‹ Le muséum d'histoire naturelleChapitre 71 sur 100 · COI W ELUS · texte numérisé non relu

COI W ELUS

FAMILLE DES STIIÜTIIIONIDÉS

Autruche d’Afrique {Struthio Camclus), — Linné. — A [londu très-souvent dans la Ménagerie. — Nandou d’Amérique {Rhea Americana) , — Linné.

FAMILLE DES CASOAUIDES

Casoar émeu {Struthio Casuarius), — Linné, — Archipel des Indes. — Oromée noir {Dromaius ater), — Vieillot, — Nouvelle-Hollande .

Se reproduit facilement en domesticité. La Ménagerie a obtenu plusieurs éclosions en 1851 et 1852.

On voit par cette nomenclature, qui ne contient que les Oiseaux rares et précieux, combien la Ménagerie a réuni d’espèces importantes ; nous ne parlons pas des variétés domestiques obtenues par des croisements, et qui ont servi à peupler les basses-cours de Poules, de Canards, de logeons, aussi remanjuables par leurs formes et leur plumage que par leurs qualités économiques. A ce [)oint de vue, la Faisanderie a rendu de très-grands services, et est appelée à en rendre encore de plus essentiels dans l’avenir.

La fondation de la Ménagerie des Reptiles, au Muséum d’histoire naturelle de Paris, date d’une époque encore assez récente. Quatorze années, en effet, se sont à peine écoulées depuis l’acquisition, faite en octobre 1839, des deux Pythons rnohires et des trois Caïmans h imiseau de brochet, qui en ont été les premiers hôtes. Dans cette courte période, un très-grand nombre de Reptiles appartenant aux différents ordres dont cette classe d’animaux se compose y a successivement pris place.

Lu livre d’entrées tenu avec beaucoup d’exactitude dès l’origine indique sans lacunes, depuis le premier jour jusqu’à l’époque actuelle, toutes les espèces reçues à la Ménagerie, et le nombre d’individus par les({uels chacune d’elles y a été représentée.

Kn résumant les indications fournies par ce catalogue, on trouve trente-huit espèces de CiiKcoNiENS, de Sauriens, d’Opiiidiens, et enfin de Batraciens.

Une des principales conditions à remplir pour conserver vivants pendant un temps un pou long des Reptiles recueillis dans les différentes parties du monde , et plus spécialement dans

MÉNAGEHIE. — REI'TIl.ES.

les contrées les plus chaudes, était de les placer au milieu d’une température assez élevée. Il fallait surtout arriver à les préserver des transitions hrusciues du chaud au froid.

Le chauffage des salles était insuflisant à lui seul pour parer à ce grave inconvénient. 11 était donc nécessaire de lui venir en aide par un moyen plus direct de chauffer les cages; c’est ce <]ui a été obtenu au moyen d’un ingénieux appareil, imaginé par .Al. Sorel, qui y entretient une température à ih'u près constante, et priucii)alement ;\ lo\ir partie inférieure par une circulation conlinuelU* d’eau chaude a travers des tuyau.x places dans un double fond au-dessous des cages et dans lesipiels l’eau est versée par une chaudière servant de réservoir , puisque cette eau y rentre par des tuyaux de retour parallèles à ceux cpii la reçoivent à son départ. Un llotteur, par ses mouvements d’ascension ou d’abaissement dus à la dilatation plus ou moins considérable de l’air tpi’il contienf , la(iuelle varie suivant la chaleur de l’eau ipii le baigne, et dont il est ainsi l’indicateur, ferme ou agrandit l’ouverture par où passe l’air destiné à l’alimentation d\i foyer. La combustion se trouve donc ainsi constamment réglée par les effets mêmes (ju’elle produit.

Des quatre grandes familles dont l’ordre des CllÉLO.MENS se compose, les deux premières, celles des CiiiîRSiTES ou Tortues terrestres, et des Élodites ou Tortues DE MARAIS, sont los plus riclies eu espèces. Le nombre de ces Chéloniens à la Ménagerie, comparativement aux Pota.mites ou Tortues fluviales, et aux Tii.Aeassjtes ou Tortues marines, a été bien plus considérable.

Parmi les trente espèces connues de Ciiersites, treize ont été reçues vivantes. 11 faut citex d’abord les Tortues rordée {T. marginata), AIoresque {T. mnuntanica) et Grecque [T. græca), les seules ipii habitent l’Europe méridionale et le nord de l’Afrique, puis la T. GÉOMÉTRIQUE {T. gcomclrica) , du cap de llonne-Espérance, et une autre espèce assez vüisiue, mais originaire des Imles-Orientales, la T. act inode {T. Aelinodes). Le Sénégal, et très-probablement aussi l’Améritpie du sud, (îomme le voyage de Al. A. d’Orbigny l’a appris, nourrissent une Chersite remaripiable par l’aspect de sa carapace, d’oii lui est venu son nom : c’est la T. Sillonnée {T. sulcnta). Elle a vécu à la Alénagerie, qui en a possédé, en particulier, un très-beau spécimen. On doit en rapprocher la T. radiée [T. radinto), à disque globuleux jaune et brun et de taille à peu près semblable, qui ne paraît avoir d’autre patrie que Madagascar. G’est de cette île ou du cap de llonne-Espérance (pie le Aluséum a reçu la T. anguleuse (T. Angiilala), d’un aspect bizarre, dû aux grandes dimensions du plastron qui se prolonge en pointe sous le col.

On y a vu, à différentes reprises, des Chersites américaines, les unes du Continent méridional, les T. MARQUETÉE et CHARBONNIÈRE {T. lahulata Ci carbonaria) , les autres des provinces se[)tentrionales , les T, polvphème et noire {T. pohjphenms et nigra).

Deux magnifiques individus de l’espèce (pii atteint les plus grandes dimensions en longueur et en hauteur, la T. éléphantine {T. elephanlina) ^ ont été envoyés de l’île Alaurice, Leur longueur était d’un mètre et demi environ et leur hauteur d’un mètre. Ces deux Chéloniens pesaient ensemble deux cent vingt-cinq kilogrammes, poids énorme, surtout si on le compare à celui de la plupart des Tortues, car même celles qui vivent dans la mer et dont la carapace a quelquefois une très-grande largeur, ne sont jamais à beaucoup près aussi bombées.

l>a PïxÈDE ou T. A BOITE, sculc ospèco terrestre dont le battant antérieur du plastron soit mobile , a été vue trois fois vivante à la Alénagerie.

