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pas mal à ce tyran, lequel durant les jours de pénitence fit mourir de faim et de froid plus de trois cents hommes , lesquels mesmeluy offroyent payer de bonnes rançons. »
La plus ancienne version françoise de la légende de Robert le Diable se trouve dans le roman en vers du XIll« siècle, dont la Bibliothèque Royale possède deux manuscrits, (N°Lavall., 38 et 80). Ce roman a été imprimé en 1837 avec des caractères gothiques. Voici le titre exact de ce volume: Le Roman de Robert Je Diable, en vers duXIII^ siècle, publié pour la première fois d'après les manuscrits de la Bibliothèque du Roi, par G. S. Trébuiien^ Paris, Silveslre, în-4".
Le Mystère qui a été composé au milieu du X1V« siècle vient après le poème; il se trouve dans un manuscrit en deux volumes in-folio qui ont pour titre : Mystères de Nostre-Dame. Ce titre est fondé sur Tmlervention deKotre-Dame dans toutes les légendes dramatiques réunies dans cette collection. Le onzième des miracles transcrits dans le deuxième volume est intitulé : Cy commence un miracle deN.-D. de Robert le Dyable, fils du duc de yormandie, (i qui il fut enjoint pour ses meffaiz qu'il feist le fol sans parler ; et depuis ot nostre sire mercy de H et espousa la fille de l'empereur.
J'ai concouru en 1836 à la publication de ce mystère, qui a été imprimé à Rouen, en un volume in-8°, sous le même titre. Voici quelques observations curieuses de M. Deville sur l'époque à laquelle ce mystère a été composé :
« Nous pensons que le Miracle de Robert le Diable est de « la première moitié du XIV^ siècle ; il n'a pu être composé a avant 1309, date du premier séjour des papes en Françç,
« puisqu'il est évidemment question du pape comme habi-
« tant Avignon:
« selon le Rosne t'en iras « environ trois lieues petites.
« ^ïais un autre passage de cette singulière composition « nous permet de préciser davantage l'époque où elle a été « exécutée :
« oil, anges et moulons fins
« et vez ci tous parisis d'or.
« dit le paysan, en montrant à Robert l'or qu'il a dans son « coffre.
« Nous reconnaissons ici des monnaies du règne de « Philippe de Valois; à savoir les anges et les parisis d'or. « La fabrication des parisis ne commença qu'en 1329, celles « des anges en 1340 seulement.
« Ce serait donc de 1340 à 1350, sous Philippe de Va- « lois, qu'il faudrait fixer la composition du miracle. »
Aux XIV« et XV^ siècles, la légende de Robert le Diable fut le sujet d'un dî7. La Bibliothèque Royale en possède deux manuscrits (n*^ fonds Notre-Dame, 198 et 7883^); Tune des versions porte le titre suivant : Ci commance ung moult beau livre, lequel parle de la vie d'un seigneur qui fut nommé Robert le Dyable; lequel fut fils du duc de Normandie et de la fille de monseigneur le duc de Bourgoigne , qui est une belle chose à ouyr.
M. Auguste Pichard, dans un article de la Revue de Paris du mois de juillet 1834, a mis en prose et publié en partie cette pièce. M. de Martonne, dans un examen critique de cet article (tome XI des Mémoires de la société des Antiquaires de France), en a reproduit plusieurs strophes.
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Au milieu du XIII^ siècle la légende de Robert le Diable a été rédigée en prose pour la première fois. Cette rédaction forme les premiers chapitres de la Chronique de Normandie {{). Cette chronique dont il existe plusieurs manuscrits, et dont la première édition remonte à l'année 1487, paroît avoir été composée vers la fin du règne de Saint-Louis ; l'auteur anonyme joignit aux faits consignés dans le roman de Rou les traditions populaires admises à l'époque où il écrivoit. C'est pourquoi il dutcommencer son livre par la vie de Robert le Diable; le récit du chroniqueur fut généralement plus répandu que celui des poètes, et ce dernier conserva mieux les traits originaux de la légende.
A la fin du XV^ siècle, l'histoire de Robert le Diable devint le sujet d'un roman fort populaire et qui n'est autre pour le fonds des événements que celui qui fait partie de ce volume; la première édition connue jusqu'à ce jour est de l'année 1496, elle a pour titre : La Fie du terrible Robert le Diable, lequel après fut nommé l'omme Dieu. Lyon. P. Mareschal, 1496, 2n-4" Goth. Ce ne fut pas la seule , et dans le courant du XVI« siècle il y en eut plusieurs éditions, j'indiquerai la suivante:
La terrible et merveilleuse vie de Robert le Dyable, Paris, Cl Rilhart, S.-D., vers 1650, tn-4", Goth.
Au XVIe siècle, ce roman fut traduit en anglois et en espagnol.
(1) Les Chronique<i de Normandie, lesquelles ont été de nouveau corrigé à la vérité, esgueiles sont contenues vaillances et proesses des ducs, barons et seigneurs de la noble duché de Normandie, etc. in-io, Golh, — (Voyez Manuel du libraire, T- I, p. 477.)
WiV XOrVKLLK niBLtOTIIÈQt'E RLEITÎ.
Voici le tilre des deux plus anciennes éditions :
Robert ihe Devyll. London , JFinliyn de irorde , S.-D. în-4«.
J qui comiença la, espantosa y admirable vida de Roberlo el Diablo assi al principio llamado : hijo del duque d'Normandia.Elquel despues por susancta vida fue llamado hombre d'Dios. Alcala de Ilenar es ^Miguel Fguia, 1530, rn-io, Golh. (1).
Enfin je terminerai cette bibliographie des ouvrages consacrés à Robert le Diable, en indiquant les éditions modernes de ce roman faites par Oudot et ses successeurs.
1 . La terrible et merveilleuse vie de Robert le Diable, lequel
après fut liomme de bien. Troyes, Jacques Oudot, 1715, in-8<' de Si pages, avec figures en bois.
2. La mèuie, J.-A. Garuier, 1733, petit in-S» de 46 pages, et
gravures en bois.