‹ Le museum des sciences et des arts choix de traités complets instructifs sur les sciences physiques et leur application aux usages de la vie par le dr. Dionisius LardnerChapitre 20 sur 43 · IM CHOSES USUELLES. — L’EAU · texte numérisé non relu

IM CHOSES USUELLES. — L’EAU

ensuite un écoulement aux eaux; faites dans toute sa longueur, et au plus haut, une tranchée de l",50 à i métrés de profondeur, sur environ i mètres de large; aplanissez le fond de cette tranchée et rendez-lc imperméable par un pavé, un macadamisage, un fond de bitume, ou, ce qui est pins simple et moins coûteux, par une couche de terre glaise, substance commune daus les environs de Paris; à coté de cette tranchée, faites-en une autre pareille dont vous rejetterez la terre pour combler la première, et ainsi de suite jusqu'à ce que vous ayez, pour ainsi dire, rendu tout le sous-sol de votre terrain imperméable à l’eau de pluie ; plantez le tout d’arbres fruitiers, et surtout d’arbres à basse tige, qui ombragent le terrain sablonneux et arrêtent les courants d'air qui pourraient réabsorber la pluie; enfin, pratiquez dans la partie la plus basse du terrain une espèce de mur ou contre-fort en pierre, avec une issue au milieu : vous aurez infailliblement une bonne et belle source qui coulera sans intermittence et suffira aux besoins d’un village entier ou d’un vaste château. Je n’ai pas sous les yeux le prix de revient calculé d'après le prix de main-d'œuvre et des transports pour Paris et les départements; mais je me souviens très-bien que cette dépense était accessible à toutes les fortunes des particuliers dans l’aisance, et de toutes les communes privées d’eau. La spéculation pouvait même s’en emparer pour faire le bien public avec l’utilité privée. » (Babinot, litudes et lectures sur les sciences d'observation et leurs applications pratiques, t. Il, p. SÎ5 et suiv.)

Dans le livre de M. Paramelle, l'Art de découvrir les sources, on pourra trouver aussi de précieux renseignements sur la question. L’auteur n'indique pas, comme M. Itahinet, le moyen de créer une source, en quelque sorte, de toutes pièces; il enseigne celui d'en trouver partout où il en existe, en quelque endroit qu’elles se cachent. Ajoutons qu'un plein succès a presque constamment suivi les efforts de cet homme tout dévoué au bien public.

4. Comjwsib'on de l'eau. Historique. — Est-ce à l’Anglais Caveudish, est-ce au Français Lavoisier qu’on doit la découverte de la composition de l'eau? Suivant Arago, cette découverte, « la plus grande, la plus féconde de la chimie moderne, » n’appartient, en réalité, ni à l'un ni à l'autre; elle appartient à James Watt, l’inventeur de la machine à condenseur sé|iaré, de la machine à détente, du parallélogramme articulé, etc.

En 1770, il vient à l'esprit d'un chimiste, Marquer, de placer « une soucou|ie de porcelaine blanche sur la flamme de gaz hydrogène qui brillait tranquillement au goulot d’une bouteille; » il observe que cette flamme n’est accompagnée d'aucune fumée proprement dite, quelle ne dépose point de suie, mais que l’endroit de la soucoupe que la flamme lèche se couvre de gouttelettes assez sensibles d'un liquide semblable à de l’eau et qui, après vérification, se trouve être de l'eau pure. Marquer, dît Arago, ne s’arrête point cependant sur ce fait, il ne s'étonne pas de ce qu'il a d étonnant, il le cite tout simplement, sans aucun commentaire; il ne s’aperçoit pas qu'il vient de toucher du doigt à une grande découverte. Le génie, dans les sciences d'observation, se réduirait-il donc à la faculté de dire à pro]>os : Pourquoi ?

