se trouve un ruisseau, non loin de là vous la voyez clair-semée, toujours chaude, pleine d’une activité qu’excitent et que brûlent à la fois les rayons du soleil, offrant enfin les mêmes apparences que ces hommes du midi dont le corps, ordinairement petit et maigre, paroît animé d’une vie ardente qui se manifeste dans des muscles plus vigoureux que gros, souples, tendus et à peine cachés par une mince couche de chair qui les recouvre sans les envelopper, sans en masquer le jeu énergique et rapide.

Il y a dans le paysage de Jean Both de l’eau, beaucoup d’arbres, de la verdure ; ce n’est point la nature sèche du midi qui y est représentée ; et cependant les arbres et la verdure y conservent le caractère du climat; les formes en sont fines, le feuillé en est clair; on n’y voit point ces longs enfoncemens d’ombre qui se rencontrent dans les forêts du nord ; beaueoup de racines sont à nu : les masses sont moins épaisses, et la lumière du soleil couchant qui éclaire le fond et une partie des devants est pleine de chaleur. C’est un paysage frais et riche, mais de la richesse et de la fraîcheur propres à la nature du midi.

Aussi Jean Both reçut-il, de son vivant, le surnom de Both d Italie.

1 Hauteur, 1“*“’' = 9*’°“” S***- io8.

I Largeur, •>. 6=64 i 188.

PnOPORTIONS.

L'V'V'VA'VV'V'V wx A.'VX'W'VW'

►vwwvvvvvwwvvvvwvvvv\^-»

Page 1