LE MARIAGE DE SAINTE CATHERINE
avoir élé l’idée du légendaire; mais le génie des peintres les a mieux inspirés. Ils ont senti que, dans un pareil sujet, la condition la plus nécessaire étoit d’écarter tout ce qui pouvoit arrêter l’esprit sur l’idée d’une union terrestre; et l’enfance du Christ a conservé à l’amour de Catherine tout ce qu’il a de mystique , en lui laissant son caractère indéterminé entre l’impression causée par 1 objet sensible et le désir d une possession purement intellectuelle.
Dans le charmant tableau du Corrège, l’expression des traits de la jeune fille est celle d’une dévotion ingénue. Quoique le tableau ne présente que la partie supérieure de sa figure, on juge qu elle est agenouillée devant la Vierge : celle-ci, assise, tient son fils sur ses genoux. Les yeux de Catherine, timidement baissés, se fixent sur la main de l’enfant, qui, de l’air d’une attention enfantine, tient le doigt de la jeune fille, trèsoccupé d’y placer Panneau. Ces deux mains sont unies dans une de celles de la A ierge; de l’autre elle semble diriger Faction de son fils. Catherine s’appuie sur une roue dans laquelle est passée une épée, instrument de son double martyre. Derrière elle, S. Sébastien, quelques flèches à la main, contemple ce spectacle d’un air de joie et de complaisance. Les légendes font mourir S. Sébastien sous Dioclétien, et convertissent sainte Catherine sous Maxence. Dans un sujet liistorique, les réunir seroit un anachronisme; mais le sujet mystique confond les temps comme les natures ; et , quelles que soient les raisons qui aient engagé Le Corrège à rassembler ces deux saints dans le même tableau, rien dans un pareil assemblage ne blesse les convenances du sujet, et il a pu également, sans manquer à la vraisemblance historique, qui n’entre ici pour rien, anticiper l’avenir, non seulement en plaçant sous la main de Catherine au moment de son mariage les instrumens de son martyre, mais encore en laissant entrevoir dans le lointain du vaste paysage qui sert de fond à son tableau, d’un côté le martyre de S. Sébastien, de l’autre celui de sainte Catherine.
Ce tableau est peint sur bois.
Proportions.
Hauteur, i”- 22' Largeur, i 22
LE PETIT EAISEUR