ALLÉES ET COLLINES
Sur ces ruines artificielles, vous voyez le Dignonia grimpant , (lue vous connaissez déjà , et ta Ronce remarquable {Rubus spectabilis) ; enfin , vers l’extrémité du rocher , eu nous rapprochant du point de départ, nous trouverons des touffes d’Ali/sson deltoïde, petite Crucifère à fleurs bleues, de Saxifrage Joubarbe, et de Sedum à feuilles opposées.
Les arbres en caisse qu’on a trans portés dans le Grand Rond , pour y passer le temps de la belle saison, sont : ['Araucaria du Brésil, ['Araucaria de Cunningham , ['Araucaria des îles Norfolk [Araucaria excelsa) ,
Conifères d’une admirable élégance, à rameaux groupés circulairemeut , et formant dans leur patrie d’immenses forêts; le Dragonnier austral , Liliacée qui a le port de.s Palmiers, et dont la tige simple, souvent énorme , est couronnée par une touffe do feuilles , d’où sortent des grappes de fleurs; un Eucalyptus, arbre de la famille des Myrtes, venu de la Nouvelle-Hollande, et dont les feuilles coriaces, entières, sont marquées de points transparents; des Banksia, venus aussi de l’Australasie, et dont les feuilles sont persistantes; des Casuarina ou Filao, (jui ont le port d’une Prêle arborescente , et dont les rameaux pendants, grêles et cannelés, offrent de petites gaînes, terminées par des dents analogues à des feuilles; ['Olivier fer de lance, de l’ile Hourbon; le Citronnier à feuilles de Myrte, le premier individu qu’on ait cultivé en France; le Sterculia à feuilles de Platane, Malvacéo des Indes; le Thuya articulé ou Callitris, qui fournit la résine nommée Sandaraque ; ['Acacia Julibrizin, nommé vulgairement Arbre de soie, à cause do la finesse de ses folioles, etc., etc.
Sortons maintenant du Grand Rond, et passons devant la limite de la Vallée suisse, qui fait suite à l’entrée de la serre tempérée. Si nous voulions parcourir les allées de la Vallée suisse, nous y trouverions de beaux individus de tous les arbres qui peuvent passer l’hiver en pleine terre; mais, comme vous les avez déjà observés dans les carrés, nous nous contenterons de remarquer ceux qui font suite à la façade de l’Orangerie. Voici d’abord un Sophora du Japon, un Érable à feuilles de Frêne [Acer negundo) , un Robinia visqueux ou Acacia à fleurs roses, un beau Mûrier à papier [Rroussonetia papyrifera) d’üthaïti, un Sycomore [Acer Pseudoplutanus) , un Coudrier de Byzance ( Corylus colurna) , dont la noisette est garnie de deux enveloppes de bractées: l’extérieure très-découpée, et l’intérieure à trois divisions.
Remarquez, en passant devant l’Amphithéâtre, ces deux beaux Palmiers à éventail [Chamœrops humilis). En Sicile et eu Espagne, on n’en rencontre jamais qui soient aussi élevés. Us furent envoyés, il y a cent cinquante ans, à Louis XIV par le margrave de Rade-Rourlach ; ils avaient alors douze pieils de tige. Je vous ai expliqué l'accroissement des Palmiers; il a lieu par le sommet, et non par des bourgeons latéraux; il ne se forme pas de nouvelles couches sur le tronc, et il pousse, chaque année, de nouvelles feuilles, tandis (pie les i»lus
DEL MÊME PAUTIE.
Hncieniios ImnbtMit; le nombre (ranneaiix (]ui se voient sur la lige indiijue son Age, comme les zones concentri(|ues du bois indi(]uont celui des arbres dicotylédones. Observez tiuo, dans ces deux Palmiers , la buse se soulève do môme que le sommet , de sorte <iue rimprossion du premier anneau do fouilles, <jui était primitivement au niveau de la terre, on est aujourd’hui à plus do deux pieds; cela vient de ce que le pivot de la racine, étant repoussé hors do terre par les racines inférieures qui ne pouvaient s’enfoncer au delà du fond de la caisse, a monté, faute do pouvoir descendre.
