I.K M V usons
On va liieii loin , yiiide par une étoile amie; Kntre riionnne de i:lt)ire et l'iioii nie (l'infamie, Pour eomliler la distanee il fallait un peu d'or. De l'or ! un horizon plus large que le nôtre ! Kl Fiesclii , l'enlant corse , eût jrrandi comme l'autre Le beau Corse de messidor.
A mV:dor.
Heureux Médor, si j'ai bonne mémoire, .le t'ai connu jadis ni.i:;zre et hideux ; Chien sans pâtée, et poëte sans gloire, Dans le ruisseau nous barbottions tous deux. Lorsqu'à mes chants si peu d'échos s'énteuvent Lorsque du ciel mon pain tombe à regret, A tes abois Dieu sourit , les os pleu\ent : Lhien parvenu, duune-moi Ion secret.
Aux chiens lépreux , oui , le malheur m'égale :
Battu des vents, par la foule outragé,
Si je cares.se , on a peur de la gale ;
Si j'égratigne , on m'appelle enragé.
Pour qu'au bordieur je puisse enfin renaître,
Dieu sait pourtant (|u'un |)eu d'or suffirait;
MH LE MYOSOTIS.
Bien peu... celui de ton collier, peut-être: Ciiien parvenu , donne-moi ton secret.
J'eus comme toi mes longs jours de paresse ,
Un lit moelleux et de friands morceaux ;
J'ai frissonné sous plus d'une caresse,
Dabuis moqueurs j'ai talonné les sots.
Puis , dans la foule où l'on pousse, on l'on lieugle,
J'ai vu s'enfuir Plutus qui s'égarait :
Pour devenir le chien de cet aveugle ,
Chien parvenu, donne-moi ton secret.
Aux dominos sais-tu conunent l'on triche ?
TXouveau Paris arbitre de beauté,
As-tu donné la pomme à la plus riche.
Fait le gentil , fait le mort, ou sauté?
Ton sort est beau : moi, chien d'humeur bizarre,
Pour égayer le Riche à son banquet ,
Je ne sais rien... rien que flatter Lazare :
Chien parvenu , donne-moi ton secret.
Tombé , dit-on , dans un pays de fées, Dont la laideur mit le peuple en émoi , On essuya tes pattes réchauffées , De blanches mains te bercèrent ; mais moi !... Chien trop crotté pour que la beauté m'aime, Si j'entrais là, le pied me balairait.
Hué de tous , et mordu par toi-même :
Chien parvenu , donne-moi ton secret.
IF. MYOSOTIS. un
LKS VOLEURS.
Dame Justice a fait merveille!
Disais-je , croyant voir un jour Douze voleurs , libres la veille, Bâiller captifs devant la cour.
Avant que Pécriteau d'usage A leur pilori soit colle, Lavater sur leur plat visage Lirait déjà qu'ils ont volé.
Cet homme au front chauve , à l'œil terne,
Est un usurier bien connu ;
Le passant , qui dans sa caverne
Entre affamé, sort demi-nu.
Au front d'airain , au cœur de roche ,
Il rit du pauvre désolé,
L'inf;ime! .. et jusque dans ma poche
Il a volé , volé , volé.
Ce petit drôle , qui regarde
Les poches du voisin souvent;
( Monsieur Guillaume , prenez garde ! )
C'est Patelin toujours vivant-
Pour orner le drap qu'il dérobe L'autre jour même il a colle Un ruban rouge sur sa robe...
Il a volé, volé, volé.
Voilà des fournisseurs d'armée :
Lorsqu'aux pieds d'un vainqueur tremblant La France tombait , renfermée Vivante dans un linceul blanc ; Ces alcbimistes, pêle-mêle, Autour du soldat immolé , Soufflaient de l'or dans la gamelle :
Ils ont volé , volé , volé.
Salut au baron de Wormspire .>* Littérateur, blagueur, voleur, Sur le Parnasse, dès l'empire, Il a fait métier d'oiseleur.
Méfiez-vous, s'il vous accueille , Frères : tout poëme envolé S'est pris l'aile à son portefeuille :
Il a volé , volé , volé.
Mais las! l'erreur était complète: Mon voisin Prudbomme l'expert, Où je croyais voir la sellette M'indiqua les jurés au pair; Et tous ces voleurs , qu'entre mille Au bagne on eut dit racolés ,