‹ Le muséum d'histoire naturelleChapitre 50 sur 100 · UJJ'.RS ET COI. UNES · texte numérisé non relu

UJJ'.RS ET COI. UNES

Nous sommes à la limite du Parterre Chaplal ; nous avons à droite le petit pavillon-café, (jue le vieux llobinia protège de ses rameaux vénérables 5 à notre gauche s etend une alU.'e (|ui sépare d’abord le Parterre Chaptal du Carré Fleuriste. Cette allée est oinee, dans la belle saison, par des arbres en caisse qu’on a retirés de la serre tempérée. En longeant le Carré Fleuriste, à . gauche, nous longeons à droite le Carré des Semis de pépinière {n° 97 du plan). Nous aiTivons ainsi vis-à-vis de la porte qui ouvre le Jardin sur la rue de Iluffon ; à droite est l’allée dite dos Tulipiers ; il n’y en a plus qu un; les autres sont morts, et on les a remplacés par des A'opers d’Améri(iue (le Noyer-Olivier et le Noyer cendre'); à gauche est une allée séparant le Fleuriste du Carré Creux; cette allée est garnie de deux rangées d’arbres; la ligne adossée au Fleunste se compose de Néfliers à feuilles étroites {Mespilus linearis), dont les branches horizontales sont d’un effet pittoresque. La ligne adossée au Carré Creux est formée par le Kœlreuteria paniculata, jolie espèce d'arbre, originaire de la Chine, qui a été introduite en France en 1789.

.Après avoir doublé le Carré Creux et le Bosquet d'Iîiver, nous arrivons entre deux allées la'érales, dont l’une, à gaucho, est garnie de deux rangées é' Acacias jmrasols ; cet arbre n’est autre chose qu’une variété sans épines du Bobinia Pseudo- Acacia, dont nous parlions tout à l’heure: le feuillage s’est développé aux dépens des fleurs; l’allée de droite porte encore le nom û' Allée des Mélèzes, mais les Mélèzes n’y ont pas réussi. Vous voyez à leur place diverses espèces d’arbres ; ce sont le Noyer noir, que vous avez déjà vu ; VFrable sucré, dont la sève fournit un sucre abondant aux habitants du Canada; VVlmus americana, le Févier à longues épines [Gleditzia macracantlia) , arbre exotique très-élégant, comme toutes les espèces du même genre, et Y Allouchier {Cratægus aria), qui appartient à la Flore française. Remarquez, au nord du Bosquet d’Automne, ce beau Planera crenata, genre voisin des Ormes, et un bel individu de Gincko bilobé.

.Après avoir passé le Carré des plantes usuelles et potagères i)é' 95 du plan), d’une part, et le Bosquet d’Automne, do l’autre, nous trouvons à droite V Allée des Erables : elle est formée par Y Erable à fruits cotonneux {Acer Eriocarpon); à gauche, l’allée (jui sépare le Carré des plantes usuelles et potagères des Parterres Médicinaux, et qui n’est pas garnie d’arbres. Nous continuons notre marche ju-squ’à l’extrémité de l’Avenue des Tilleuls, et nous arrivons à l’Allée des Allantes, (jui sépare à droite le Bosquet d’Eté {n° 100 du plan) du Bosquet de Printemps {n° 101 du plan). Les graines de ce bel arbre furent envoyées de la Chine par le P. d’Incarville, en 1751. Desfontaines, l’ayant vu fructifier pour la première fois chez I.emonnier, à Versailles, le reconnut pour un nouveau genre de la famille des Térébintlies ; il lui donna le nom d’Atlante, qii’il porte à Amboine, et qui signifie Ai'bre du Ciel ; on l’avait d’abord désigné sous le nom de Vernis du Japon, parce qu’on avait cru à tort que les Japonais on tiraient leur beau vernis.

Nous voilà à la fin de la grande Allée des Tilleuls : vous avez pu remarquer qu’à partir de la porte qui ouvre sur la rue de Ruffon, les Tilleuls sont moins élevés; cette différence vient de ce qu’ils sont de quarante-trois ans plus jeunes que les précédents.

Passons maintenant entre les Parterres Médicinaux et la porte d’entrée qui donne .sur le quai; laissons à notre gauche la grande Allée des Tilleuls, parallèle à celle que nous venons de quitter, et entrons dans Y Allée de Marronniers. Cette allée fut plantée par Buffon, lorsqu’il eut fait l’acquisition, en 1782, des terrains appartenant aux religieux de l’abbaye de Saint- Victor. Le Marronnier d’Inde n’est venu en Europe que dans le dix-septième siècle ; il arriva du nord de l’A.sie à Constantinople, d’oh il passa à Vienne, puis en 1665, à Paris, où l’on n’eu posséda longtemps <|ue trois individus, l’un à l’hôtel de Soubise, le second au Luxembourg, le troisième au Jardin du Roi.

