‹ Le muséum d'histoire naturelleChapitre 21 sur 100 · L. DE FREYCINET · texte numérisé non relu

L. DE FREYCINET

Louis-Claude Des.vulSes nr. Freycinet, navigateur français, né à .Montélimarl le 7 août 1779 , était le second fds de Louis Desaulses do Freycinet, négociant recommandable, qui lit élever son lils sous ses yeux par d'habiles jirofesseurs , ainsi cpie Henri, son lils aîné, plus âgé d'un an et demi environ. A la lin de 1793, les événcmenls politiques déterminèrent M. de Freycinet à faire entrer ses (hmx lils dans la marine militaire, carrière ])our laquelle ils témoignèrent avoir tous deux une égale et vraie sympathie. 11 les conduisit lui-mème .â Toulon, et. le 27 janvier 1794, il les vit embarquer ensemble, sur le vaisseau Y Heureux, en qualité d’aspirants de troisième classe.

Devenus, dans les premiers jours de l’année suivante (31 janvier 1795) , aspirants de deuxième classe, Louis et Henri de Freycinet passèrent avec ce grade sur le Formidable, le 18 novembre 1796. Déjà ils naviguaient depuis plus do

quarante mois et avaient pris part à trois combats généraux contre les escadres anglaises, lorsque le contre-amiral Nelly, sous les ordres duquel ils se trouvai(*nt, demanda pour eux au ministre delà marine le grade d'enseigne de vaisseau. C’était par une exception honorable que cet officier général sollicitait pour les deux frères cette distinction; leurs services ne comptaient pas encore quarante-huit mois, temps fixé jiar les ordonnances pour l’avancement proposé Le ministre approuva sa proposition néanmoins, mais la modestie des deux frères les décida à refuser. Le ministre maintint sa décision, et les deux frères s’embarquèrent, en qualité d’enseigne d’abord , sur le vaisseau V Océan, et successivement sur d'autres navires de la marine de l’Etat. Ils firent partie plus tard de l’expédition du capitaine Baudin aux terres australes. Ce fut une nouvelle occasion pour les deux frères de déployer leur activité

PIlKMrÈllE

leur z('Io pour leurs fondions et leur eonraffo.

Une noniination eolleclive rd’omponsa leurs mérites, en les appelant au grade de lieutenant (le vaisseau, le .’l mare 1803.

Louis de Freycinet, nommé capitaine de frégate, après avoir travaillé à la puMication de lonvrage de Baudin et ü la relation du vovage de l*(‘ion aux terres australes, fut chargé d’une iin- |)Orlante mission , ayant pour but ladétern/ination de la forme du globe terrestre dans riiémisi)bère sud, 1 observation des jihénoménes magnétiqiu's et météorologicpies, l’étude des trois règm's de la nature, et des mœurs, des usages, des langues des peuples indigfmes, eidin, la géographie inoprement dite. On lui donna le commandement de l'Uranie, frégate (h; vingt canons. 11 composa son é<|uipage avec le plus grand soin , fit h>s préparatifs les ]dus scrupuleux; il partit le 17 septembre 1817 du port de 'Foulon, et se dirigea sur Ténériffe par Gibraltar, et, le (5 décembre, jeta l’ancre à Hio-Janeiro.

Par un touchant exemple de dévoûment conjugal, sa femme, malgré k>s sévères ordonnances do la marine, s’embarqua à bord de V Uranie à la faveur d’un déguisement, et elle ])artagea les fatigues et surtout les dangers de rexp(*dition.

L(> c.ap de Honne-Espérancc , l’île de Franco, Bourbon furent explorés, et, le 12 sejhembre 1818, on mouilla sur la cote (le la N’onvelle-lfollande, dans la baie d(îs Chiens-Marins.

Le 8 octobre, la corvette avait atteint l’îlc Timor, puis elle visita successivement les îles (h's Papous, lesMariannes, la Nouvelle-Galles du sud. L’expédition s’apprêtait fl revenir en France, lors-

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que le navire frapjia tout ù coup sur une roche sous-marine ; de largos voies d’eau se déclarèrent, et Freycinet n’eut que le temps de sauver l’('(piipage, les journaux du voyage et les collections. Uecueilli jmr le Pingouin, (pii lunireusernent se trouvait dans ces parages, le capitaine rencontra un bâtiment américain, le Mercury, (pi’il put fréter jusqu’à Itio-Janeiro et ac(|uérir au nom de son gouvernement. Ce navire, devenu la Physicienne, arriva à Cherbourg, le 13 septembre 1820.

I raduit devant un conseil de guerre maritime, l' reycinet fut non-seulement acquitté , mais comblé des plus grands éloges. Louis XYlll h‘ reçut en audience particulière et le congédia, en lui disant : « Vous êtes entré ici capitaine de frégate, vous en sortirez caj/itainc de vaisseau; mais no me remerciez point; dites-moi ce (pie Jean-Bart répondil à Louis XfV, qui venait do le nommer chef d’escadre : Sire, vous avez bien fait. »

Freycinet consacra d(>s lors tous ses soins à la rédaction des travaux de l’expédition , et il cessa tout sen ice actif dans la marine iiour se livrer tout entier aux travaux qu’exigeait cette importante [uiblication.

II mourut le 18 août 1842, commandeur de la Légion d’honneur.

Son frère, nommé baron , contre-amiral et gouverneur de File Bourbon, préfet maritime à Rochefort, mourut le 21 mars 1840.

Le nom de Freycinet a été donné à une contrée de la Nouvelle-Hollande et à une lie de l’archipid Dangereux, découverte en 1823 par .M. le Vice- Amiral Duperrey.

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