Nous allons maintenant parcourir les doux collines ou bulles , (jue l’on nomme aussi Labyrinthes, à cause des sinuosités do leurs sentiers. Ces labyrinthes nous offrent beaucoup d’intérôt à cause de la riche collection d’arbres et d’arbrisseaux toujours verts, que l’on v cultive : nous y trouvons environ trente espèces de Conifères, quinze d’Amenlacées, et cinipiantc (le familles diverses.
Commen(;ons par la Grande Halle , nommée communément le Labyrinthe , et, pour ne pas nous y égarer, attachons notre fil au Cèdre du Liban. Cet arhre magnifique, dont vous connaissez l’histoire, est au centre d’un carrefour d’où [lartent (|uatro allées : l’une monte, vers l’ouest, jusqu’à Vallée des Ifs ; la seconde monte vers le sud , et conduit au Colimaçon ; la troisième descend au sud-est , et conduit à la rampe des deux grandes sern;s ou pavillons; la (|uatrième descend, au nord , juscpi’à l’allée qui conduit à la porte ouvrant sur la place de la Pitié.
En vous acheminant vers le grand Cèdre, qui sera notre point do départ, vous avez vu les espèces d’arbres (pie nous rencontrerons le plus fréquemment dans notre promenade. Je vais vous les mentionner ici une fois pour toutes, ce sont : le Nerprun toujours vert ( lihamnus semper virons) , arbrisseau peu brillant par lui-mème, mais tjui tient bien sa place dans rensemblo d’un paysage d’arbres verts; VAlizier lisse {Cratœgus glabra), Uosacée qui a des feuilles larges, luisantes, et d’un vert gai; le Thuya de la Chine {Thuya orientalis) , nommé aussi Arbre de vie, élégante Conifère dont les rameaux dressés sont menus, un peu aplatis, et chargés de feuilles très-petites, (jui se recouvrent comme les tuiles d’un toit; Vif commun {Taxas baccata), dont vous avez étudié le fruit, analogue à une baie; les deux Cyprès horizontal pyramidal ; le Tamarix , àoul l’écorce nmgeàtrc, les rameaux déli(js,les feuilles courtes et menues forment un contraste harmonieux avec la verdure sombre des Ifs et des Cyprès; le liais commun {IIuxus semper virens), arbre de la famille des Euphorbiacées; le Sapin épicéa {Abies excelsa), à feuilles courtes, carré(is, pointues, d’un vert foncé, éparses en tous sens autour des branches : ce qui le distingue du Sapm ordinaire {Abies pectinala), qui a ses feuilles plates, blanches en dessous, et disposées sur deux rangées le long des rameaux; le Pin sylvestre {Pinus sylvestris), dont les jeunes pousses sont verdâtres , les feuilles d’un vert un peu bleuâtre, et do deux pouces de longueur; le Pin d’Ecosse l^Pinus i~ubra), dont les pousses et le bois sont rouges, et les feuilles plus courtes et plus glauques (juc celles du précédent; le Pin maritime {Pinus maritima), qui a des feuilles d’un vcu’t foncé, droites et longues, de six à dix pouces; le Pin de Corse {Pinus Laricio), dont les feuilles sont aussi
AU.ÉKS KT COLUNKS.
longues que celles du précédent, mais un peu cliiffounées. Dans tous cos Pins, les feuilles naissent deux à doux.
