D’APRÈS LE CORRÈGE
Catherine, dit son historien, fille d’un roi d! Alexandrie , belle, fière et instruite dans les doctrines des philosophes , dédaignoit le mariage et ne vouloit pas entendre parler du christianisme. Un hennite parvint cependant à exciter sa curiosité en lui promettant un époux supérieur à elle en toutes choses, supérieur même à toutes les autres créatures. Désirant le voir, elle consentit, pour y parvenir, à prier devant une image de la Vierge tenant son fils sur ses genoux. Après sa prière, elle s’endormit et vit en songe le Christ, beau par-delà toute beauté {ultra omnem pub chntudinem specioswn). Sa mère lui offrit Catherine pour épouse; il la refusa, et dit qdelle nétoit point belle. Catherine s’éveilla éprise d’amour, et s’attrista jusqiüci la mort. L’hermile consulté prit cette occasion pour l’instruire dans la foi chrétienne et lui donner le baptême. La nuit suivante, après de nouvelles prières, Catherine, endormie de nouveau, revit en songe le Christ environné d’anges et plus éclatant que le soleil; sa mère lui conduisit Catherine ; il l’accepta pour épouse , et lui mit au doigt un anneau divin qu’elle y retrouva à son réveil.
Ce n’est pas l’Amour enfant que les peintres ont donné à Psyché pour époux; c’est toujours le Christ enfant qu’ils ont représenté mettant au doigt de sainte Catherine l’anneau divin, gage de leur union. Rien cependant dans le récit de l’évêque de Jasolo, historien de Catherine, ne les empêchoit de choisir une autre époque de la vie du Christ. Ils auroient pu le montrer un peu au-dessus de celle oii il parut dans le temple, au milieu des docteurs étonnés de sa beauté autant que de sa sagesse; et cette divine adolescence s’unissant, sous les auspices d’une mère, à la pureté virginale, eût offert sans doute le tableau le plus gracieux que l’imagination fût capable de concevoir; ils auroient pu le représenter dans sa gloire, tel qu’il est assis auprès du trône de son père, et, à la prière de Marie, abaissant ses regards sur son humble épouse. Telle paroît même