PAUL MASGANA, LIBRAIRE-ÉDITEUR
12, GALERIE DE L'ODÈON,
in 2010 with funding from
University of Ottawa
http://www.archive.org/details/lemyosotis1840more
HEGESIPPE MOREAU
« Qu'il vienne , avail-il dit , nie voir en ma détresse. »
Et déjà j'étais en chemin, Mais à peine à ma porte une folle maîtresse
Me dit : « Qu'il attende à demain. »
Mon Dieu, pardonne-lui ! pardonne-moi poète!
Car la mort n'a point attendu.
Le lendemain, hélas! à la couche muette
Un linceul était suspendu.
Pauvre enfant délaissé ! la sainte poésie,
Sur son sein l'avait abrité ; La misère bientôt vint tarir l'ambroisie,
Il mourut... mais il a chanté !
Il mourut en martyr, martyr de la souffrance A l'aurore de ses beaux jours ;
Mais il chanta l'amour, mais il chanta la France, Dans nos cours son cfHur bat toujours.
Il épuisa la vie à dompter sa chimère ;
Après le plus rude combat Il ap[>ela In mort ; seule elle fut sa mère.
Seule elle vint à son yrabat.
Ah ! pour aller prier sur sa tombre sacrée Je n'attends plus au lendemain :
Que j'ai maudit mon cœur, et Tamante adorée Qui Ta détourné du chemin '.
AllSfcNE HorssAVE.
P»-u de jours avanl sa mort, à riiôpilal do la Cliarilé, Ht'-gésippe Moreau avait fait dire à quelques amis lilléraires que , puisqu'ciifiii il avait un logis, il les recevrait à merveille. M. Arsène Houssaye entre autres était invité à ce fiuièbre pèlerinage, mais le hasard l'en a détourné. Il exprime poétiquement ses regrets dans ces stances, qui sont de nouvelles (leurs jetées sur la tombe de Moreau. {yote de l'Editeur.)