VIVE LE ROI
Vive le roi!... Comme les faux prophètes L'ont enivré de ce souhait trompeur !
Comme on a vu ciimacer à ses fêtes
La Xaiiite, riutcrôt et la Peur !
Au hruit de l'or et des croix qu'on ramasse , Devant le char tout s'est précipité; Et seul , debout , je murnuire à voix basse : Vive la liberté!
Vive le roi ! Quand des mages serviles D'un dieu mortel flattaient ainsi l'orgueil , Un autre cri , tombant des Tliermopyles , Vint tout à coup changer leur tète en deuil. De l'Arcliipel aux rives du Bosphore, Après mille ans l'écho l'a répété , Et la victoire a pour devise encore : ^
Vive la liberté!
Vive le roi ! de nos vieilles tourelles Ce cri souvent ébranla les arceaux , Quand les seigneurs faisaient pour leurs querelles Au nom du prince égorger les vassaux.
Dans ces débris, où leur ombre guerrière Afiite encor son glaive ensanglanté , Le voyiigeur écrit sur la poussière :
Vive la liberté!
\ ive le roi ! La voix de la vengeance Se perd toujours au bruit de ce refrain ; Pour endormir sou éternelle enfance, Voilà comment on berce un souverain ; Mais quand la foudre écbite et le réveille, Seul, sans flatteurs, le prince épouvanté
i LE MYOSOTIS.
lùitend ces mois gronder à sou oreille : Vive la liberté !
Provins, 1828.