‹ Le myosotis (volume 3)Chapitre 44 sur 66 · LA SOEUR DU TASSE · texte numérisé non relu

LA SOEUR DU TASSE

Chantent comme ils chantaient sur les pas des héros; Car vous avez tenté des conquêtes plus rares, 0 poète, et comme eux triomphé des barbares ; Car d'un laurier rival vous êtes possesseur : Voyez... » — « Hélas ! dit-il, je ne vois pas ma sœur! ^>

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S'il est un nom bien doux fait pour la poésie, Oh! dites, n'est-ce pas le nom de la Voulzie? La Voulzie, est-ce un fleuve aux grandes îles? ^'on ; Mais, avec un murmure aussi doux que son nom. Un tout petit ruisseau coulant visible à peine ; Un géant altéré le boirait d'une haleine; Le nain vert Obéron, jouant au bord des flots, Sauterait par-dessus sans mouiller ses grelots. -Alais j'aime la Voulzie et ses bois noirs de mûres, Et dans son lit de fleurs ses bonds et ses murmures. Enfant, j'ai bien souvent, à l'ombre des buissons, Dans le langage humain traduit ces values sons; Pauvre écolier rêveur, et qu'on disait sauvage. Quand j'émiettais mon pain à l'oiseau du rivage, L'onde semblait me dire : « Espère! aux mauvais jours Dieu te rendra ton pain. » - Dieu me le doit toujours!

LA vol LZiE -:i:.

C'était mon Égérie, et l'oracle prospère

A toutes mes douleurs jetait ce mot : < l-lspere!

Espère et chante, enfant dont le berceau trembla.

Plus de frayeur : Camille et ta uière sont là.

Moi, j'aurai pour tes chants de longs échos... >— Chimère:

Le fossoyeur m'a pris et Camille et ma mère.

J'avais bien des amis ici-bas quand j'y vins,

Bluet éclos parmi les roses de Provins :

Du sommeil de la mort, du sommeil que j'envie.

Presque tous maintenant dorment, et, dans la vie,

Le chemin dont l'épine insulte à mes lambeaux

Comme une voie antique est bordé de tombeaux.

Dans le pays des sourds j'ai promené ma lyre ;

.l'ai chanté sans échos, et, pris d'un noir délire,

J'ai brisé mon luth, puis de l'ivoire sacré

J'ai jeté les débris au vent... et j'ai pleuré!

Pourtant je te pardonne, ô ma Voulzie! et même.

Triste, j'ai tant besoin d'un confident qui m'aime,

jNIe parle avec douceur et me trompe, qu'avant

De clore au jour mes yeux battus d'un si long vent,

.Te veux faire à tes bords un saint pèlerinage,

Revoir tous les buissons si chers a mon jeune âge.

Dormir encore au bruit de tes roseaux chanteurs,

Et causer d'avenir avec tes flots menteurs.

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