‹ Le Mutilé de la Guerre dans l'IndustrieChapitre 11 sur 55 · Le Correspondant, 25 avril 1917, p. 286 et · texte numérisé non relu

Le Correspondant, 25 avril 1917, p. 286 et

mm 27 —

s’interner pour apprendre un métier. On compte parmi eux une quinzaine d'hommes mariés. En deux mots l'installation intérieure de l’œuvre réunit toutes les conditions d'hygiène et de sécurité matérielle, Des terrains de jeux physiques ont été aménagés pour permettre aux hommes de rééduquer leurs membres valides et malades. Ils en usent avec joie.

« Minimum de statuts, de comités, de personnel et de commissions administratives pour aller vite et bien...

« L'Ecole comprend les enseignements suivants :

1° Comptabilité et cours de commerce : 25 élèves. Professions antérieures : charbonnier, maçon, teinturiers, cuisiniers, modeleurs, vignerons, ajusteurs, plombiers, cultivateurs;

2° Tailleurs : 18 élèves. Professions antérieures : cultivateurs, bouchers, maçons, couteliers, camionneurs, caoutchoutiers ; 4

2° Cordonniers : 25 élèves. Professions antérieures : cultivateurs, mineurs, maçons, chauffeurs d’automobiles, peintres, plâtriers ;

4° Menuisiers : 15 élèves. Professions antérieures : cultivateurs, terrassiers, métallurgistes, cheminots, tisseurs ;

5° Relieurs, brocheurs: 16 élèves. Professions antérieures : cultivateurs, charpentiers, coiffeurs, mineurs, tisseurs.

« M. Herriot vient de cféer une organisation mer-

219 9 mr

veilleuse qui sera fertile en résultats, Il faut suivre son exemple et celui des œuvres scandinaves.

l'Ecole professionnelle avec internat et externat reste le type indispensable à créer, telle que je l’avais décrite, telle que nous la voyons instituée à Lyon » (1).

Nous emprunterons à M. Herriot lui-même les ren- seignements concernant la seconde :

« Notre deuxième école, plus largement disposée dans le magnifique clos de Tourvielle, comprend tout d’abord : l’atelier de menuiserie, l’atelier de tailleurs et l’atelier de cordonnerie, classiques désormais dans toute formation de rééducation. Aucune profession ne convient mieux que la cordonnerie à ces ouvriers, d’origine agricole pour la plupart, dont l'ambition légitime est de retourner au pays natal. Plusieurs de nos anciens pensionnaires sont déjà réinstallés dans leur village ; leurs lettres nous prouvent qu’ils y ont trouvé l’aisance et la considération. Une section d'horticulture sé consacre spécialement à l’étude de la taille des arbres, à la production des primeurs et des fleurs ; elle fournira d’excellents jardiniers de maison bourgeoise.

« Tous nos élèves, quelle que soit leur nouvelle occupation, sont soumis à une instruction générale.

1. D’ Borne, la Rééducation et la réadaption au travail des blessés et des mutilés de la guerre, déjà cité. (

L’instituteur nous paraît être.la pierre angulaire de toute école de mutilés. Pour les plus actifs d’esprit, nous avons fondé un cours de télégraphie sans fil qui réussit à merveille. Nous offrirons à la Marine et aux colonies d’excellents agents.

« Enfin nous avons tenu à ouvrir, au centre même de notre établissement, une Ecole de prothèse, Tous ceux qui se sont occupés des mutilés savent combien est difficile à résoudre le problème des appareils orthopédiques. A Tourvielle, nous avons pu commencer une fabrication dont les premiers résultats apparaissent très encourageants. Le mutilé devient orthopédiste. Est-il rien de plus logique et de plus utile tout à la fois ? (1) »

Nous arrêterons là notre revue de l'initiative privée. Elle était simplement nécessaire pour montrer l’élan de générosité qui s’est manifesté en France en faveur de nos glorieux blessés.

Les résultats obtenus sont des plus satisfaisants.

N’oublons pas que ces œuvres ont été aux prises avec de grosses difficultés qui, pour la plupart, ont été surmontées. Il a pu y avoir des erreurs. En tous cas, sachons profiter de leur expérience et rendonsleur le juste tribut de notre reconnaissance.

Page 1