Partons donc de notre Cèdre du Liban, et prenons l’allée qui monte, à l’ouest , vers celle
des Ifs; outre plusieurs des arbres (juc jo viens de vous citer, et sur lesquels je uo reviendrai plus, nous trouvons, à gauche, le Thuya d’Amérique {Thuya ocddentalis) , dont los rameaux *sont étalés, et dont les feuilles , froissées entre les doigts , ont rôdeur do la Thériaque , médicament célèbre, inventé par Mittiridate, et composé de plus de cent substances différentes ; un i)otit groupe de jeunes Pins cembro , dont les feuilles , disposées par cinc} , sont d’un vert glauque ; à droite , le Néflier buisson ardent {Mespiluspyracantha) , dont les fruits nombreux, et d’un rouge écarlate, font souvent paraître cet arbrisseau comme en feu; le Chèvrefeuille à baies blanches {Symphoricaipos Icucocaipa) \ le Sapin baumier {Abies balsamea), arbre del’Amérûiuo boréale, qui a le port et les feuilles de notre Sapin commun , et fournit une Térébenthine-nommée Paume du Canada, Nous voilà au milieu de Vallée des Ifs; elle conduit du Péservoir iwi Colimaçon , qui couronne le Labyrinthe de ses sentiers en spirale , et est surmonté lui-mème d’un belvédère. Montons cette allée : parvenus au Colimaçon, faisons le tour de sa hase : en prenant le sentier à gauche, nous voyons, à droite, les massifs de Lilas (Syrinya), de Jasminoïde {Lycium), et de Seringat {Philadelphus), <iui composent exclusivement la Flore du colimaçon ; à gauche, un Laurier-Cerise {Prunus Lauro-Cerasus) y aux feuilles épaisses et luisantes, un Chêne pyramidal {Qtiercus faliyiata), un Houx des îles Baléares {Ilex balearica), un Chêne Yeuse {Quercus Ilex), et le tombeau de Daubenton , entouré d’un Cyprès , d’un Pin Laricio et d’un If. Nous arrivons au petit escalier qui conduit au belvédère; passons outre, et achevons notre circuit autour du Colimaçon.
Nous voilà de nouveau dans l’allée des Ifs. descendons-la jusqu’au Péservoir : c’est dans ce bassin (|u’arrive , du canal de l’Ourcq , l’eau destinée à alimenter tout le .lardin; d’ici partent de nombreux tuyaux qui se distribuent dans tons les carrés.
Tournons à gauche, et laissons à notn; droite le petit sentier (jui descend vers la porte du Jardin ; nous voilà dans V Allée des Sotipirs , pres(iuo parallèle à celle ipie nous venons de ([uittor; nous y trouvons à gauche (outre les arbres déjà cités) un jeune Houx, un petit Cerisier du Portugal {Prunus lusitanica) et une variété de Chêne H'use; CCS arbres sont au bout do l’allée,
DElXllvMK PAirriE.
ft (le ce point vous voyez une plantation, en pente, de jeunes fMns et Sapins, faisant face à la cour du Cabinet d’histoire naturelle.
Ici, laissons le petit sentier <jui monte à gauclio, tournons à droite, et nous descendrons sur la ten-asse qui borde la rue du Jardin : cette terrasse est à peu près parallèle à l’allée des Soupirs. Elle offre à gaucho un rideau do Tilleuls; à droite, vous trouverez deux variétés de lloux : le JIoux ordinaire et le Houx panaché, [)uis un (Jenévrier de Virginie {Jiinipencs Vir- (jiniana), arbre moyen, nommé Cèdre rouge à cause de la couleur de son bois.
A l’extrémité de la terrasse, nous trouvons un sentier «lui descend vers la porto du Jardin, et monte vers le Réservoir; laissons-le à notre droite; en descendant, nous trouverons dans le massif adossé au mur de la rue un joli Buis à feuilles étroites {Buxus angustifolius) , le Chèvrefeuille de Ledebour {Lonicera Ledebourii), venu de l’Asie septentrionale; le Croseillier sanguin {Bibes sanguineum) , dont tes belles fleurs rouges paraissent au commencement du printemps; un jeune Chêne à gros glands [Quercus macrocmpa), et le Paulownia impérial, inagnilique Bignoniacée aux larges feuilles, récemment naturalisée dans notre climat. I.,e long du mur s’étendent le Uignonia grimpant et Vlirylhine crête-de-coq , arbre sarmenteux de la famille des Légumineuses , dont les fleurs sont grandes et d’un rouge éclatant.
