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Dcmi-diamt ire intérieur dv l’anneau extérieur.
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Largeur df* 1 anneau extérieur
Déni i-dia mètre extérieur du ranneau intérieur.
Demi-diamètre intérieur de l'auneau intérieur.
Largeur du 1 anneau intérieur
Ouverture de l'intervalle entre les deux amiraux. Ouverture de l'intervalle entre la planète • t
1 anneau intérieur
■ Largeur de l’un et l'autre nninau, y compris
l'intervalle
Fl... 8.
Les dimensions relatives des deux anneaux et de la pluuùte qu'ils entourent sont représentées dans la tiiiure 8, projetée sur le plan commun des anneaux et de l'équateur de la planète. Chaque division de l’échelle y annexée représente f>000 milles (-2000 lieues).
LES PLANÈTES
Le résultat le plus inattendu des oliservations télescopiques récentes sur Saturne a été la découverte d'un anneau composé, suivant toute apparence, d une matière réfléchissant la lumière beaucoup plus imparfaitement que la planète ou les anneaux déjà décrits ; mais le plus extraordinaire, c'est 1|ue cette matière est à tel point transparente qu’on peut voir le corps de la planète au travers.
En 1838, le docteur dalle, de l’Observatoire de Berlin, remarqua le phénomène suivant. Il observa qu’une sorte d’ombre s'étend depuis l’anneau intérieur jusqu’à la surface de la planète, comme si la matière solide de l'anneau se prolongeait par delà la limite de sa surface éclairée, et que ce prolongement de la surface se manifeste, par une clarté très-faible, analogue à une pénombre, ('.aile a publié les mesures de cette surface obscure dans les Transactions de Ilerlin de la même année.
Le phénomène cependant attira très-peu l'attention jusque vers la lin de 1830. A celte époque, le professeur Bond, de Boston, et M. Dawes, en Angleterre, non-seulement le reconnurent, mais ils déterminèrent son caractère et sa configuration avec une grande précision. Les observations du professeur Bond ne furent pas connues en Angleterre avant le 4 décembre; mais, le 29 novembre, M. Dawes donna du phénomène une explication très-satisfaisante. Cet astronome appela, le 3 décembre, l'attention de M. Lasscll sur ce sujet, et tous deux, dans la soirée du même jour, l'examinèrent à l’observatoire de M. Dawes; immédiatement ils publièrent leurs observations et descriptions, qui parurent en Europe au même moment que celles du professeur Bond.
Toutefois, jusqu’à 1852, la transparence ne put être pleinement consultée. D'après ses observations du mois de septembre, M. Dawes en suspectait très-fort l’existence ; mais, vers le même temps, elle était parfaitement reconnue à Madras, par le capitaine Jacob, et au mois d’octobre, à Malte, par M. Lasscll, qui avait transporté son observatoire dans celte île pour jouir des avantages d’une latitude plus basse et d'un ciel plus serein. Ces observations ont prouvé péremptoirement que Saturne possède un appendice annulaire semi-transparent, — phénomène unique.
La figure 3 représente la planète entourée de son système d’anneaux. Elle a été faite d’après l’esquisse originale, due à M. Dawes.
La division principale des anneaux brillants est visible sur toute sa circonférence. La ligne noire, qu’on suppose une division de l’anneau externe, est visible dans le dessin de M. Dawes ; mais M. Lassell ne l’a jamais remarquée.
Eu 1851 et 1852, M. Dawes a distinctement vu une ligne mince, trèsbrillante, au bord intérieur de l’anneau brillant interne.
L'anneau brillant interne est toujours un peu plus brillant que la planète. Cependant il ne l'est pas uniformément. Son éclat est plus intense sur le bord extérieur, et diminue insensiblement jusqu'au bord intérieur, où il devient si faible qu'on peut à peine déterminer sa limite précise. On dirait que son pouvoir de rétlexion n’est pas plus grand sur ce point-là que celui de l’anneau obscur qu'on a découvert récemment. L’espace libre, ouvert, entre l’anneau et la planète, a la même couleur que le ciel environnant.
Les anneaux doivent évidemment offrir, aux habitants de Saturne, un coup d’œil pittoresque; ils doivent jouer un rôle important dans l’uranographie (17) de ce peuple. La détermination de leur grandeur apparente, de leur forme, de leur position, par rapport aux étoiles fixes, au- Soleil, aux lunes de Saturne, a conséquemment plus ou moins fixé l'attention des astronomes. Il est singulier néanmoins que, quoique le sujet ait été discuté, traité par des autorités différentes pendant trois quarts de siècle, les conclusions auxquelles on est arrivé, les opinions qui ont été généralement exprimées et adoptées, soient complètement erronées.
Dans le Jahrbuch de Berlin pour 1786, le professeur Bode publia un essai sur la question. Quoiqu’il ne put se baser que sur les données incomplètes de son temps, son opinion ne parait pas différer matériellement, en principe, des opinions professées aujourd'hui par les plus éminents astronomes.
