‹ Le myosotis (volume 3)Chapitre 24 sur 66 · LES 5 ET 6 JUIN · texte numérisé non relu

LES 5 ET 6 JUIN

Surgit de la foule et tout tremble; Mais contre eux Paris égaré Leva ses mille bras ensemble.

On prêta, pour frapper leur sein, Des poignards à la tyrannie, Et les derniers coups du tocsin iN'ont sonné que leur agonie.

Ils sont tous morts, morts en liéros, Et le désespoir est sans armes ; Au moins en face des bourreaux Ayons le courage des larjnes !

Non, non, ils ne s'égaraient pas

Vers un avenir illusoire :

Ils ont prouvé par leur trépas

Qu'aux Décius on pouvait croire.

O ma patrie ! ô Liberté !

Quel réveil, quand sur nos frontières

La république aurait jeté

Ce faisceau de troupes guerrières !

Ils sont tous morts, morts en béros , Et le désespoir est sans armes; Du moins en face des bourreaux Ayons le courage des larmes.

Sous le dôme du Pantbéon, Vous qui rêviez au Capitole; Enfants, que l'appel du canon

LES 5 ET 6 JUIN t832.

Fit bondir des bancs d'une école, Au toit qui reçut vos adieux Que les douleurs seront anières, Lorsque d*uu triomphe odieux Le bruit éveillera vos mères!

Ils sont tous morts, morts en héros, Et le désespoir est sans armes ; Du moins en face des bourreaux Ayons le courage des larmes!

On insulte à ce qui n est plus.

Et moi seul j'ose vous défendre :

Ah ! si nous les avions vaincus Ceux qui crachent sur votre cendre, Les lâches, ils viendraient, absous Par leur défaite expiatoire, Sur votre cercueil à genoux, Demander grâce à la victoire.

Ils sont tous morts, morts en héros, Et le désespoir est sans armes ; Du jnoins en face des bourreaux Ayons le courage des larmes!

Martvrs, a vos hymnes mourants Je prêtais une oreille avide ; Vous périssiez, et dans vos rangs La place d'un frère était vide.

]^lais nous ne formions qu'un concert.

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