L(>s T. DE MARAIS OU Paludines, nomiiKJOs aussi Elodites, étant beaucoup mieux conforme'îes que les précédentes pour la natation , fixent leur séjour dans des localités voisines d’étangs ou do petites rivières. On les a divisées en doux sous-familles, celle des Crypto- DÈRES, à tète rétractile directement en arrière entre les pattes et à p(‘au du cou libre et engaînante , puis celle des Pleurodères, dont la tète n’est pas rétractile, mais peut, en raison do la flexibilité du cou , venir se placer latéralement entre le plastron et la carapace. Parmi les Cryptodères que la .Alénagerie a possédées, on doit mentionner la Cistude de la

DKLXIÈMK l>\!rni:.

C A no LIN K, élf'pranto polito lorluo à boîto, earactnisée par la niobilké en avant et en arrière lies (leux fiiècos du sternum sur une mémo cliarnièrc transversale, et la C istu de eu iioeèi-NN e oinee de nombieux points jaunes. Cette Elodite, ipù vit dans le midi do l'Europe et même

en France, aux environs de CbAteauroux, peut, comme la {irécédente, rentrer complètement la tète et les jiatti’s.

Afirès les Cistudes viennent les Elodiles à plastron immobile , comprenant plusieurs genres. Le plus considérable, celui des E.Mvm:s, ne renferme pas moins de quarante-quatre espèces, dont onze ont été vues vivantes à l‘aris. — Telles sont TE. sioiuz {Emys sigriz), la [)lus commune de toutes, ijui babite l’Espagne, ainsi ijue la cbte méditerranéenne de 1 Afrique, et I Algeiie eu particulier; puis, au nombre des es[ièces de l’Amérique du Nord oîi ce genre a de nombieux représentants, l’E. a lignes concenthkjues (Æ". concoiti'ico) , bien distincte par sa tète volumineuse et les stries de sa carapace; l’E. ponctuée {Ji\ guHata), (pli est de petite taille, avec une carapace noire, élégamment tachetée de gros points jaunes; I E. DU CuMBEiiLAND (A. Cunibevlandensis) , dont les tempos portent une largo tache rouge, (1 autant plus éclatante (pie l’animal est plus jeune; l’E. peinte (A’, picto), agréablejnent nuancée sur sa teinte lirune do bandes jaunes à double liséré noir; l’E. a bords en scie (A. serrata), ipii doit son nom aux fortes et profondes dentures du limbe à la région postérieure; l’E. RUGUEUSE (A’, rugosa), nommée ainsi à cause des stries longitudinales de la carapace; l’E. géographkjue (A’, geograpinca) \ puis l’E. de Mobile (A’. Mobilcmis).

A ces espèces, il faut en joindre une autre de l’Amériipie du Sud : l’E. ponctülaibe {E, punctularia) , et l’E. croisée (A’, decvssata) , originaire des Antilles. — Enfin, une espèce indienne, l’E. ocellée (A’, ocellala), a vécu en cai»tivité, comme les pnwdenles, dans les bassins do la Ménagerie.

J)e toutes les Tortu(.‘s, celle ipi’on a conservée le plus longtemps est I’Emysaure serpentine {E. sevpenlinns) , dont le bec solide et tranchant, et la queue longue et robuste, sont des armes dangereuses surtout chez les grands individus.

A ces différents genres, il convient de joindre celui des Cinosternes, dont le caractère essentiel est la mobilité des portions antiîrieure et ])Ostérieure du plastron , non pas sur une même charnière ligamenteuse transversale, comme chez les Cistudes, mais sur une pièce intermédiaire immobile. Trois espèces américaines, les C. de Pensylvanie, ensanglanté et à bouche blanche {C. pensylcanlciun, cruentaluin et leucostomiiin) , ont été conservées en captivité.

Les EloDITKS I’LKI itODJiUiiS <iue la Ménagerie a reçues sont le Sternothère noirâtre (St.-Aigricans) à plastron mobile en avant, et les Chélodines de la Nouvelle- Hollande et de Maximilien {C/t. Aovœ HoUandiœ et Maximiliani) ; cette dernière, originaire de l’Amérique du Sud , remanjuables toutes les deux par l’extrême longueur du cou.

On n’y a vu que deux espi'ccs de Tortues fluviatiles ou Potamites, recueillies l’une et l’autre dans les fleuves de l’Amérique du Nord : ce sont les Cymnopodes spinirÈRE et mutique {Ggmnopus splniferm et muticus). Ces deux Cbéloniens, comme tous leurs congénères, sont très-facilement reconnaissables à l’aplatissement considérable de la carapace (lue forme en grande partie un cuir épais, fortement incrusté sur les vermiculations du disipie et par la large palmure des doigts, dont trois seulement à cbaciue patte sont munis d’ongles, ce qui a motivé la dénomination souvent employée de Triomyx.

Quant aux Tortues marines ou Thalassites, auxiiuelles l’eau de mer et surtout l’agitation continuelle des flots sont indispensables, elles n’ont jamais été longtemps conservées en captivité.

SAL'HIENS. La première famille est celle des CllOCODli.iKNS ou Aspidiotks. Deux espèces de Crocodiles, [iroprcment dits, figurent sur les registres de la Ménagerie : le Vulgaire et celui a museau aigi; (6'. vii/garis et aculus) ; ce dernier, apporté très-jeune, grandit et so développe très-bien.

MÉN AGKIUK. — IIKPTILES.

Les Caïmans ou CnoconiLES à dents inférieures coinplétemenl cachées pendant l’occlusion do la bouche ont été beaucoup plus nombreux : tous font partie de l’espèce dite Caïman a mcseau de bhochet {Alligator hicius).

