DU VATICAN
STATUE (*)
Les poses naturelles et variées que prenoient les jeunes Grecques dans leurs bains domestiques, soit lorsqu’elles faisoient verser de l’eau sur leurs épaules, manière de se baigner fort eu usage chez les anciens (i), soit lorsqu’elles se prètoieut aux soins des esclaves qui essuyoient leurs membres, n’avoient écliappé ni à la curiosité ni à l’imitation des peintres. Leurs tableaux offroient souvent des baigneuses dans l’une ou dans l’autre action (3) ; et probablement l’art des statuaires emprunta à ces modèles peints quelques ligures de Vénus, lorsque l’exemple de Praxitèle eut introduit l’usage d’exécuter des statues de cette déesse oit sa beauté paroissoit sans aucun voile.
L’attitude toute pleine de grâces de la figure que nous décrivons se prête également bien à l’une ou à l’autre des actions que je viens d’indiquer; et nous avons dans les monumens antiques des autorités qui se balancent pour l’une et l’autre de ces suppositions (5). Je suis cependant porté à croire que Vénus, dans la statue que nous examinons, attend que l’on verse sur elle de l’eau et des parfums. Ce qui me détermine, c’est l’urne ( liydria ) qui est posée sur la plinthe , et dont le statuaire s’est servi comme d’un soutien de la figure (4).
C) Cette statue de marbre pentelique est haute de 81 ceDlimètres (a pieds et demi). La ügiirc debout auroit 4 pieds 3 pouces de hauteur. On la découvrit vers l’an 1760, dans les champs de Salone, immense propriété du chapitre de Sainte-Marie Majeure, placée à la gauche de l’ancienne voie Prenestina , sur les bords de VAnio (aujourd’hui Teverone), à l’endroit où cette rivière en reçoit une autre plus petite qui fait couler des eaux minérales, et prend le nom d^Acqua hollicante (Eau bouillonnante). Voyez le I" volume de YAgroRomano de M. l’abbé Nicolaï, p. 240, et sa Carte topographique , n° 261.
Il est vraisemblable que cette figure f'aisoit l’ornement d’une salle de bains dans quelque maison de plaisance romaine. Les avant-bras sont restaurés, ainsi que la partie supérieure de la tête. En 1797, on l’avoit transportée à Paris.
(1) Aiévnfliç, KttTaiovnfliç : Athénée, 1. I, p. 24, §. 44j Pollux, Onornast., 1. IV, n" 180.
(2) On remarque des figures semblables dans plusieurs peintures de vases grecs.
(3) Un Génie verse les eaux de son urne sur les épaules de Diane, qui se baigne dans la fontaine de Gargaphie, et qui est dans la même pose que la Vénus {Scultiire délia villa Borghese, st. vu, n“ 17). Les peintures des vases grecs déjà cités offrent des compositions du même genre. Au contraire le groupe de la Villa Ludovisi, dont j’ai fait mention dans les notes sur mou explication de la Vénus au. bain, du Musée Royal, nous présente Cupidon déployant une large draperie pour essuyer les membres de la déesse.
(4) On ne voit ni \hydria, ni le bracelet dans le dessin gravé. L’amateur pourra vérifier ces détails sur les plâtres nombreux de cette belle figure. Quant à ces