‹ Le Musiciens Celebres: DebussyChapitre 24 sur 37 · Cf. Monsieur Croche, antidilettante · texte numérisé non relu

Cf. Monsieur Croche, antidilettante

harmonieuses. Ils en gardèrent un petit air terriblement gèné : mais d'impérieux contrepoints les sommèrent d'avoir à oublier leur paisible origine. »

Il va de soi que cette critique ne visait aucunement des transcriptions, telles qu’en réalisèrent Bourgault- Ducoudray, M. Vincent d’'Indy, M. M. Emmanuel, ete. dans leurs intéressants recueils de Chants populaires — mais qu'elle blâmait l'emploi artificiel de ces chants, l'élaboration pénible de symphonies plus ou moins cycliques — (exception faite, je suppose, pour celle de M. d'Indy sur un thème cévenol). |

Mais ce genre de symphonies, en général dictées par l’orgueil de vouloir écrire une œuvre « sérieuse » et qui ait du poids, Debussy ne s’en rendit jamais coupable. Il savait rester libre, dans son amour de la musique, jusqu’à la liberté envers son propre orgueil :

« En art, on n'a à lutter le plus souvent que contre soi-même, et les victoires que l’on y remporte sont peut-être Les plus belles. Mais par une ironie singulière, on a peur, en même temps, d’être victorieux de soimême, et l'on aime mieux tranquillement faire partie du public ou suivre ses amis, ce qui revient au même‘. »

D'ailleurs, quelle modestie dans son rôle de critique musical, et quel soin de nous avertir :

« J'aime trop la musique pour en parler autrement

1. La liberté de Debussy à l'égard des opinions deses amis, nous ne saurions trop l’admirer. Même lorsqu'il témoignait une grande déférence à tel artiste, il savait rester libre, et au besoin ne pas lui cacher ce qu'il pensait. Voyez à ce sujet la dernière des lettres de Claude Debussy à Ernest Chausson, publiées dans le numéro de la Revue Musicale consacré à Chausson (décembre 1925).

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