MANIERE DE CHANGER LES PARTIES
Quelquefois pour repondre à un sujet^ou pour la beauté du chant,, le compositeur sera, oblige de changer la resolution des dissonauees .Aoulant donc ne lui rien laisser ign«rer«, je donnerai quelques exemples par lesquels il pourra comprendre facilement comment on doit et comment on peut faire ce changement .
Naturellement les dissonances ainsi quon la dit jusqu'ici doivent toujours descendre, dîatoniquemeiit. mais quelquefois lorsqu'il est nécessaire. on peut les faire monter ou iinenie leur taire faire des sauts en haut ou en bas,, sans faire de faute: il suffit qu'il y ait un' échange entre les parties et qu'après cet Miange ou dans féchange même, elles se trouvent résolution- . Par exemple la septième mineure sans préparation peut sauter au triton, et se résoudre
ensuite a la sixte .
j ..Le triton peut sauter a la fausse quinte et se. résoudre a la troisième comme dans
les exemples suivants .
Dans l exemple suivant ^on voit de quelle manière on peut changer la seconde qui reste pour la tierce ^gfe l ensuite la septième résolue à la 6rine majeure et enfin le changement à la neuvième .
CONSEILS GENERAUX POEK RIEN ECUIRÉ
V Lorsqu'on passe duu ton a un autre, il faut faire eusorte de moduler a\c% douceur et. le plus naturellement possible , pour que la composition conserve un caractère agréable et gracieux, qui plaise à roreille des auditeurs .
2° Il laut éviter la similitude des cadences et la répétition des mêmes formes de ehant^tant dans la disposition des voix, que dans celle des instruments • ce conseil est applicable à toutes les espèces de compositions . Les chanteurs appellent cacophonie cette répétition des mêmes formes .
5°Quand le compositeur fait quelque passage qui lui parait devoir être répète, il n'est pas bon de le faire plus de deux fois de suite dans le même ton . ♦° Dans quelque genre de composition que ce soit, pour le" rendit agréable, il laut avoir fart d'y faire entrer des traits . saillants , particulièrement vers la fin- mais surtout^il faut qu'ils soient d'accord avec le caractère des paroles, sans quoi ils manqueraient tout leur eftet .
5° Le premier devoir d'un maître est de conformer le style de sa composition a celui des paroles pour lesquelles il ecrit^ parconsequent , il faut qu if connaisse la dillèren'-c qui doit se trouver entre le style de l'église, celui du théalre sérieux et celui du théâtre bouffon .
6° Ainsi que les peintres se servent de diverses couleurs, mélangées é de dillerentes manières pour faire ressortir leurs tableaux, de même le uiusm ien -pour faire * ressortir sa composition , doit se servir des nuances d«s forte^piano , des ions augmentes , diminues : de ces nnlorzando qui commencent doux et s'accroissent toujours de plus en plus comme les ondes de la mer, en y mêlant comme on l?a dit des traits piquants ,dont les plus remarquables doivent être exécutes pour l'ordinaire a voix douce, affaiblie ou fortè d'abord et qui finit en mourant . Lorsque plusieurs mesures présentent la même idée , on commence doux dabnrd et toujours en, croissant de plus en plus.
7° Semblables encore aux peintres et aux sculpteurs , qui proportionnent leurs ouvrages a la grandeur et à l'élévation du lieu'où ils doivent être placés , de même le musicien qui veut jouir du délicieux plaisir d'emporter tous les suffrages doit proportionner sa composition à la grandeur du lieu et a I habileté des exécutants . ii"Lorsquon écrit un second violon jil faut s'y prendre de manière a ne pas couvrir
Ijdce du premier ou le mettre à l'unisson *? sans quoi Ion est étonné » l'exécution, de se voir trompe dans son. attente et au. lieu d'une harmonie flatteuse .y de n'entendre qu'un pur charivari .
