‹ Le myosotis (volume 2)Chapitre 33 sur 73 · BÉRANGER · texte numérisé non relu

BÉRANGER

Il dort sous des ombrages verts

Quand la Liberté le rappelle :

Il dort, le poète, infidèle

A ces captifs qui, dans les fers,

Attendaient l'aumône d'un vers.

Et pas de lyres qui les plaignent,

Pas un Blondel pour soulager

Tous ces Cœur s-de- Lion qui saignent!.

Ah Dieu ! si j'étais Béranger !

Au Luxembourg, mon vers vengeur Irait frappant de stalLe en stalle; Et sa chiquenaude brutale Au front d'airain du vieux jugeur Ferait connaître la rougeur.

Je saurais dégoûter, j'espère, Et Perrin-Dandin déjuger, Et Petit-Jean d'être compère...

Ah Dieu ! si j'étais Béranger !

Je consolerais les Amours :

De la beauté j'ai vu les larmes

Lt MYOSOTIS. 87

Couler sur ili's i;;uit> de izondarnies,

Kt sa plaiute touibor toujours

Sur des cœurs et des barreaux sourds.

Triste, en rêvant au long martyre

Qu'on lui défend de partager,

Lisette a perdu son sourire...

Ah Dieu ! si j'étais Béranger !

L'avenir est si beau là-bas !...

A des chants d'espoir tout l'engage.

A -t-il remis sa montre en gage, Le poète ? et ne sait-il pas Combien le temps a fait de pas .' Pour montrer du doigt sur la rive.

Au siècle qui va naufrager, Les (leurs dont le parfum m'srrive.

Ah Dieu ! si j'étais Béranger !

Lui-même a vinut fois en chantant

Bravé les bètes du prétoire ;

De dormir avant la victoire,

Après avoir guerroyé tant,

Il a droit sans doute, et pourtant...

11 faut, viennent Ips représailles,

Vienne un Juillet ou l'étranger,

l'n Tyrtée aux champs de batailles !...

Ah Dieu ! si j'étais Béranger!

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