CHANT FUNÈBRE
Ils sont tous morts, morts en liéros, Et le désespoir est sans armes ; Du moins en face des bourreaux Ayons le courage des larmes !
Ces enfants qu'on croyait bercer Avec le hocliet tricolore, Disaient tout bas : Il faut presser L'avenir paresseux d'éclore ; Quoi ! nous retomberions vainqueurs Dans les filets de l'esclavage !
Hélas ! pour foudroyer trois Heurs Fallait-il donc trois jours d'orage!
Ils sont tous morts, morts en liéros, Et le désespoir est sans armes ; Du moins en face des bourreaux Ayons le courap;e des larmes!
\n LES 5 ET (» JUIN 18:^2.
Le peuple, ouvrant les yeux enfin, ^Murmurait : On trahit ma cause j Un roi s'engraisse de ma faim Au Louvre que mon sang arrose ; ]Moi , dont les pieds nus foulaient Tor, Moi dont la main brisait un trône.
Quand elle peut combattre encor, Irai-je la tendre à l'aumône?
Ils sont tous morts, morts en héros. Et le désespoir est sans armes; Du moins en face des bourreaux Ayons le courage des larmes!
La liberté pleurait celui Qu'elle inspira si bien naguère ; Mais un fer sacrilège a lui.
Et l'ombre pousse un cri de guerre :
Guerre et mort aux profanateurs !
Sur eux le sang versé retombe, Et les Français gladiateurs S'égorgent devant une tombe.
Ils sont tous morts, morts en héros, Et le désespoir est sans armes ; Du moins en face des bourreaux Ayons le courage des larmes !
Alors le bataillon sacré