MINERVE ARMÉE DE L’ÉGIDE
retombent en dehors. Cette ample draperie n’est retenue dans le haul que par deux agrafes, et n’est assujettie autour de la taille que par la ceinture qui serre l’égide. L’une des deux agrafés réunit sur l’épaule droite les deux angles supérieurs de la draperie; l’autre placée à peu de distance la rattache , et la retient au-dessus de l’épaule gauche , en laissant une ouverture assez large pour le passage du bras : les extrémités latérales forment en se rapprochant des plis nombreux et presque réguliers , qui descendent du côté droit jusqu’aux pieds de la figure. C’est ainsi qu’une simple pièce d’étoffe rectangulaire prend la forme d’un double habillement, c’est-à-dire d’une tunique et d’un petit péplum. On peut voir dans Hérodote comment la tunique ionienne, dont l’usage étoit venu de l’Asie, avoit remplacé cet ancien vêtement dorique (i) : mais les artistes de l’antiquité ont souvent préféré à la tunique ionienne le costume ancien, comme plus propre à fournir des jets heureux, et à indiquer ou à mettre à découvert les formes du nu (a).
Quelques connoisseurs ont porté l’admiration pour cette figure jusqu à regarder la draperie comme le plus parfait modèle qui nous reste de l’antiquité dans ce genre (3). Je conviens que pour la pureté du st^le, pour la simplicité des mouvemens , pour l’art de creuser l’intérieur des plis, et la fermeté de l’exécution, cet ouvrage ne le cède à aucun autre. Mais il existe des figures antiques où la disposition des draperies relève plus avantageusement la taille, et où l’agencement général offre des pensées plus ingénieuses et un ensemble plus varié (4).
(r) L. V., c. 87 et 88. L’historien rapjioric re changement, qui apparemment n’étoit dù qu’aux progrès de la civilisation , à l'abus que les feinines athéniennes avoient fait de leurs agrafes, en les employant connue des armes meurtrières.
(2) Voyez la description de l’Ariadne dans lu 59“° livraison du Musée français. Celle ligure est
habillée d’une tunique presque semblable à celle-ci,
(3) C’est l’opinion de M. de S.-Victor dans scs belles explications du Musée des antiques, dessiné et ^ravé par P. Bouillon.
(4) Par exemple, la petite Cérès {Musée français ^ livraison 5o), et l'Ariadne que je viens de citer.