Nous sommes à la porte ouvrant sur la place de la Pitié; suivons l’allée qui s’étend devant nous : nous avons a gauche un massif, et à droite le bassin inférieur du Réservoir. Dans le massif, vous voyez le Berberis aristata, le Chèvrefeuille du Mexique [Syinphoricarpos mexicana), le Chêne pyramidal que vous connaissez déjà, une Aubépine à fleurs roses; le Néflier du Japon, à feuilles larges, dentées au sommet et cotonneuses en dessous; le Néflier cotonnier à petites feuilles {Coloneaster Microphylla) , petit arbrisseau étalé, dont les feuilles sont laineuses en dessous ; un jeune Pin élevé {Pinus excelsa) , tout récemment naturalisé , et qui atteint dans sa patrie une hauteur considérable ; deux variétés de Pin Sabin {Pinus Sabiniaîia) , espèces nouvelles très-intéressantes, et enfin un Erable à grandes feuilles {Acer Macrophyllum ) , le seul pied qui existe en France.
A droite , en partant du bassin , dont les murailles sont garnies do Lierre et d’ Ampélopsis à cinq feuilles ou vigne-vierge, vous voyez un jeune Satile pleureur, un Peuplier pyramidal, un beau Platane d’Amérique , une jolie plantation de Sapins du Canada {Abies canadensis) , vulgairement nommés llemlock-Sprace ; le Mahonia rampant et le Mahonia fasciculé, arbrisseaux voisins du genre Berberis ; un pied femelle du Gincko bilobé, le .seul (ju’on possède au Jardin, tous les autres étant des individus à étamines; un beau Pin de Corse {Pinus Laricio) ; quatre jeunes Tulipiers {Liriodendron tulipifera), espèce appartenant à la famille des Magnoliacées , remarquable par la beauté de ses feuilles et de ses fleurs; une variété curieuse du Sophora japonica, dont les rameaux sont pendants comme ceux du Saule pleureur; le Liquidambar d'Amérique {Liquidambar imberbe), Amentacée aux feuilles élégamment découpées; le Mahonia à feuilles de Houx, Berbéridée de l’Américiue du Nord; le Cyprès faux-Thuya {Cupressus thuyoîdes), nommé vulgairement Cèdre blanc, qui croît dans les marécages du Cigiada, et dont le bois blanc , mais serré , se travaille facilement ; un beau Buis des îles Baléares {Buxus balearica) ; et enfin plusieurs Cyprès Chauves {Cupressus disticha) . Cet arbre atteint dans sa patrie une hauteur et une grosseur prodigieuses : il y en a un individu, au l\lexi(pio, dans le cimetière de Sainte-Marie de Tesla, à deux lieues ouest d’Oaxaca, qui a cent pieds de haut, et cent dix-huit pieds de circonférence ; il est mentionné par Fernand Corlez, (jui abrita sous son ombre toute sa petite année, quand il vint faire la conquête du Mexique. Ce colosse du Règne végétal est un objet de liaute vénération pour les Mexicains indigènes.
Nous sommes maintenant au milieu d’un carrefour qui sépare les deux Buttes, et où viennent aboutir six allées; prenons celle <jui conduit aux bureaux de l’Administration : nous trouverons, auprès de la maison, un élégant Araucaria à feuilles imbriquées i des Pins, des Ihnyas, et un beau Genévrier de Virginie.