La deuxième famille comprend ces animaux bizarres connus sous le nom de C ^MÉl.ÉONS, cl dont une seule espèce, le C. vlegaihe {Chamæleo viilgaris), a été vue vivante. En raison du gi-and nombre d’individus adressés, cbaciuc année, de l’Algérie , beaucoup d’observations ont pu être faites sur le genre de vio de ce singulier Reptile.

De la famille des GECROTlliNS , nous n’avons à citer (jue le I’l atv dacty le des MLRAII.LES, commun en Algérie et dans le midi de l’Europe. 11 est remarquable en ce (ju’il a les doigts élargis par des membranes latérales, et garnis en dessous de lames transversales entuilées, à l’aide desquelles il peut grimper le long des plans les plus lisses, et même s’y maintenir contre son propre poids, comme le font les mouches.

La quatrième famille, celle des V.Ml \^'llî^'S, caractérisée par l’aspect des téguments qui sont en quelque sorte chagrinés, et dont les écailles consistent en petits tubercules arrondis et granuleux, n’a été jusqu’ici représentée à la Ménagerie que par doux espèces : l’une aquatique, le Varan du Nil [Varanus nilolkus) à queue comprimée, et l’autre terrestre, à queue arrondie, le V. du Désert (L. arennrius), originaire de l’Afrique et, en particulier, du sud de nos possessions algériennes.

Parmi les Igu.amens, dont les caractères essentiels sont l’absence sur le ventre de larges plaques carrées, et sur la tète de grandes squames polygones, puis de fourreau dans lequel la langue puisse rentrer, et enfin la présence, chez un grand nombre d’espèces, d’une crête sur le dos, il faut citer d’abord deux grandes et belles espèces : ce sontl’lGUANE tuberculeux, très-commun aux Antilles où il se mange, et le Cyclure de IIarlan {Iguana tubcrculata , vel delicatissima et Cychints Uarlani). On doit en rapprocher I’Anülis, analogue aux Geckos par l’élargissement des premières phalanges munies on dessous do lamelles imbriiiuées; puis, trois espèces bizarres, le Piirynosome de IIarlan {Phr. Uarlani) , Saurien du Mexique, à tronc court et très-déprimé, hérissé, ainsi que la tète, de longues et nombreuses épines, et les Fou ette-Queues Si-impède et Acanthinure {Uromastyx Spinipes cl Acanthimirus) , originaires de l’Egypte et du nord de l’Afrique, et dont la (]ueuo est armée d’aiguillons épineux, longs et acérés, disposés on verticilles réguliers.

Dans la sixième famille, dite des L vcehtiens, MM. Duméril et Bibron ont rangé tous les Lézards proprement dits, toujours faciles l'i distinguer par l’écaillure de la tète composée do grandes squames polygones, par celle du ventre formée de larges plaques différentes du revêtement des régions supérieures, et enfin par la disposition des écailles de la (pieue. L’espèce la {dus grande de cette famille que le Muséum ait reçue est le Sau ve-G arde de Cayenne, dédié à la célèbre mademoiselle de Mérian qui, la {iremièrc, l’a fait connaître {Salvator Marianæ).

Quant au genre Lézard [)ro{jrement dit, il est, de toute la classe des Reptiles, celui dont on retrouve le plus fréquemment le nom sur les registres; car cim] des espèces ({u’il comprend vivent en France et dans le midi de l’Europe, et deux ou trois do celles-ci .se trouvent egalement en Algérie. Les |)lus communes sont les Lézards des murailles et des SOUCHES {Lacerla jmiralis et stirpium) , dont un grand nombre servent à la nourriture de Reptiles plus volumineux; {mis le Lézard vert (/>. viridis) , de {ilus grande taille, et dont les régions supérieures sont le plus ordinairement d’une belle teinte verte, et les inférieures d un jaune verdâtre. Le Lézard ocellé {L. oceltata) , remarquable par ses grandes dimensions, a été reçu du midi de la France, de l’Espagne, de l’ilalio et de l’Algérie. On a été témoin, à la Ménagerie, de l’ovoviviparité de l’espèce eurojiéenne, nommée, en raison do ce singulier mode de {larturition , Lézard vivipare {L. vivipara).

Les deux dernières familles de Sauriens sont celles des SC1.\C0IDIENS et des Ampiiis- 15E.MENS. Ceux-ci sont tout à fait reman|uablos par rahscnco conqilète diss membres, ce

J)iu xiË.^iK i> umi-:.

qui a longlomps fait supposer aux uaturalislcs (pie ces lleptilos appartcuaient à l’ordre des Opliidiens, et par le défaut d’écailles sur leurs tégumeuls, (pu sont comme tuberculeux ou eu «pielquo sorte damas(piinés. L’ Amphisbèm- cendrér (.1. cinerca) , qu’ou trouve eu Espagne, dans les temiins mobiles où elle s’enfouit, a été conservée vivante, ainsi (pie deux autres espèces Brésiliennes placées dans le genre LépUloslcrne , à cause des grandes plaques écailleuses de la région sternale. Lf:i>. .micuücéi>iiai.k et scuTicfeni-; { Lepidosternon mkrocephalum et scuHgeritm). C’est à ce même groupe des AmpliislA-niens qu’a[ipartient le joli TnoGONOPiiiDE DE W IEG MANN plusieurs fois adressé de r.Algérie ( 7’/-0(7o/to;^/ns ]Vmjinannii). Enfin, parmi les Scincoïdiens , distincts de tous les autres Sauriens par la forme et par la disposition des écailles, (pii sont arrondies à leur bord postérieur et entuilées comme celles des poissons, d’où leur nom de C vpniNOLèpinEs, ou a souvent reçu du nord de l’Afrique le Gong YLE ocellé [G. oce//rtf«s) , remarquable par son ovoviviparité, et moins souvent, le I^lestiodonte d’Alduovande [PL Aldrovandi) , dont le système de coloration est élégamment relevé par de belles teintes d’un rouge-orange. C’est à cette même famille qu’il faut rapporter le Lézard serpentiforme de notre pays, I’Orvet si lisse et si fragile qu’on le nomme souvent Serpent de verre {Anguis fragiUs). Le Seps CH ALCIDE [Seps chakîdes) , pres(pie aussi commun on Espagne (d’où M. le professeur Duméril l’a rapporté en 180(5), et en Algérie (pie I’Orvet en France, .se distingue de ce dernier par deux paires de petites pattes courtes et grêles.

