‹ Le museum des sciences et des arts choix de traités complets instructifs sur les sciences physiques et leur application aux usages de la vie par le dr. Dionisius LardnerChapitre 2 sur 43 · XX · texte numérisé non relu

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En considérant le moyen ou procédé qui assure aux planètes des jours et des nuits, il est utile d’étudier la positiou particulière des diamètres sur lesquels elles sont astreintes à tourner. La Terre, en accomplissant sa révolution autour du Soleil, eût pu tourner sur un grand nombre de diamètres. Par exemple, elle aurait pu tourner sur un diamètre à angles

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droits avec son orbite annuelle. S’il en eût été ainsi, nous aurions des nuits et des jours égaux toute l’année et dans chaque partie du glol)e.

Si l'axe de la terre avait été dans le plan de son orbite annuelle, le Soleil se serait constamment montré au-dessus de l'horizon pendant plusieurs semaines de l’été , et constamment au-dessous pendant un temps égal en hiver. La durée de ces intervalles de lumière et de ténèbres incessantes eût varié sur les différents points du globe, et augmenté avec la latitude. Pas d’alternatives quotidiennes de jour et de nuit, sinon [tendant un court intervalle, avant et après les équinoxes (7).

Il n’est pas nécessaire d’insister sur les conséquences d’un tel état de choses, pour qu’on reconnaisse qu’il eût été parfaitement incompatible avec le bien-être, et môme peut-être avec la conservation du monde organique.

Dans la première des deux hypothèses ci-dessus, nous eussions été privés de saisons, et toute chronologie convenable eût été impossible; dans toutes deux, nous aurions été frustrés d’un grand nombre d’avantages que l’élat de choses actuel nous procure.

Mais entre ces positions extrêmes que l'axe de rotation pouvait prendre, il en est une infinité d'autres qui eussent été à peu près impossibles. Si l’axe se fût incliné à peu près complètement sur l’écliptique, il en serait résulté des conséquences aussi fâcheuses que celles qu’eut amenées sa position dans le plan même de l'écliptique (8). On trouve cependant que cet axe a reçu une position qui s'écarte peu de la perpendiculaire, comme la figure 5 le prouve. Kn vertu de cette inclinaison , l’hémisphère nord du glolie se présente nu Soleil pendant une moitié de l’année, et l’hémisphère sud pendant l’autre. Nous jouissons par ce moyen d’une succession de saisons agréable; c'est ainsi que le printemps, l’été, l'automne et l’hiver se suivent l’un l’autre, opérant une diversion pleine de charmes et marquant dans leur marche, par des phénomènes sensibles, le cours du temps. En outre, cette inclinaison ou abaissement de l'axe est réglée de telle sorte que les extrêmes des saisons sont confinés dans des limites restreintes, si restreintes qu’ils sont avantageux, nécessaires même, au bien-être physique des nombreux habitants de la Terre.

A la vérité, cette succession de saisons n'était pas indispensable à la conservation des races terrestres; car si l’axe eût été perpendiculaire à l’orbite de manière â rendre les nuits et les jours partout et toujours égaux, le monde organique eût continué d’exister; mais il aurait dû subir quelques modifications.

En observant la position de l’axe sur lequel Mars accomplit sa révolution, on trouve que cet axe forme avec le plan de l’orbite de la planète un angle de 28" 27’, c’est-à-dire un angle peu différent de celui que forme l'axe de la Terre avec l’écliptique. Les climats et les saisons de Mars sont donc semblables à ceux de la Terre.

On n’a pas encore déterminé la position des axes de rotation de Vénus et de Mercure, mais, suivant toute probabilité, elle n’est pas matériellement différente de celle de Mars et de la Terre.

On voit donc que dans ces trois planètes, comme sur la Terre, se rencontrent et les mêmes alternatives de jour et de nuit, et la même succession de saisons réglée par des limites de températures semblables ou à peu près, et les mêmes variétés de climats, distinctes l’une de l'autre par des limites de latitudes. En un mot, les principaux phénomènes qui se manifestent sur le globe terrestre se manifestent aussi dans les trois planètes Mercure, Vénus et Mars.