3° Cette contusion nait encore quelquefois de ce que lune des parties fait trois note» de valeur égale par chaque temps ? tandis que l'autre aen fait que deux . On'y r»<r edie en mettant une seule note, contre les trois ou en mettant un point entre la première et la seconde note
afin 'îue la dernière des trois vienne à battre contre celle .m* suit le , point .
i0° Le compositeur qui veut mériter le titre de maître. doit se former un style particulier j cest à dire une manière d'écrire qui ne soit pas tout à fait semblable, a celle de* autres .
il0 S'il veut se perlectionner . il laut qu'il étudie avec soin les compositions des autres maîtres et pour ne pas gâter son génie , qu'il s'attache seulement aux ouvrâtes des auteurs célèbres jautrement.il y perdrait plus qu'il n'y gagnerait.
.12° Dans la musique d'église,, comme dans celle de théâtre , il n'est pas bon de répéter les paroles avant que le sens de la phrase soit fini ou du moins arrête .Par exemple si Ion veut laire un dixit ,011 doit mettre en musique toutes ces paroles Dixit dominus domino meo : sede à dextris m'eis.OuIes répète ensuite tant quon veulimais pourtant a\ec sobriété . Au théatre9il faut mettre de suite ces deux vers.:.. Va.tra le selve. ircan«5 barbaro genitore : Aas fuiSjpere cruel.)
Dans les forets sauvages,
On peut répéter ensuite j mais il fauteur toutes choses j ne répéter que les mots
importants ? que ceux qui portent expression- c'est » cette condition seule que le
noëte en laisse la liberté au musicien .On en, doit conclure que les répétitions ,
(nécessaires en musique pour donner au chant l'étendue convenable) ne sont pas
entièrement à la disposition du compositeur qu'il ne doit pas en abuser et
) tout .ju'il ne doit pas s'en permettre une avant que le sens soit suspendu ou termine ,
13' Pour finir une phrase musicale, il faut taire attention particulièrement a éviter les contretemps , quoique plusieurs maitres paraissent n'être pas scrupuleux sur ce point .Ces contretemps ont lieu, lorsque dans une mesure à quatre temps, on t'ait une cadence sur la troisième - Lorsque cette mesure vajres vile, pour éviter la faute des contretemps ■ il faut la régler de deux mesures lune et c» taire autant pour la mesure â capella , la mesure à I ,.à a et à 4 . Ainsi lors,(uon bit une cadence, la tonique doit toujours être sur le premier quart de la mesure;, autrement on tomberait infailliblement dans la faute des contretemps. 14" On exige encore l'égalité dans les ■ rps Ç«\\ accord» ri 'harmonie). Par exemple si l'on bit un accord de ' pendant toute une mesure et qu'on veuille lui en faire succéder un de il but que ' soit également dune mesure 5 autrement ^on sent je ne sais quoi de gauche et même quelquefois de déplaisant dans la composition : il en est de même pour tous les accords .
15° Le compositeur doit encore faire une grande attention a ce que sa manière d'écrire n'oblige pas le chanteur d'estropier la prosodie des paroles ; c'est -à .d.re de prononcer brève une syllabe longue ou longue une syllabe brève ; faute qui ierait d'autant plus sentie, qu'elle est plus à la portée de tout le monde . 16" Toutes les fois qu'on emploie des notes syvnpees , il est nécessaire quil y ait • une partie qui ne sy uoope pas, afin de partager et de faire sentir les temps et que l'dee du compositeur paraisse claire , distincte et sans confusion. J a\ eÉ » s„ ]> ur conclun , l-s compositeurs , que toutes belles el bonnes que soient les règles du contrepoint ,ils ne doivent cependant pas s\ attacher en esclaves . La musique a ete inventée pour charmer l'oreille en lui transmettant 1 expression qu'eiige les paroles et elle est toujours bonne lorsquelle atteint ce but : je ne prétends pas dire néanmoins qu il bille faire des fautes pour écrire de bon goui . j'avertis seulement que c'est ce bon gout , qu'il faut particulièrement rechercher quand on »Vst bien familiarise avec les règles et'quon en i>*ssede-une connaissance parfaite .