O Bill 1)1 ENS. — Des quatre ordres dont la classe des Hepliles se compose, aucun n’a fourni à la Ménagerie un contingent plus considérable (pie l’ordre des Ojdiidiens ou Serpents : il est, à la vérité, le plus riche en espèces.

M. le professeur Duméril et son habile collaborateur, Bibron, prématurément enlevé en 1848 à la science, qu’il cultivait avec tant de succès, ont, dans leur grande Eipétologie, divisé ces Beptiles en cim] grandes sections, dont les deux premières conifirennent les espèces non venimeuses. De la première, ou celle des Tvimilops, il n’y a rien à dire ici, aucun n’ayant été reçu vivant.

La deuxième section, celle des AglypiiodoNTES, est très-considérable : elle comprend tous les autres Serpents non venimeux. Les plus grandes espèces de ce groupe ont été à diffé-

rentes reprises, et souvent pendant plusieurs années, conservées en captivité.

Tels sont le Pvtiion de Séra {Python Sebœ), originaire du Sénégal, l’un des Ophidiens les plus considérables par leur longueur et par leur volume (on on a poss(‘dé un do -1 m. 70); le Br T HO N ROYAL {P. reghis), africain comme le pn'*cédent, de moins grande taille et orné de couleurs plus brillantes; le Bython molcre ou a deux bandes {P. bivittatus), d’origine indienne, et qui s’est reproduit il y a près de dix ans au Muséum, où ont vécu et se sont parfaitement développés ces jeunes Ophidiens, dont deux d’entre eux vivent encore. Lu autre Python, (pu peut atteindre comme les précédents une grande longueur, puisque les collections en renferment un de 7 mètres, est le Béticulé {P. reticulatus) . L’exemplaire do la Ménagerie, au reste, est beaucoup plus petit, il ne dépasse guère 2 mètres. Il est renumpiablo par SOS belles teintes brune, blanche et jaune.

Les Boas sont les grands Serpents qui ont le plus do ressemblance avec ceux dont nous venons de parler. Ceux dont il doit être (piestion ici sont : 1° le Boa diviniloouf, {Boa diviniloquus) , dont l’île Sainte-Lucie des Antilles paraît être jus(pi’à présent la i>atrie pres(jue exclusive. Les magnifiques retlels métalli(pies do ses téguments, (pu se jiarent des plus belles nuances bleues ou verdètres , selon le jeu de la lumière , ex})li(picnt son nom vulgaire de Boa bleu; 2" le Boa constricteur {B. constrktor) , habitant de rAméri(iue du Sud et particulièrement de' Cayenne et du Brésil , orné sur le dos de grandes taches brunes , veloutées , à reflets métal lùpies, et sur la (pieue des cercles noirs circonscrivant des espaces d’un rouge bri(pie; il atteint jus(pi’à 2 m. 50 ou 3 m. de longueur; 3° l’Eric R a te cenciiris {Epicrates cenchris), de plus petite dimension (pie les précédents, et adressé de Cayenne : riiidividii

AlKN.UJEinK. - IIKPTILES.

nctuollemcnt vivant a 1 ni. 50 environ ; 4° et 5° les Thopidophides tacheté et a qui- i:e 01 HE {Tropidophis maculatus et jnelamirus) , de Porto-Rico, et dont le second a donné dans la Ménagerie la preuve de son ovoviviparité.

Pour terminer l’énumération des Serpents Pythoniens conservés en captivité à Paris , il faudrait encore citer une espèce assez différente par son aspect extérieur de celles dont il vient d’ètre question. Elle est destinée à vivre sur le sable où elle peut se creuser des retraites à l’aide d’une sorte de boutoir qui termine le museau : c’est T En ex de Joh\, dont trois échantillons ont été acciuis comme provenant des Indes-Orientales, patrie ordinaire de ce Serpent.

L’un des plus grands Ophidiens que l’on connaisse, I’Eiinecte muhin {Eunectes miarmis), pourrait presque prendre place dans cette Notice sur la Ménagerie des Reptiles, car c’est quelques heures à peine après sa mort qu’un de ces énormes animaux a été reçu au Muséum où il avait été adressé vivant de Cayenne. Il avait près de 5 mètres de longueur.

Les volumineux Serpents non venimeux ainsi mis à part dans ce groupe qui vient d’être indiqué, il reste encore un très-grand nombre d’espèces à morsure non venimeuse, et (jui sont généralement désignés sous la dénomination assez vague de Couleuvres.

Les travaux récents de M. le professeur Duméril, qui fait imprimer en ce moment la fin de l’ouvrage qu’il avait commencé avec la savante collaboration de Ribron, montrent quelles coupes peuvent être faites pour la facilité de l’étude dans l’ancien genre Colubeu , de Linntms.

Ce n’est pas ici le lieu de faire connaître ces divisions, qui doivent seulement servir de guide pour l’inscription méthodique des espèces que la Ménagerie a possédées ou possède encore. A ces dernières , il faut rapporter un bel Ophidien , d’un noir d’ébène, à taches jaunes brillantes; le Simlote variable [Spilotes variabilis) , de Cayenne; la Couleuvre d’Esculape {Elaphis Æsculapn), assez commune en France, d’un brun verdïUrc uniforme, avec deux taches jaunes derrière la tête ; une autre espèce de ce môme genre et beaucoup plus remarquable à cause de la grande taille qu’elle peut atteindre, envoyée des États-Unis il y a onze ans et qui vit encore : c’est I’Elaphe a quatre bandes {E. quadrivittatus) , ainsi nommé à cause de quatre longs rubans brun foncé prolongés sur le tronc et sur la queue ; puis enfin I’Elaphe tacheté {E. guttatiis), également originaire des États de l’Union et très-nettement caractérisé par une série sur toute la longueur du dos de grandes taches ovalaires d’un rouge de brique pilée , bordées de noir.