Cet arbre, dont les bourgeons sont entourés d’écailles laineuses, qui les protègent contre les rigueurs de l’hiver, se naturalisa rapidement dans toute l’Europe, et il forme aujourd’hui, par la hauteur do sa taille, la disposition élégante de son feuillage, la symétrie et la richesse

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dos tlivTses de ses Heurs, le plus bel ornement de nos jardins publics. Parcourons celte magnifique avenue, qui se prolonge entre lu Vallée Suisse et les Carrés que vous connaissez. Nous trouvons d’abord à gauche l’Allée des Arbres de Judée, qui offre un aspect délicieux au commencement du printemps, lorsque les feuilles ne sont pas encore développées et (jue toutes les branches sont couvertes d’une innombrable quantité de fleurs roses; l’Arbre do Judée, ou (iatnier {Cercis si/iquaslmm) , appartient à la famille des Légumineuses. Après avoir passé le Carré des piaules aquatiques (n" 102 du plan) , le premier carré do V École de botanique {n° 90 du plan) , nous arrivons h une allée latérale garnie de Virqilias, dont les bourgeons offrent un caractère singulier : ils sont placés, non pas à l’aisselle de la feuille, niais dans l’intérieur même du pétiole, qui les coiffe pendant tout l’été, et les laisse à nu après sa chute. — Enfin nous longeons le sc'cond carré de VÉcote de botanique (n“ 90 du plan ) , nous laissons à droite les fosses des Ours (n° 30 du plan) et le jardin des Semis {n° 89 du plan) et nous arrivons à l’extrémité de l’Allée des Marronniers, qui se termine au f)ied des collines nommées vulgairement les Buttes {n" 88 du plan).

Avant de gravir leurs pentes douces, détournons à droite, et entrons dans ce grand rond ou ovale, qui forme un beau tapis de verdure entre l’Amphithéâtre et la Petite Butte. On y

transporte , pendant la belle saison , les plus beaux arbres en caisse de la grande serre tempérée; mais nous y trouverons aussi , en pleine terre , plusieurs plantes très-intéressantes. Commençons par ces dernières ; nous avons à droite l’Amphithéâtre, à gauche la Petite Butte; le long du treillage s’étend un massif do teiTC de bruyère , qui va nous offrir de charmants arbustes. Ce sont des Azaléas , sous-arbrisseaux dont les fleurs sont solitaires, à l’aisselle de feuilles alternes ; diverses espèces de Rhododendron, V Airelle agréable ( Vaccinium amœnuin ) ; VA?idromède d feuille de Cassine {Andromeda Cassinefolia) , ['Andromède axillaire {Andromeda axillaris), le Clelhra à feuille dAune {Clelhra Alni folia), dont les fleurs blanches sont disposées en épi; le Clelhra acuminé {Clelhra acuniinala), la Kalmie à larges feuilles, arbrisseau de six pieds, dont les fleurs forment des grappes d’un rose pâle, etc.; toutes ces plantes sont des Bruyères, dont la plupart viennent de 1 Amérique septentrionale; les Alezia diptera et letraptera , qui appartiennent à la famille des Ébénacées , et dont la première est d’une extrême rareté; le Céphalanthe occidental , Bubiacén) du Canada; le Céanothe occidental, de la famille des Nerpruns; le Cah/canthe précoce, aibrisseau du Japon, voisin des Rosacées, à feuilles opposées, sans stipules, à fleurs odorantes qui s’épanouissent en hiver; le Néflier Yulang et les Magnolia Thompsoniana et c or data , arbrisseaux dont le calice est à trois folioles , la corolle à neuf pétales , les étamines et les ovaires nombreux.

Tournons à gauche, entre le massif et le treillage, nous verrons \ Iléa de Mrginie, saxifrage élégante de l’Amérique boréale, dont les fleurs sont petites, blanches et disposées on grappes qui terminent la tige; le Fothergilln à feuille d'Aune, dont les étamines sont nombreuses et les feuilles alternes : sa famille est inconnue; la Glycine de Chine, Légumineuse qui grimpe le long d’un Sapin picea; le Comptonia à feuilles de Capillaire, arbrisseau de la famille des Amentacées, dont les feuilles sont profondément crénelées et velues en dessous ; le Magnolia grandiflora ou Laurier-Tulipier, arbre magnifique de l’Amérique boréale, qui s’élève souvent a une hauteur de quatre-vingts pie le.

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