CHAPITRE IV
I. grandeurs apparentes des lunes de Saturne à sa surfaec. — II. Leurs phases; les mois de Saturne courts. — III. Eclipses de soleil et de lune. — IV. Découverte dos anneaux. — V. Phases des anneaux vus de la Terre. — VI. Aspect de leurs bords on 18Û8; dessins de Schmidt. — VII. Leurs montagnes. — Vïll. Leurs dimensions. — IX. Découverte des anneaux obscurs. — X. Vue télescopique de la planète et des anneaux, par Danes. — XI. Apparence des anneaux à la surface de Saturne. — XII. Erreurs commises sur ce point par Bodc. Herschel, Madler et autres. — XIII. Correction de res erreurs. — XIV. L'aspect des anneaux varie avec la latitude où se trouve l’observateur. — XV. Diagrammes explicatifs. — XVI. Récapitulation. — XVII. Il n'y a pas de difficulté à admettre la possibilité de races différemment organisées dans les différentes planètes. — XVIII. Le Soleil; son caractère physique s'oppose à ce qu'il soit habité. — XIX. La Lune n’est pas habitable. — XX. Les satellites, pas davantage. — XXI. Les comètes non plus. — XXII. Des planétoïdes ou astéroïdes.
Si l’évaluation des grandeurs réelles des satellites donnée à la tin du dernier chapitre est admise , leurs grandeurs apparentes probables à la surface de Saturne peuvent être déduites de leurs distances. I-'i distance it laquelle se trouve de la planète le premier de ces satellites. Mimas, n’est que de 94 000 milles (37 000 lieues) ; elle est deux fois et demie moins mande que celle de la Lune. La distance du deuxième satellite est environ la moitié de celle de la Lune; celle du troisième, environ les deux tiers, et celle du quatrième, environ les cinq sixièmes de la distance de la Lune à la Terre. Si donc ces corps ont des dimensions réelles plus considérables que celles de la Lune, leurs grandeurs apparentes à la surface de Saturne seront plus considérables que la grandeur apparente du satellite terrestre, dans une proportion plus' grande encore que celle qui existe dans les différences de distances auxquelles tous ces satellites se trouvent de leurs planètes respectivement. Du septième satellite, Hvpérion, récemment découvert, on connaît peu «le chose, et la grandeur remarquable du sixième, Titan, donne lieu de croire que, malgré sa distance, il peut montrer aux habitants de Saturne un disque aussi grand que celui de la lune terrestre.
Tout ce qu’on a dit précédemment sur la rapidité des phases dont les lunes de Jupiter offrent le tableau si remarquable s'applique également
M LES PLANÈTES
a Smurne. le spectacle, ti mtefois, a plus de brillant, plus de richesse; les acteur- -.mi plus nombreux : Saturne possède deux fois plus de lunes que Jupit.-r. Loinme le premier satellite passe du croissant le plus faible à I -imi de demi-lune en 5 heures terrestres */«, le changement, qui s'opère pur di«iïvs. doit être aussi visible qqp la marche de l'aiguille d'un chro-
ne l.e second satellite procède moitié plus lentement, c’est-à-dire
.pi il pu— .• d'un croissant faible à la demi-lune en 8 heures. Le premier passe .le la nouvelle lune à la pleine lune en 1 1 heures, et le second en I it !.. •nre-. I intervalle entre la nouvelle et la pleine lune pour le troisième saiellii^ —i de 22 heures: pour le quatrième, 32 heures; pour le cin- .p.ieiite heures; pour le sixième, 8 jours terrestres; pour le septième, t * . -i pour le huitième. 40 jours. ■
I..- .-. lip-es solaires et lunaires, produites et subies par ces huit satelli|e-, ne sont pas aussi fréquentes que dans le système de Jupiter, car l'équateur .le Saturne s'incline sur l’orbite solaire de manière à former un angle ■Icp. .-de degrés (considérablement plus grand que l’oblitjnitede l't-cliptiqoe. g;' i>0"' ; d on résulte que le Soleil , au moment des solstices d 'hiver t d'été de Saturne, parait considérablement s'éloigner de l'équateur. ...i I mouvement des satellites, sauf le huitième, est confiné. Par la même rai on, les satellites s'éloignent davantage du centre de l’ombre,
■ t ti. U*, -.ml les plus voisins, se meuvent en général hors de l’ombre plaitclpio- .... moment de l'opposition (15). Les Saturniens ont, en conséqoeo- . -oc le peuple jovien, l'avantage d’assister fréquemment au speria.-l. d.- plusieurs pleines lunes à leur linnament.
I.i.ig.mc ne la vision humaine ayant repu du télescope une puissance iar.iriiiiuo jusque-là, les observateurs du ciel ne tardèrent pas à découvrir .pu- le disque de Saturne ditférait notablement de ceux des autres planètes : ce disque n'i'lait pas circulaire. D'abord on le considéra comme un ovale ■ilit.iiic, iiplali. allectant la forme d'un rectangle allongé, arrondi à ses •‘\tr. -.ni t.--. ijuand le télesrope eut subi des améliorations, ce disque devint mi -irninl disque central, llanqué de deux disques plus petits, et ayant mille I apparence d anses ou d’oreilles analogues il celles d'un vase ou d'une jiin«: c'est pourquoi on les appela les anses du disque, nom qu'ils poi l, ni encore. Kntin, eu 1650, Huygens trouva le véritable mot du pliéiioiiiciie. Il montra que la planète est entourée par un anneau de matière mlide opnipie, au centre duquel clic est suspendue : il montra que ce qui -end de le- anses n'est rien autre que les parties de l'anneau latérales au <ii-.|'ie i en dehors de lui, partir- qui, en se projetant, prennent, aux
extrémités île son plus grand axe, la forme des pailles d'une ellipse; il lit voir, en outre, que les parties ouvertes des anses sont produites par le ciel de la planète, vu dans l'espace intervallaire de l'anneau et de cette planète.