Au commencement de 1781, le physicien Warltire imagine qu'une étincelle électrique ne peut traverser certains mélanges gazeux sans y déterminer quelques changements. Une idée aussi neuve, qu'aucune analogie ne suggérait alors, dont on a fait depuis de si heureuses applications, aurait, ce semble, mérité à son auteur que tous les historiens de la science voulussent bien ne pas oublier de lui en faire

honneur Cavendish répéta bientôt l'expérience de Warltire. Comme lui , il

obtint de F eau par la détonation d'un mélange d’oxygène et d’hydrogène.

Le il avril 4783, lriestley, dans un mémoire qu’il lit à la Société royale de

NOTES. 1 i I

Londres, ajoute une circonstance capitale à relies qui résultaient îles expériences de ses prédécesseurs : il prouve que le poids de l’eau qui se dépose sur les parois du vase, au moment de la détonation de l'oxygène et de l’hydrogène, est la somme des poids de ces deux gaz.

Priestley, comme on voit, n'avait qu’un simple pourquoi & s’adresser, pour que l'honneur lui revint tout entier d’avoir découvert la composition de l’eau. Ce pourquoi, qn’il ne s'adressa [>as, Watt se l’adressa. Priestley lui avait fait part du résultat qu’il avait obtenu; immédiatement Watt lui répondit :

« Quels sont les produits de votre expérience? lie l’eau, de la lumière, de la chaleur. Ne sommes- nous pas dès lors autorisés à en conclure que r«ni est un composé îles deux gaz oxygène et hydrogène, privés d’une partie de leur chaleur latente ou élémentaire; que l'oxygène est de l’eau privée de son hydrogène, mais unie à de la chaleur et à de la lumière latente? etc. »

l.a lettre où se lit le passage ci-dessus porle la date du 26 avril 1783. — La date de la lecture publique du mémoire dans lequel Lavoisier reudit compte de ses expériences, dans lequel il développa scs vues sur la production de l’eau par la combustion de l’oxygène et de l’hydrogène, est postérieure de deux mois à celle du dépôt aux archives de la Société royale de Londres de la lettre de James Watt. (Vov. Arago, Ann. du Bur. des longitudes pour 1839, p. 3S6 à 360, p. 393 à ilO.)

5. Comi>araison des thermomètres rentigraile . Bèaumur et Fahrenheit. — Le thermomètre centigrade est celui dont on se sert le pins généralement en France; le thermomètre de Réaumur ne vient qu’cnsuitc. En Angleterre et en Allemagne, c’est le thermomètre de Fahrenheit qu’on emploie.

Le thermomètre centigrade a 100 degrés depuis la glace fondante (zéro) jusqu’à l’eau bouillante (100 degrés); le thermomètre de Réaumur en a 80. Le thermomètre de Fahrenheit marque 32 degrés à la glace fondante et 21 2 à l’eau bouillante. c’est-à-dire qu’il a 180 degrés depuis la glace fondante jusqu’à l’eau bouillante.

Il suit de là que 80 degrés de Réaumur valant 100 degrés centigrades, I degré de Réaumur égale */« ou I°,Î5 du thermomètre centigrade, et que 1 degré centigrade égale les */, du degré Réaumur.

Il faut 2°, 23 Fahrenheit pour faire I degré Réaumur, et 1°,80 Fahrenheit pour faire I degré centigrade. Pour convertir un nombre donné de degrés Fahrenheit eil degrés Réaumur, on aura d’abord à retrancher 32 de ce nombre, puis à multiplier le reste par */•; pour convertir le même nombre de degrés Fahrenheit en degrés centigrades, on retranchera 3 ! du nombre total, puis ou multipliera le reste par V».

L’Ain.

1. Note scr le §XXX1I. Circulation et respiration. — Le fluide par lequel sont alimentés les os et la chair des animaux est le sang. Le saug prend sa sourie dans le cieur, d oit il est chassé par l'action musculaire de cet organe à travers un système de tulies flexibles nommes artères, qui, comme le tronc et les branches d’un arbre, ont à leur point d’origine une grosseur considérable , et vont eu di-

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