Dans ses Esquisses d'astronomie, publiées en 18-19, sir John Herschel dit que les anneaux, vus de Saturne, ont l’aspect de grandes arches qui s’étendent sur le ciel , d’un horizon à l’autre, et que l’hémisphère de la planète qui regarde leur côté obscur subit une éclipse solaire d une durée de quinze mis.
Celte opinion, qu’ont reproduite la plupart des écrivains d'Angleterre et du continent, est complètement inexacte. Enpremier lieu, les anneaux n’occupent pas une position presque invariable parmi les étoiles. Au contraire, leur position par rapport aux étoiles fixes est sujette à un changement si rapide que les observateurs saturniens doivent le voir s’opérer; car les étoiles situées d’un côté des anneaux passent à l'autre d’heure en heure. En second lieu, un phénomène comme une éclipse d’une durée de quinze ans, ou aucun autre analogue, ne peut se produire en n’importe quel point du globe saturnien.
Parmi les observateurs du continent qui ont récemment soumis la
LES PLANÈTES
question à un nouvel examen, le plus éminent est le docteur Madler, à qui la science a tant d'utilisations pour ses recherches et ses observations sur le caractère physique de. la Lune et de Mars.
Cet astronome soutient , comme Herschel , que les anneaux occupent une position fixe dans le firmament, leurs liords se projetant sur les parallèles •de déclinaison , et qu’en conséquence tous les objets célestes sont emportés par le mouvement diurne dans des cercles parallèles ; d'où il suit que, dans la même latitude saturnienne, les mêmes étoiles sont toujours couvertes par les anneaux, et qu'on voit toujours les mêmes étoiles à la même distance de ces anneaux.
Ceci est encore inexact. Les zones du firmament couvertes par les anneaux ne sont pas hormies [Kir des parallèles de déclinaison (18), mais par des courbes qui coupent ces parallèles suivant différents angles.
Le docteur Madler calcule longuement les éclipses solaires qui ont lieu pendant l’hiver, moitié de l'année saturnienne. Il compute la duree de ces diverses éclipses dans les différentes latitudes de Saturne, et donne un tableau dont il résulterait que 1rs éclipses solaires que détermine l'anneau intérieur ont une durée de trois mois à plusieurs années, que la durée des éclipses produites par l'anneau externe est plus grande encore, enfin que la durée [tondant laquelle se montre le soleil dans l'espace intervallaire des anneaux varie, suivant les latitudes, de dix jouis à sept et huit mois.
Ces conclusions et computations diverses de Bode, d'Herschel, de Madler et d’autres encore, le raisonnement qui leur sert de base, sont tous erronés ; les phénomènes solaires qu'ils décrivent ne correspondent nullement, ne ressemblent en aucune façon aux phénomènes uranographiques réels.
Le problème de l'aspect des anneaux dans le firmament saturnien, île leur effet eu occultant et en éclipsant occasionnellement et temporairement le soleil, les huit lunes et d'autres ohje's célestes, a été complètement ■ discuté et, pour la première fois, complètement résolu dans un mémoire du docteur Lardner. Ce mémoire, lu, en 1 853, à la Société royale d'astronomie, a été publié dans le volume XXII de ses Transactions.
L'auteur y démontre que le merveilleux appendice annulaire de Saturne, appendice dont l'utilité n’est pas encore découverte, no saurait être une cause de ténèbres prolongées , île désolation pour les habitants de la planète, d'aggravation dans les rigueurs de leur hiver do quinze ans, comme on devait le croire d’après le raisonnement des astronomes éminents dont on a parlé, et de beaucoup d'autres qui ont adopté leurs conclusions ou qui y sont arrivés par d’autres arguments.
Au contraire, il est démontré que, par le mouvement apparent du ciel, mouvement dont la cause est la rotation diurne de Saturne , les objets
célestes, et naturellement le soleil et les huit lunes, ne sont pas entraînés jiarallèlement aux lainls des anneaux, comme on l'a supposé jusqu’ici ; qu’ils se meuvent de manière à passer alternativement d'un côté à l'autre de chacun de ces bords ; qn'en vénérai tons objets qui passent sous les anneaux ne soin qu oerulti-s par eux. pendant nue courte durée, avant et après leur culmination méridienne 19;. \ la v<iité. dans quelques circonstances rares, exceptionnelles, certains objets, le Soleil entre autres, sont occultés depuis leur lever jusqu'à leur coucher ; mais la continuité de ce phénomène n'est pas telle qu'on l'a supposé, et les lieux où il se produit sont beaucoup moins nombreux. En un nmt. il ne se présente pas tel qu’il puisse dépouiller la planète de quelque condition essentielle à son habitabilité.