Les télescopes perfectionnés, le nombre toujours croissant, le zèle de plus en plus ardent, l'activité sans cesse en éveil des observateurs, tout contribua à fournir des données beaucoup plus complètes sur la position, la forme, les dimensions et la structure de cet appendice extraordinaire et sans exemple connu.
On sait aujourd'hui qu’il consiste en un anneau plat, matériel, d’une épaisseur peu considérable eu égard à sa superficie. 11 est à peu près, mais non complètement, concentrique avec la planète et dans le plan de sou équateur. Ce qui le prouve, c’est la coïncidence de l'anneau avec la direction générale des bandes, et avec relie du mouvement apparent des taches qui ont permis de déterminer lu rotation de la planète.
Que, dans des circonstances favorables, on dirige sur l'anneau un télescope suffisamment puissant, on verra sur sa surface des bandes sombres, semblables aux zones de la planète. L’une de ces baudes ayant paru affecter une permanence incompatible avec l'admission de la même cause atmosphérique qu'on assigne aux zones, on conjectura qu'elle provenait d'une séparation, d'une division effective de l'anneau en deux anneaux concentriques placés l'on dans l'autre. Cette conjecture se changea en certitude, lorsqu'on eut découvert que la même bande ou ligne sombre se voit dans la même position, de chaque côté de l’anneau. Quelques observateurs ont assuré même qu’on a vu des étoiles par l’intervalle des anneaux : mais ceci demande confirmation. Toutefois, on considère comme prouvé que le système consiste en deux anneaux concentriques d’inégale largeur, l'un placé en dehors de l'autre, et sans contact réciproque.
Pendant que la planète est entraînée autour du Soleil par son mouvement orbitaire, les anneaux se présentent aux observateurs terrestres sous des aspects différents. Dans deux des positions de la planète à des points opposés de son orbite, l’anneau se montre de champ, son plan passant alors par la Terre. Elle prend ees positions tous les 15 ans (terrestres) environ, ou chaque demi-année saturnienne. Si l’anneau était assez épais pour qu'on le put voir distinctement, si son épaisseur était uniforme, il aurait alors l’aspect qu’on lui donne figure 1 .
A mesure que la planète abandonne ees positions, les anneaux s’inclinent de manière à former un angle sensible avec la ligne visuelle ; eet angle s’accroissant d’année en année, ils se montrent de plus en plus ouverts, connue on le voit figure 2, jusqu’à ce que, après un intervalle de 7 ans */« , ou 'Ia d'année saturnienne, le plan des anneaux forme le plus grand
LES PLANÈTES
Fig. 1.
angle possible (d’environ 28 degrés) avec la ligne visuelle. Alors l'aspect îles anneaux est celui île la ligure 3.
Les époques où les anneaux se présentent de champ à la Terre sont, à très-peu près, identiques à celles des équinoxes saturniens. 1a dernière, fois, ce fut en 18-18 ; la prochaine, par conséquent, aura lieu en 1863.
En 1818, l'anneau s'offrant de champ, M. Julius Schmidt, de l'Observatoire de llonn, en profita pour faire quelques observations fort curieuses et dignes d’intérêt. Au lieu de présenter l'aspect d'une ligne de lumière unie, nette, ainsi que le montre la ligure 1, l’anneau ne montra qu’une ligne brisée, inégale.
Parmi les dessins télescopiques exécutés par M. Schmidt à cette occasion, nous en avons choisi quatre (lig. 1 , 5, 6 et 7). Ces ligures représentent seulement les apparences du bord des anneaux , et non celles des lamdes du disque de la planète.
La ligure -4 représente l’anneau vu le 26 juin.
La ligure 5 représente l’anneau vu le 3 septembre.
La figure 6 représente l'anneau vu le 5 septembre.
l.a ligure 7 représente l'anneau vu le 1 1 septembre.
Fig. 2.
«'■(vais sur certains points que sur certains autres. Dans certaines parties, il est trop mince pour être visible, tandis que dans d’autres, où des montagnes considérables lui donnent plus d 'épaisseur, il est apparent.
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LES PLANETES
Mil.
La largeur des anneaux, celle des intervalles qui les séparent l'un de l'autre et de la planète, ont été soumises il des observations mici-ome-
Fic. s, 5, o, 7.
triques ( 16 ) très-précises, et les résultats obtenus par divers observateurs ne différent pas entre eux de la quarantième partie de la quantité totale
Digilized by.Gocgle
SONT-ELLES HABITÉES? r.!>
mesurée. Dans le tableau suivant, on donne le résultat des observations mierométriques du professeur Struve l'eduites à la distance moyenne.
G minicar apparente en
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moyenne.
En demi- «Jimnétrcs tfc la plaik'le.
Milles.
Demi-diamètre île la planète. . . . .
Demi-diamètre ultérieur de l'anneau extérieur.