Rf.'vcnons à notre carrefour; nous allons mont(‘r l’allée (|ui conduit au Réservoii. Avant do
VLIÆKS KT COLUXKS.
nous mettre en inarclie, voyons les végétaux qui garnissent le massif (juo nous avons à notre gauche; ce sont : le Pin élevé {Piniis eæcelsa) , dont je vous ai parlé tout à l’iieure, \a Sapin morinda {Abies lyiorinda) , le IIoux-F ragon à grappe {Iluscus racemosus) , genre voisin do celui des Asperges, dont les pédoncules sont élargis comme des feuilles, et portent les fleurs sur le milieu de leur surface; ici, comme dans les Asperges, les feuilles se réduisent à de petites écailles; la Pivoine en arbre {Pœonia moutan), que les jésuites de la Chine ont fait connaître en 1778; les Chinois cultivent cette espèce depuis quinze cents ans, et ils en ont obtenu plus de deux cents variétés, dont ils raffolent, comme les Hollandais des Tulipes; le Néflier cotonnier à feuilles de Buis {Cotoneaster buxi folia), petit arbrisseau dont les branches sont inclinées vers le sol ; V Yucca gloriosa, belle Liliacéo do l’Amérique septentrionale, voisine du genre Aloès; enfin un jeune Cèdre déodora, plus beau que celui du Liban, qui nous a été envoyé des monts Himalaya, et qu’on a parfaitement réussi à naturaliser.
Montons maintenant l’allée conduisant nu Réservoir : vous voyez, à droite, deux beaux Cenévriers de ^'i^ginie, ries Sapins à feuilles d’If [Abies taxifolia) ; à gauche, de beaux Sapins épicéas, une variété à larges feuilles du Cytise faux-Ebénicr [Cytisus labur?ium) et un très-bel Erable de Montpellier, planté par Tournefort. Après avoir passé devant les roseaux qui bordent le bassin, et laissé à notre gauche ['Allée des Ifs, descendons le petit sentier que nous avions négligé en (juittant la terrasse qui longe la rue du Jardin, et regagnons cette terrasse pour la parcourir de nouveau, mais en sens inverse. Arrivés à son extrémité méridionale, nous avons devant nous la porte de l’étage supérieur du Cabinet d’histoire naturelle, et, à notre gaucho, le petit sentier devant lequel nous avions passé en quittant l’allée des Soupirs. Montons par ce sentier vers le Colimaçon . Nous trouverons à droite deux Érables de Montpellier, et diverses espèces de Berbéris ; laissons à gauche l’escalier du Limaçon , le sentier qui conduit au tombeau de Daubenton, et entrons dans l’allée qui descend au grand Cèdre; remarquez, dans le massif même de Daubenton, deux Pins maritimes et trois Érables à fruits cotonneux [Acer Eriocarpon) .
Nous voilà revenus à notre point de départ : nous avons devant nous une allée qui descend au nord jusqu’à l’allée de la Pitié , et au milieu de la(iuelle s’élève un Sapin ; comme elle ne nous offrirait rien de nouveau à observer , faisons un deniitour et descendons l’allée qui conduit aux deux grandes serres neuves , nommées communément les Pavillons. Nous trouvons à droite un beau Pin à pignons [Pinus pinea). Cet arbre est droit, élevé, et se divise en branches étalées ([ui forment un vaste parasol bombé ; son écorce est rougeâtre et raboteuse ; on le rencontre à chaque pas dans la campagne de Rome , où il atteint plus de cent pieds do hauteur; ses cônes sont gros et rougeâtres, et ses graines sont blanches et douces au goût. A gauche, au bas de l’allée, nous voyons un petit Cèdre du Liban , occupant le cap du massif, qui répond à la rampe des pavillons.
Nous allons maintenant visiter la Petite Butte : celle-ci mérite mieux que la grande le nom e n)yiint \e, cai ses sentieis sont beaucoup plus entrelacés; les carrefours y sont nombreux.
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DKl Kl KMK P AIITIK.
01 los allées (rés-cnurtcs. Aiiii de nous y roconiiaîtro, [termollcz-inoi d’emprunter à la langue des Latins, hi(în plus riche c[uo la nAtro, les mots de trivium et de çuadi'ivium , (pi’ils employaient pour <lésigner les carrefours à trois ou « quatre aboutissants.