Los mêmes contrées de l’Amérique du Nord , si riche en Reptiles de tous les ordres , nourrissent une Couleuvre à port lourd , à tête confondue avec le tronc et à (jueue courte et peu effilée, noire en dessus et d’un rouge vif sous le ventre où se voient, disposées avec régularité, et comme les cases d’un damier, des taches noires, quadrilatères; elle est le type du genre Callopisme, et le nom spécifique rappelle la marqueterie des régions inférieures {Callopisma ahacura).

Un Serpent à nez pointu, à raies noires longitudinales, réunies de distance en distance par des raies également noires , mais transversales , et nommé à cause de ces diverses particularités Rhinechis a échelons {Ithinechis scalaris) , a été plusieurs fois adressé de Montpellier. On le trouve dans les terrains meubles où il se creuse des retraites à l’aide de l’espèce de boutoir que forme la proéminence de l’os intermaxillaire.

Reaucoup de Couleuvres, ayant à l’extrémité postérieure de la mâchoire supérieure des dents [)lus longues que celles qui les précèdent , M. le professeur Duméril réunit dans une famille particulière, et sous le nom de Syncrantériens, celles chez lesquelles toutes les dents des os sus-maxillaires sont disposées sans interruption en série continue ; puis il a groupé dans une autre famille les espèces où la séi’ie est interrompue en arrière par un espace vide que laissent au-devant d’elles les dernières dents souvent beaucoup plus longues que les autres : ce sont les Diacrantériens.

i7() DKi pvirriK.

\ la pnaniiirt' do ces doux familles ariuéos de {fraudes lioiits postriiouivs , il faut rapporter quatre Serpents do Kraiicc, L’un est la Coll Et vue a cüllieh {Trophlonolus lorquatus vel natrix). Ses formes assez lourdes, le volume du tronc, la largeur de l’abdomeu et la brièveté de la (pieue, sont des caractères qui dénotent, comme le prouve d’ailleurs sou séjour habituel auprès des eaux, des habitudes aquatiques. Elle est verte, tachetée de noir, et sur le cou elle a une double empreinte jaune simulant une sorte de collier.

Le deuxième, dont le genre de vie est analogue, offre une ressemblance curieuse avec la \ ipère, si l’on ne tient compte (pie des caractères ext(h'ieurs : c’est do là (ju’est venu son nom de CoLi.F.uvHE vri’ÉniNE {Trop, viporinus) . Sans parler de l’absence des crochets à venin, le revêtement (îcailloux de la tête formé de grandes [ilacpies f)olygones , irgulif^res et propres aux Couleuvres, s’o[)pose à toute confusion.

Les deux autres Syucrantériens do notre pays sont la Coulelvke lisse et la Colleüvue BORDE L AISE {CoroîicUa lœvis et ginindica).

Toutes les deux sont d’un brun fauve assez foncé; mais outre des différences spécifiques bien tranchées, la seconde ne porte (pi’une série uni(4ue de taches noires sur le dos, tandis <p.ie chez la Couleuvre lisse les taches, (jui .sont plus [letites, sont disjioséos sur deux rangs parallèles et principalement à la rtigion antérieure.

La famille des I)i acrantériens comprend plusieurs g(?nres et un grand nombre d’espèces. Quel(|ues-unes doivent être mentionnées dans ce relevé des luîtes de la Ménagerie. Telle est d’abord une élégante Couleuvre do l’Europe centrale et méridionale, ainsi que de l’Afriipie, souvent adressée du département de la Mèvre, et dont la livrée se compo.se d’une nvultitude de petites raies d’un jaune vif semées sur un fond vert : c’est la C, verte et j \ lne {Zamenu viridi-flnvus) . On en possède une curieuse variété toute noire, recueillie d’abord en Sicile, [luis en Égypte. On doit rapporter à ce même genre une autre espèce, également (-gyptienne; son système de coloration consistant en de petits dessins noirs sur un fond brun verdâtre, lui a mérité le nom de Colleuvre a bol(>I)ets {Z. /lorulentus).

On en distingue deux espèces (]ui, offrant un cercle orbitaire complet formé par des écailles particulières, ont été réunies dans un même genre nommé Périops, à cause de cette particularité. fi’unc de ces espèces, (égyptienne comme la Couleuvre à bouquets, porte un grand nombre de petites lignes longitudinales, parallèles entre elles et groupées de manière à former des maculatures irn'gulières de teinte sombre se détachant sur un fond brun fauve : elle est dite Couleuvre a raies pwwu.tits {Periops paralhdus). Le nom de Couleuvre fer A CHEVAL {P. hippocropis) diisigne une note particulière relative à l’arrangement des taches de la région supérieure du crâne propre à un Ophidien de France et d’Algérie, bien distinct de tous les autres par des caractères spécifiques très-nets.

l’no Couleuvre de Porlo-Rico peut être considérée comme l’un des types du genre nombreux (les Dromiqües, placés au troisième rang dans la famille des Diacrantériens. Elle est dite Dro.mique des A.ntilles {Dromicus Anlillensis) .

La longue série des Serpents sans crochets à venin , observés à la Menagerie , se termine par une espèce qu’on pourrait croire venimeuse, d’après l’expression particulière de ce que M. Schlegel de Leyde appelle si ingénieusement la physionomie, comme d’ailleurs l’ancienne dénomination de Couleuvre sévère {Xenodon severus), employi-e [lar Linnæus, cherche à l’exprimer. En raison de la longueur des dernières dents sus-maxillaires, elle entre dans un genre spécial , à dents étranges en (|uelque sorte.

Entre les Ophidiens, dont il vient d’être (luestion, et ceux (jui peuvent faire des blessures si graves qu’elles sont rapidement mortelles , il y a une nombreuse série intermédiaire d’espèces colubriformes, comme les précédents, et cependant arnuios de dents a venin. M. le profe.'^.seur I)um(‘ril, en créant le mot ()i>i.STnoGLVi>iiE, qu’il appli(|ue à c(dte famille, a voulu rappeUnl’insertion en arrière de ces dents et la rainure de leur face antérieure, car ce qui fail le caract(‘re essentiel de cet appareil veniuu'ux , c,’est sa situation à la jiartie la plus reculée de la

MKNACEniE. — HEPTfLES.

liouche, à rextrômité postérieure des os sus-inaxillaires, à la suite des dents pleines et sans sillon implantées sur ces os.

