I.KS CON I KS. I.^.T
0 vierge sainte.
Sauvez ses jours!
— Rallumons notre lampe éteinte, Mes amis, et contez toujours.
Qui babille en cet oratoire?
Ce sont les nymphes d'un couvent .
Lons chapelet aux grains d'ivoire
Que dévide un moine fervent :
Le jour en chaire il moralise ;
Mais, sans bruit, au déclin des jours,
Hors de l'église
Il catéchise
Quelque Héloïse
En jupons courts...
— Un instant que j'embrasse Élise, Mes amis, et contez toujours.
Ou bien, histoires plus charmantes, Épanchons nos cœurs, et parlons De nos sœurs et de nos amantes ; Parlons de cheveux noirs ou blonds.
Doux secrets que le monde ignore, Allez, partez : les murs sont sourds.
En vain l'aurore
Qui vient d'éclore
Brille et veut clore
Nos longs discours ; .Jusqu'à la nuit contons encore, Jusqu'à demain contons toujours .
LOISKW QUE J'ATTEM)S.
Les beaux soleils morts vont renaître, Et voici déjà mille oiseaux Pendant leur nid à la fenêtre, Peuplant les bois, rasant les eaux.
Tous les matins un doux bruit d'ailes jNIe réveille, et j'espère... hélas!
A mes carreaux noirs d'hirondelles L'oiseau que j'attends ne vient pas.
L'ambition me fut connue Quand je vis l'aigle au large vol Un jour contempler de la nue Les insectes poudreux du sol ; Je vois h la tempête noire L'aijile encor livrer des combats ; .le le vois sans rêver la gloire :
L'oiseau que j'attends ne vient pas
LUI si: Al. i^it: .l'AT ri:M)S.
Voici le rossiuiiol qui cueille Un brin d'herbe pour se nourrir.
Puis se cache aux bois sous la feuille Pour chanter un jour et mourir :
Il chante Taniour... Ironie !
Oiseau moqueur, chante plus bas ; Et qu'ai-je besoin d'harmonie ?
L'oiseau que j'attends ne vient pas.
Plus loin, le martinet des grèves, Sur un beau lac d'azur et d'or, Comme un j)oète sur ses rêves, Se berce, voltige et s'endort.
Dors et vole à ta fantaisie.
Heureux frère ; devant mes pas, Moi, j'ai vu fuir la poésie :
L'oiseau que j'attends ne vient pas.
Arrive enfin, je t'en supplie, Noir messager dont Dieu se sert ; Corbeau qui, sur les pas d'Élie, Kmiettais du pain au désert.
Portant la part que Dieu m'a faite, Arrive, il est temps..., mais, hélas !
Mort sans doute avec le prophète.
L'oiseau que j'attends ne vient pas.
LES CLOCHRS.
Par ma fenêtre s'est enfuie L'Illusion et pour jamais ; Doux rêves, adieu : je m'ennuie Au son des cloches que j'aimais.
D'interpréter leur babillage, Poète à seize ans, j'eus le don.
Pour fêter le saint du village, Les cloches disaient : Allons donc
Arrivez donc 1
Arrivez donc!
Arrivez donc !
Alais je suis peu dévot, et même Il me souvient d'avoir osé Faire un gai repas en carême, Piepas d'amis bien arrose.
Hommes de Dieu, point de reprocb.es
LES CLOCHFS 15"
Il excuse un jour d'abandon ; Puis... c'était la faute des cloches Qui nous répétaient : Allons donc :
Grisez- vous donc!
Grisez- vous donc !
Grisez- vous donc!
Quand je donnai mon cœur à celle Qui n'en veut plus, et l'a toujours.
T.e tocsin même et la crécelle Parlaient aux vents de nos amours.
A l'ombre des bois, sur la mousse, Rêvant juieux; que sur l'édredon, ^"ous entendions, de leur voix douce, Les cloches nous dire : \ lions donc ;
Aiuiez-vous donc !
Aimez-vous donc !
Aimez-vous d<»iu- !
Puis j'arrivai, jeune et plein d'àme.
Dans la srand'ville en pèlerin:
Le le Deum de >"otre-Dame Alors berçait un souverain ; ^Lnis à fêter sa bienvenue Quand on fatiguait le bourdon, J'espérais, moi; car, dans la nue, L'airain grommelait : Allons donc :
Armez-vous donc !
Armez- vous donc !
Armez-vous donc !
|.,^ I !> (:i.()( IMS.
pour moi, tes cloelies, painre tiiuicf.
N'ont plus un langage aussi clair; n'aniour. de «iloire et crespérance.
Pour moi, rien ne parle dans l'air.
Je n'entends, comme tout le monde, Qu'un éternel drelin dindon .
Que la république vous fonde !
Cloches bavardes, allons donc ;
Taisez-vous donc !
Taisez-vous donc !
Taisez-vous donc !
T,F. REVFN \^T.
.Vai lu Pythagore, et souvent Je me confie A sa philosophie.
Après la mort, son, flamme ou vent , Chose légère comme avant, •l'aimerai ce que j'aime en vie :
Fuyons un corps que nul ne bénira, Vers mon pays mon ame s'en ira.
Si, rêveuse après mon trépas, ^ oiis pleurez, Laure, Kt visitez encore Ces champs où croissaient sous nos pas Des fleurs... que je ne voyais pas; A votre appel, sœur que j'adore, Vn feu follet en dansant vous suivra : Pour vous aimer mon àme survivra.
16J I.K KI.VKN ^N I
(^►iiaiid, sylphe jo\eii\ des ITiNcrs, î.e pimcli bleuâtre Danse et rit devant l'àtre; Unis, si vous chantez les vers Dont je parfumais vos desserte:
Tour à tour plaintif ou folâtre, Sur la montaiine un écho s'entendra .
A vos chansons nion ànie répondra.
Quand sonne enfin l'heure d'oser.
S'il vous arrive Que la beauté craintive Essaie encor de refuser Et murmure sous le baiser; Emportant sa plainte tardive, Un vent complice entre elle et vous fuira A vos amours mon àme sourira.
.Te meurs ! et pourtant, Liberté, Tu nous appelles \ des fêtes nouvelles.
Que ton chêne ressuscité Sur ma fosse au moins soit planté, Kt. chantant et battant des ailes, De branche en brandie une fauvette ira \ ton réveil mon âme applaudira.
J'ai lu Pythagore, et souvent Je me confie
LE RKVENA.NT. li.l
A sa philosophie.
Après la mort, son, flamme ou vent.
Chose légère comme avant,
J'aimerai ce que j'aime en vie :
Fuyant un corps que nul ne bénira, Vers mon pays mon a me s'en ira.