Prenons pour point de départ la rampe des pavillons, et montons la première allée à droite, derrière les S(;rres : nous trouvons, à gauclie , lie beaux PItilarias {Phylli/rea media) do la famille des .lasminees, arbres très-rameux, à écorce cendrée, dont les feuilles se conservent pendant riiiver; l’Érable de Montpellier, et le Chêne Yeuse, (}ue vous connaissez déjà, puis le Chêne à glands doux [Quercus ballot a), dont on mange los fruits comme des châtaignes en Lspagne et en Barbarie; à droite, le Cerisier de Portugal {Prunus lusitanica) , qui a dos fleurs
en grappes et des feuilles toujours vertes, puis un quadrivium. Prenons l’allée à droite, et nous descendons à la Place du petit Cèdre, garnie en avant d’une balustrade de fer, et ayant vue sur Y Allée des Marronniers ; au-dessous de nous s’étend une délicieuse petite colline, ornée de Cliênes , de Pivoines moutan , de Néfliers cotonniers , (YUucca gloriosa , de Pins de Crimée , et de Tamarix. Ces Tamarix, qui appartiennent aux espèces Gnllicn et Indien, sont très-voisins du Tamarix mannifera , (jui produit la fameuse manne des Hébreux. On avait pensé que cotte sub.stance nutritive était fournie par YAlhagi, espèce de Sainfoin épineux do la Mésopotamie, mais il est aujourd’hui reconnu que c’est une erreur : MM. Bové et Büppel ont vu recueillir au mont Sinaï la manne sur le Tamarix , des branches duquel elle découle et tombe sous
forme de petites larmes. Les femmes arabes chargées de cette minutieuse récolte'jettent la jnanne dans do l’eau chaude, afin de la débarrasser des molécules de sable qui y adhérent. Ce suc est aussi agréable que le meilhiur miel. Nous ignorons si les Arabes conservent aujourd’hui cette précieuse substance, mais il est probable qu’après l’opération à laquelle on la soumet, la fermentation s’y développe, de sorte qu’il faut se liàter de la manger, comme au temps de Moïse. *
A partir du petit Cèdre, en tournant à gauche , nous laissons du même côté un beau massif {Y Aucuba du Japon, arbrisseaux à feuilles épaisses et panachées; nous suivons une allée courte (jui nous conduit à un trivium , nous prenons l’allée à gauche : nous rencontrons un petit Cèdre et un grand If, et nous revenons au quadrivium que nous avons traversé tout à l’heure. Nous descendons à droite, nous laissons à notre gauche un If, et nous arrivons à un nouveau trivium; là nous ne prenons pas la petite allée à droite, nous descendons devant
nous jusqu’à un autre trivium ; nous négligeons l’allée de gauche, ({ui nous ramènerait à notre point de départ, et nous descendons à droite. Nous trouvons, du môme côté, vis-à-vis le trivium, le Houx {Ilex aquifolium), deux Juniperus excelsa , jeunes, et le Sapin de Douglas, originaire do Californie, qui s’y élève à une hauteur de deux cents pieds. Au trivium suivant, nous continuons, sans descendre à gauche, et nous trouvons, dans le massif du même côté, le Pin de Sabin, le Pin pesant {Pinus ponderosa) ^ dont on a soutenu les rameaux longs et grêles; le Néflier cotonnier à feuilles de buis, que vous avez déjà vu; le Sajnn du Canada, et deux variétés de Pin Laricio. — Au trivium suivant, nous continuons l’allée, sans descendre, et nous remarquons, à gaucho, le Néflier luisant {Mespilus lucida), un Cèdre, un Buis des Baléares, un Pin mugho , un Sureau et un Tamarix occupant le cap oriental do la Butte; à droite, nous trouvons le Chêne pyramidal, le Chêne à gros glands, le Chêne cerris, YAucuba du Japon, le Groseillier sanguin , et nous arrivons dans l’Allée des Marronniers. Le Pin mugho
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