A la base de ces crochets propres à inoculer le poison , non pas au moment de la première morsure, mais f|uand la proie a déjà pénétré dans la bouche, il y a une glande d une stiucture particulière destinée à sécréter le liquide meurtrier.

Quoique ces Serpents soient fort nombreux , on ne peut citer dans cette Note que deux espèces. — L’une, originaire d’Égypte et d’Algérie, est nommée Lycognathe a capuchon ( Lycognalhiis cucuUalus) , à cause do ses grandes dents antérieures et à cause du dessin (jue forment sur la partie postérieure de la tête et sur la nuque deux bandes et quatre taches noires. L’autre, qui est dite Couleuvre de ülontpellier, parce qu’on la rencontre aux environs de cette ville, se trouve aussi en Afritjue. Elle se distingue facilement par la conformation de la tête : la région sus-crânienne, au lieu d’être plate, comme chez les autres Ophidiens, est creusée; dans le sens longitudinal d’une sorte de gouttière évasee et peu profonde. Elle est d’une teinte sombre d’un brun verdâtre à peine relevé par de petites taches noires.

Il reste enfin à parler des Serpents les plus venimeux, dont les crochets longs et rohustes occupent l’extrémité antérieure de la mâchoire supérieure.

T.a première famille de ces Ophidiens si redoutables comprend , sous la dénomination de Protéroghjphes, les espèces à crochets situés en avant et parcourus dans toute leur longueur par un sillon.

C’est à cette première division qu’il faut rapporter les singuliers animaux connus sous les noms vulgaires de Serpent a coiffe ou Cobra di capello, et (jui sont désignés par les naturalistes sous celui de Naja. Les voyageurs, depuis le célèbre Kœmpfer, qui, le premier, a tlonné de très -intéressants détails sur ce sujet, ont souvent parlé des exercices bizarres auxquels les bateleurs indiens ou égyptiens les soumettent à l’aide des sons monotones d’un petit llageolet. Le Naja a lunettes ou baladin [Naja Iripudians) , le plus célèbre à cause de l’espèce de dessin (pCil porte sur le cou et (jue rappelle sa dénomination, n’a jamais été vu vivant à Paris, quoiqu’il soit très-commun aux Grandes-Indes et qu’il ait été souvent vu au Jardin de la Société zoologique de Londres.

Le Naja haje, au contraire, a été plusieurs fois adressé d’Égypte, et dans ce moment encore la Ménagerie possède un très-beau spécimen de cette espèce. Dès qu’on irrite ce Serpent , il relève brusquement la tête et toute la partie antérieure du tronc à une hauteur de 0 m. 30 à 0 m. 35 environ. En même temps, les côtes antérieures, qui sont les plus longues, sont fortement ramenées en avant, La peau les suit dans ce mouvement de progression, et, comme elle est lâche et extensible , elle s’élargit de la même manière en (juelque sorte que l’étoffe d’un éventail se déplie , (piand les touches dont il est formé sont rapidement écartées les unes dos autres. La tête domine le capuchon , elle devient horizontale et l’animal la dirige constamment à droite ou à gauclie pour épier le danger.

Le nom do SoUnogUjphes , donné par M. le professeur Duméril aux espèces de la seconde famille de Serpents à crochets venimeux antérieurs , indique leur caractère anatomique essentiel , qui est d’avoir ces crochets [>erforés dans toute leur longueur par un canal terminé par un sillon à son extrémité libre.

Le plus connu de ces Ophidiens est la Vipère, représentée en France, et jusque dans les environs de Paris, par deux Serpents très-semblables entre eux par leur apparence extérieure et par leur système de coloration, mais offrant cependant une différence très-remarquable. L’un , (pii reste le type du genre Vipère proprement dit , a la tête couverte non pas de grandes plaques symétriques, comme celles des Couleuvres, mais de petites squames analogues aux écailles du tronc ; c’est la \ ibère aspic {Vipern aspis vel prœsler) . L’autre, le Pélias BERUS {Pelias berus), se distingue d’une façon très-nette par la présence, sur la région anté‘rieure de la tête , de petits écussons , dont un central , plus considérable. De là vient l’erreur «lu’il est important de pn'venir et qui, nu premier moment, peut faire prendre cette espèce

PA H t 1 H.

pour la Couleuvre vipérine. Chez cette dernière, cependant, les plaques sus-céphalif[ues sont plus grandes et plus iioinhreuscs. La tète des Vipères et des Pélias , en outre , a une forme spéciale , légèrement triangulaire.

Le Sénégal nourrit une très-grosse Vit)ère, proportionnellement courte, à tète plate et large, do couleur sombre et d’un aspect sinistre, (|ue Cuvier nommait V. a codute-queue : c’est rLciuDNÉE 11 EU HT ANTE {Echuliia arictaiis). Il y en a de beaux exemplaires dans ce moment à la Ménagerie. On y voit aussi la Vipèue cornue ou Cékaste égyptien, qu’on a (juelques raisons de regarder comme étant le célèbre Aspic de Cléopâtre [Cenintes Ægyptiacus) .

On a reçu du même pays deux autres espèces de petite taille, comme la [irécédente, mais bien différentes en ce que les régions surciliaires ne portent pas les appendices saillants si caractéristiiiues du Céraste. En raison de différences «[ui permettiiiit de les distinguer l’une de l’autre, elles ont reçu les noms d’Eciiis a frein et d’Ecnis carénée [Echis frenata et carinata).

