‹ Le myosotis (volume 2)Chapitre 32 sur 73 · L'ÉCOLIÈRE · texte numérisé non relu

L'ÉCOLIÈRE

Approchez , aimable écolière, Vous qui fûtes maîtresse un jour ; Approchez, et, moins familière Avec Lhouiond qu'avec l'amour, Instruisez-vous : chacun son tour.

Mais, par un doux air de folie, Grand Dieu ! comme elle est embellie.

Finissez, Rose, finissez :

Est-ce l'instant d'être jolie ?

Finissez, Rose, finissez, .Te suis le maître, obéissez.

Quoi ! vous épelez, incertaine, 3Iême un chapitre de roman ; Attendez-vous la soixantaine Pour savoir lire couramment Les petits vers de votre amant ?

Mais que demande ce sourire ?

Pourquoi ce l)ra3 nu qui m'attire ?

Finissez, Rose, finissez:

Est-ce dans mes yeux qu'il faut lire ?

Finissez, Rose, finissez :

Je suis le maître, obéissez.

La grammaire vous effarouche, Et j'entends rire à mon côté Lorsque les .S dans votre bouche Usurpent la place des T :

Quel soufflet pour ma vanité !

Mais cette bouche que j'accuse Veut se défendre par la ruse.

Finissez, Rose, Unissez :

Un baiser n'est pas une excuse.

Finissez, Rose, finissez :

Je suis le maître, obéissez.

Ilélas ! elle est encor maîtresse ;

Le livre échappe de sa main :

Il tombe, et s'effeuille... Ah ! traîtresse,

Vous le foulez avec dédain,

Vous triomphez, mais c'est en vain.

Ne pas céder est mon système :

Passons au chapitre deuxième.

Vite, vite recommencez,

( Dût la leçon finir de même ! )

Vite, vite, recommencez :

Je suis le maître, obéissez.

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