I.’aspect offert par l'anneau aux habitants de Saturne doit varier beaucoup avec la latitude de l'observateur et la saison de l’année. Pendant l’été (la demi-année saturnienne), l’observateur et le Soleil se trouvant du même côté de l’anneau, celui-ci se montrera sous la forme d’un arc assez semblable à celui d'un arc-en-ciel, mais avec une surface semblable à celle de la lune terrestre.
Le sommet ou le plus haut point de cet arc sera sur son méridien, et les deux parties (buis lesquelles il sera divise par ce méridien seront égales, similaires, et descendront vers l'horizon à des points également distants du méridien. La largeur apparente de cet arc éclaire aura son plus haut degré sur le méridien , et décroîtra en descendant des deux côtés vers l’horizon, où elle aura son moindre degré. La division, ou l’ouverture, entre les deux anneaux sera apparente, et, sauf pour les lieux situés à une très-faible distance de l'équateur, le firmament sera visible à travers rette ouverture.
La distance à l’équateur réleste du bord de l’arc ne sera pas partout la même, comme on l’a prétendu. I .a partie de l'arc située sur le méridien sera la plus éloignée de l'équateur; et en descendant vers l’horizon des deux côtés, la déclinaison de son bord décroîtra graduellement , de sorte que les points qui sont sur l'horizon seront plus voisins de l'équateur que les autres points.
< »n peut se faire une idée des variétés d'aspect présentées par l’anneau dans les différentes latitudes de la planète. Il suflit de suivre en 'imagination un observateur partant du pôle saturnien, qui est sur le même côté de l’anneau que le Soleil, pour se rendre le long d’un méridien vers l'équateur. D'abord, la convexité de la planète interceptera compléte-
tti LES PLANÈTES
ment la vue de l’anneau, et, comme on l'a démontré dans le mémoire dont il a été parlé, il en sera ainsi jusqu'à ce qu'on ait atteint une lati-
Fic. o.
lude inférieure à 63° 20' 38' (03 degrés, 20 minutes, 38 secondes’ . A cette latitude, l’anneau viendra se montrer à l'horizon de l’observateur, qui le verra de plus en plus jusqu'à ce qu'il soit descendu ii la latitude
Fie. 10.
de 47° 33’ 31"; alors il verra les deux anneaux tels qu’ils sont représentés ligure 9.
A des latitudes plus basses encore, les anneaux s’élèveront de plus
Fie,. 11.
en plus au-dessus de l’horizon , et prendront la forme d’un arc double . comme on le voit ligure 10.
Comme l’observateur gagne une latitude de plus en plus liasse, l’are
prendra une position de plus en plus élevée et mesurera une portion plus considérable du firmament, figures 11, 12, 13.
Fie. 12.
On fait observer que, dans tous les cas, l’ouverture de l’arc décroît du méridien à l’horizon et avec la latitude de l'observateur.
Dans la figure 1-1, on a représenté une portion de l’anneau, avec les
Fio. 13.
satellites tels qu’ils sc montrent au-dessus de lui et offrant différentes phases lunaires.
Il nous faut renvoyer ceux qui désireraient suivre l'étude de Saturne
Fie. 11.
et de son uranograpbic dans tous ses détails, au mémoire déjà cité (voy. Transactions of tlie Itoijal .Astronomical Society) et au chapitre lô de V Astronomie du D r Lardner.
LES PLANÈTES
Nous avons présenté au lecteur une légère et rapide esquisse des circonstances dont s'accompagnent les deux principaux groupes de globes qui composent le système solaire. Nous avons expliqué les analogies nombreuses et frappantes qui, réunies, démontrent que, dans l’économie de l’univers matériel, ees globes doivent servir les mêmes desseins que la Terre, et, comme la Terre, donner asile à des races d’êtres analogues, sinon semblables, aux races terrestres.
Les différences d’organisation, de caractère, que rendraient probables ou néeessiteraient, soit les différences de distance de chaque planète à la source commune de lumière et de chaleur, et les différences subséquentes de l’intensité de ces agents sur les planètes-, soit les différences dans le poids des corps à la surface de chacune, produites par les intensités différentes de leurs attractions sur les corps ; soit les différences des intervalles qui marquent les alternatives de jour et de nuit; — ces différences d'organisation, on le répète, ne sont pas plus grandes, pas plus sensibles dans le monde organique des planètes qu’elles ne le sont dans le monde organique répandu sur les différentes régions du globe terrestre. Les animaux et les végétaux des zones tropicales différent en généivd des animaux et des végétaux qui occupent les zones polaires et tempérées; et même, sous la même zone, on rencontre, à des hauteurs différentes au-dessus du niveau de la mer, des espèces différentes de créatures organisées. Or, dans les variétés ou différences d’organisation nécessitées par les conditions physiques qui affectent les planètes, y a-t-il quelque chose de plus merveilleux que ce phénomène?
Mais ces arguments, ces analogies qu’on a fait valoir, trouveront un t surcroît de force dans les considérations suivantes. Il est prouvé que les corps du système solaire autres que les planètes ne peuvent avoir d’habitants.