A la suite do ces Ophidiens, il faut placer le Crotale ou Serpent a sonnettes, si remarquable par l’appareil corné qu’il porte à l’extrémité de la queue, et dont les pièces, lâchement emboîtées entre elles, produisent, lorsque la série tout entière est mise en vibration par les mouvements fort rapides do 1a queue, un bruit très-[)articulier. Les sons aigus et stridents que le serpent fait alors entendre sont si étranges, (lu’on s’explique sans peine la frayeur qu’il inspire aux liommes et aux animaux qui fuient épouvantés à l’aiiproche de ce dangereux Reptile (lue la Ménagerie a presque toujours possédé et dont, en ce moment encore, elle a de beaux spécimens. •

On y garde aussi on captivité l’espèce si redoutée aux Antilles, sous le nom do Fer de Lance, à cause de la forme de la tête ; c’est le Hotiirops lanceolatüs <iui peut avoir 2 mètres do long. Les mêmes cages , soigneusement entourées d’un double grillage , renferment on outre un serpent venimeux , à tête triangulaire , et que la diversité de ses couleurs sombres , il est vrai , a fait nommer Arlequin ( Trigonocephalm hislrionicus) .

HAÏ R AGI ENS. Le quatrième ordre de la classe des Reptiles, comprenant les Grenouilles, les Rainettes, les Crapauds, les SalamandresoI quelques autres espèces, occupe, dans l’histoire de la IMénagerio, une place moins importante que les trois premiers ordres. Le nombre de ces Batraciens qui y ont été vus reste en effet inférieur à celui des Chélouiens, des Sauriens et des Ophidiens. Dans ce nombre, cependant, il y a quelques animaux trèsintéréssants. En tête de la liste qui doit en être donnée ici, il faut placer laCÉciLiE a MUSEAU ÉTROIT ct le SiPHONOPS ANNE LÉ {CæcUîa Tostrata et Siphonops annulalus). Longtemps considérés comme des Serpents , à cause de la forme allongée et cylindriiiue du corps et de l’absence coin{)lète des membres , ces Reptiles offrent néanmoins cette curieuse particularité d’être , par toute leur organisation , de véritables Batraciens , malgré l’analogie remaniuable de leur conformation extérieure avec les Ophidiens de petite taille, (jui, à cause de leur cécité presque absolue, ont été nommés Typhlops. Ce sont des animaux pour la plupart aveugles, à museau plus ou moins prolongé en une sorte de boutoir, et qui vivent dans les teiTains mobiles de l’Amériiiue méridionale et, en parliculier, du Brésil, d’où le Muséum les a déjà plusieurs fois reçus.

Tous les autres Batraciens ont des membres, mais les uns ont une queue : ce sont les U RO DEL ES, ainsi nommés en raison de ce caractère. La (]ueue, au contraire, manque chez les autres qui, en raison de cette particularité notable, ont reçu le nom d’ANOURES.

Ceux-ci, très-nombreux en espèces, présentent entre eux des différences très-remarquables, faciles à constater quand on compare entre eux le Crapaud, la Grenouille et la Rainette, types de trois grandes familles qui sont représentées dans notre pays par quelques espèces qui sont toujours assez abondantes dans les cases.

Parmi les Grenouilles, i]ue la longueur de leurs membres et la palmure de leurs doigts

MÉNAGERIK. — REPTILES.

font roconiiaîtrc si aiscinciit, ou doit noiuincr lu V eiiti-;, dont lu couloui parait varier suivant qii’olle habite l’Europe, l’Asie ou l’Afritpie. Le nom de Rana esculenta, donné par Linna}us, rapiiclle l’usage qu’on fait souvient dans 1 art culinaiie de ce Reptile, dont les membres postérieurs sont comjiarés , pour l’aspect et pour la sav'eui , à la chaii du poulet. Cette Grenouille se distingue surtout de l’autre espèce, commune dans notre pays, par l’absence, sur les côtés de la tète, de la tache noire qui, par sa constance, a motivé, pour celte deuxième espèce, la dénomination de lEMPonAiRE. Elle est dite aussi quelquefois , à cause do sa teinte jaune-brumltre, Gn. rousse {Ilana temporarîa vel fusca).

L’abondance de ces deux Batraciens anoures aux environs de Paris permet de les employer dans la Ménagerie comme pâture pour les Serpents qui, vivant à l’état do liberté, dans les lieux humides et au bord dos ruisseaux, telles que les Couleuvres a collier et Vipérine et (lueUpies autres, recherchent cotte proie avec avidité.

Des États-Lnis, on a reçu deux Grenouilles très-analogues entre elles : la Gr. iialécine et celle des marais (/?. halecia et palustris) , qui paraissent être, dans l’Amérique du Nord, les représentants do nos doux espèces communes.

Semblables à ces dernières pour la taille, elles sont très-petites comparativement à une grosse espèce , originaire du même pays , et dont certains individus qui ont été conservés en captivité étaient longs do 0'“35 à O'" 40. On a pu reconnaître, au bruit produit par ces énormes Batraciens, surtout au moment où ils s’élançaient pour sauter à de très-grandes distances, qu’ils méritent bien le nom de Grenouille-Taureau ou mugissante [II. mugiens).

Des possessions algériennes, on a adressé plusieurs fois au Muséum une espèce à régions supérieures marbrées de gris, de brun ou do roussôtre, et souvent ornées, sur le milieu du dos, d’une bande blanche ou jaune Elle est devenue le type d’un genre distinct, fondé d’après des caractères particuliers, et surtout d’après l’invisibilité de la membrane du tympan, ipii est cachée sous les téguments, conlrairoment à ce qui a lieu chez la [ilupnrtdes Batraciens, où cette membrane, située à Heur de tète, est très-apparente. Ce Disc o gloss e peint {DiscogJossiis pictus) , qui a les formes élancées des (irenouilles, ne vit pas on France, mais il a été trouvé en Grèce , en Sicile et en Sardaigne.

Pour terminer la série des Raniformes à membres postérieurs , longs et bien disposés pour le saut, il faut citer une espèce spéciale à la France, et dont les habitudes aquatiiiues se trouvent rappelées par le nom de Pélodyte qui lui est donné et qui signifie qu’elle fréquente les localités marécageuses. Elle est tachée do noir en dessus. C’est le P. ponctué {Pelodytcs punctaliis) , (jui se distingue de toutes les autres Grenouilles par certains caractères anatomiques et par le pouvoir dont il est doué de grimper presque aussi facilement que les Rainettes le long d’un plan vertical et très-uni, comme les parois d’un vase de verre, ainsi que l’observation en a été bien souvent faite à la Ménagerie. C’est particulièrement dans l’ancien parc de Sceaux que ce Batracien se rencontre dans les environs de Paris.