L’atmosphère qui environne la Terre n’est qu’un accessoire , mais cet accessoire possède avec les règnes animal et végétal un rapport aussi important qu'évident. Tout être qui respire dépend de l’atmosphère; elle est la condition de son existence. L’appareil à la fois mécanique et chimique des organes respiratoires est positivement fait en vue de l’atmosphère; il y est adapté. Enfin, la vie végétale n’en dépend pas moins que la vie animale.

Mais outre ces propriétés, sans lesquelles la vie s’éteindrait sur le globe, l'atmosphère en a d’autres qui nous procurent des avantages et même des plaisirs. N’est-elle pas le médium ou milieu par où le son nous est transmis? De même que l'appareil pulmonaire est organisé de façon à pouvoir agir chimiquement sur l’atmosphère et, par ce moyen, à fournir au sang le principe qui permet à ce fluide d’entretenir la vie, de même le mécanisme admirable de l’oreille est disposé pour recevoir les effets des pulsations ou vibrations atmosphériques et les porter au sensorium (au cerveau), où ils déterminent la perception du son. Ce n’est pas tout. Le mécanisme des organes vocaux est disposé pour imprimer à l’atmosphère ces vibrations atmosphériques et, par son intermédiaire, transmettre les accents de la voix au mécanisme de l'oreille, mécanisme d'une susceptibilité corrélative. Sans l'atmosphère, par conséquent, et en supposant même qu’on pût vivre sans elle, de quelle utilité nous seraient, malgréleur perfection, et la voix et l'oreille? La voix, nou s l’aurions, mais aucune parole ne pourrait franchir nos lèvres; nous prêterions l’oreille, mais aucun I. 2

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son ne se ferait entendre. Situation étrange! Faculté d'entendre, faculté de parler, nous aurions l’une et l’autre; et néanmoins nous serions à la fois sourds et muets.

On doit à l’atmosphère un autre avantage. C’est la diffusion de la lumière solaire et l’affaiblissement de son intensité. A cet égard, l'atmosphère remplit, au respect du soleil, le rôle d'un abat-jour en verre dépoli au respect d’une lampe. Sa transparence incomplète en atténue la clarté, lin l'absence «l’atmosphère, la lumière du soleil éclairerait seulement les objets sur lesquels touilleraient directement ses rayons. D’une clarté solaire, intense, on arriverait, sans transition aucune, à une obscurité impénétrable. D’ombre, aucune ; l'appartement dont les fenêtres 11 e feraient pas face au soleil, 11 e serait pas plus éclairé à midi qu’à minuit. — Mais la présence «l'une masse d’air qui s’étend depuis la surface du globe jusqu’à plus de

10 milles de hauteur (16 lieues) ne permet pas qu'il en soit ainsi. Cette masse d'air réfléchit la lumière solaire sur chaque objet qui y est exposé, et comme l’air se répand sur tous les points de la surface du globe, il transporte avec lui la lumière réfléchie, mais adoucie, du s«jleil.

Lorsqu’à son déclin, le soleil semble se dépouiller de sa lumière, l’atmosphère, érlairée encore par ses rayons, nous fait jouir d’un demijour qui va s’éteignant graduellement et se perd enfin dans l’ombre même de la nuit. Avant son lever, le soleil est de la mtîme manière annoncé par l’atmosphère, qui nous piépare au retour de ses splendeurs en se revêtant de teintes grises d’abord et bientiit plus éclatantes : voilà l’aurore. — Si l’atmosphère faisait faute, l'instant où le soleil se couche serait marqué par un passage brusque, instantané, de l'éclat solaire le plus complet aux ténèbres les plus sombres ; et, par le même motif, l'instant où

11 se lève serait caractérisé par un changement brusque, instantané, par un [tassage subit des ténèbres les plus épaisses au jouv le plus brillant.

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