La division des Anoures, adoptée dans V Erpétologie générale de MM. Duméril et Bibron, étant fondée sur la conformation des doigts qui permet do séparer tout d’abord les Rainettes, dont il sera question plys loin, la distinction fondamentale entre les Grenouilles et les Crapauds se lire du système dentaire.

Les véritables Crapauds n’ayant aucune dent ni à l’une ni à l’autre des mâchoires, ni au palais , tandis (ju’il y en a dans la région maxillaire supérieure cl à la voûte palatine chez les Grenouilles, il a fallu nécessairement ranger parmi celles-ci quehiues Batraciens à membres postérieurs courts et à corps ramassé, malgré la dénomination vulgaire qui sert à les désigner et dont on ne saurait méconnaître la justesse , si l’on s’en lient aux formes extérieures. Tels sont, entre autres, le Crapaud accoucheur {Aigles obstelricans) , le Crapaud a VENTRE couleur DE FEU OU SoNNEUU {Dombiiiator igneus) et le Pélobate brun {Pclobales fuscus) qui vivent en France , même aux abords de Paris, et que, par cela même, on a fré<iucmment conservés en captivité au Muséum.

DiiiMÈME PAirni-:.

La première espèce es! très-intéressante à étudier à cause des particularités de mœurs qu’elle offre à l’observateur.

N’est-il pas en effet bien remarquable qu’au moment où les œufs viennent d’ètre pondus, le mâle, comme pruidé par une prévoyance ingénieuse pour la protection de sa race, s’en empare et enlace autour de ses membres postérieurs le chapelet que ces œufs forment par leur union avec une matière visqueuse et tenace (}ui les unit les uns aux autres. Ce n’est {)Ourtant que la manifestation pleine d’intérêt, il est vrai, pour le naturaliste, d’un instinet (jui i)ousse cet animal à so charger de ce fardeau précieux qu’il conserve ainsi [)endant vingt-cinq à trente jours. Tant que dure cette sorte do gestation extérieure, il reste immolnlo dans une retraite sombre et bumido, où il so cache pour se mettre à l’abri dos attaques. Il y a quebiuo chose do plus merveilleux encore dans cette série d’actes instinctifs (|ue ce llatracien accomi)lit à celte époque si importante do sa vie, puisqu’il s’agit do la perpétuation de sa race. 11 i|uitte, au bout de ce temps, le lieu de son refuge, et so dirige, tant bien que mal , embarrassé «pi’il est dans sa marche, vers les eaux du voisinage. No faut-il pas, en effet, (pie les jeunes animaux qui vont sortir des Æufs arrivés à leur dernière période de développement naissent au milieu de l’eau? Ce sont des TèTAREi.s, c’est-à-dire des animaux à respiration branchiale, et même de véritables poissons pendant tous les premiers temps de leur vie. Ils périraient promptement, si l’éclosion avait lieu sur le sol, par suite do l’impossibilité absolue pour eux de respirer dans l’air. Le rôle du Crapaud accoucheur rempli, il reprend ses habitudes et le genre de vie qui lui est propre, se tenant de préférence dans les herbages humides.

Quant au Sonneur, il ne mérite pas plus ce nom (jue d’autres Batraciens; le coassement quil fait entendre n’a rien de spécial, et n’étant même pas aussi caracléristi(iuo que celui de l’espèce dont il vient d’être question , laquelle produit , à l’époque des amours , des sons analogues à ceux (pii résulteraient de la f)ercussion d’une clocbelto de verre. 11 est remanpiable par la teinte d’un jaune-orange vif des régions inférieures rendue plus éclatante encore par les marbrures d’un brun foncé. Il est do petite taille, se trouve dans toute l’Europe tempérée, et vit presque toujours dans l’eau.

Le Pélobate brun enfin se reconnaît facilement à la saillie très-prononcée do l’un des os du pied, d’où résulte l’apparence au talon d’une sorte d’éperon tranchant do couleur jaune. Sa tête est rugueuse et couverte d’aspérités auxquelles la peau est très-fortement adhérente.

Entre ces trois derniers Batraciens et les véritables Crapauds , il y a cette différence anatomi(pic importante que ceux-ci sont complètement privés de dents. Leur langue, dailleuis, contrairement à ce (|ui s’observe chez les Grenouilles et chez les Bainettes, nest |)ros<iue jamais écbancréo à son bord postérieur, et à l’exception des grosses glandes quun ceitain nombre d’entre eux portent denièro la tête, sur les côtés du cou, et d où s écbapi)c une humeur ûcro et irritante, vénéneuse même pour les petits animaux, leur peau est plus lisse que celle des autres .\noures.

Le corps est généralement trapu, les membres courts et ramassés. Ces différents caractèies sont très-évidents sur les deux espèces communes de notre pays, et dont il y a pres(iue toujours des échantillons à la Ménagerie. Les différences qui les distinguent l’une de l’autre sont assez faciles à saisir pour le zoologiste, mais vulgairement on les confond , (luoique le Crapaud VEUT {Dufo viridis) no devienne pas aussi volumineux ([uo le Crapaud vulgaire vuUjaris) , ({ni no porto jamais la ligne médiane jaune dont le (los du premier est souvent orne dans toute sa longueur. Frétiuemnient aussi leurs régions supérieures, d’une teinte verte, mais le plus souvent sombre ou d’un brun plus ou moins obscur, sont parsemées de tubercules, ce qui leur fait donner, dans quelques contrées, le nom de Crapaud galeux.

11 est venu des États-Unis une espèce à grandes taches et à ligne médiane le long du dos (pn a reçu des zoologistes de ce pays le nom de Crapaud américain {Bnfo ammca7ius) e de l’Algérie le Crapaud panïhéiun {Bufo panlherinus) , très-analogue au iiapauf \ei do notre pays, dont il diffère cependant par des caractères assez nets.

RKPTILES.

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