‹ Le myosotisChapitre 20 sur 52 · I. AMANT TIMIDE · texte numérisé non relu

I. AMANT TIMIDE

« Où vont CCS Icvres de flamme ?

Où vont ces doigts curieux?

— Puisque j'en liens un, madame, Laissez-moi prendre les deux. »

La C()(|ucite sans alarmes

Rit si bien de mon amour,

Que j'eus à baiser des larmes

Quand i<i riais à mon tour.

Elle sanglote et se pâme :

« Qu'avons-nous fait là, grands dieux ?

— Oh ! rien qu'un enfant, madame !

Oh ! rien qu'un enfant... ou deux ! »

L'ÉCOLIERE

AppROCHKz, aimable écolière, Vous qui fûtes maîtresse un jour ; Approchez, et, moins familière Avec Lhomond qu'avec l'Amour, Instruisez-vous : chacun son tour.

INIais, par un doux air de folie, Grand Dieu ! comme elle est embellie ! Finissez, Rose, finissez :

Est-ce l'instant d'être jolie ?

Finissez, Rose, finissez :

Je suis le maître, obéissez.

Quoi ! vous épelez, incertaine, INlême un chapitre de roman ; Attendez-vous la soixantaine Pour savoir lire couramment Les petits vers de votre amant ?

Mais que demande ce sourire ?

Pourquoi ce bras nu qui m'attire ?

Finissez, Rose, finissez :

Est-ce dans mes yeux qu'il faut lire ?

l'bcomèhe 1 17

Finissez, Rose, finissez :

Je suis le maître, obéissez.

La grammaire vous effarouche, El j'entends rire à mon côté I,ors(|iie les S dans votre bouche Usurpent la place des T :

Quel soufllet pour ma vanité !

Mais cette bouche que j'accuse Veut se défendre par la ruse :

Finissez, Rose, finisse/ :

Un baiser n'est pas une excuse !

Finissez, Rose, finissez :

Je suis le maître, obéissez.

Hélas ! elle est encor maîtresse ;

Le livre échappe de sa main :

Il tombe, et s'effeuille. . . Ah ! traîtresse !

Vous le foulez avec dédain,

Vous triomphez, mais c'est en vain.

Ne pas céder est mon système :

Passons au chapitre deuxième.

Vite, vite recommencez,

(Dût la leçon finir de même !)

Vite, vite, recommencez :

Je suis le maître, obéissez.

LA FERMIERE

ROMANCE Et rennes à Madame Guérard.

MOUR à la fermière ! elle est Si gentille et si douce !

C'est l'oiseau des bois qui se plaît Loin du bruit dans la mousse ;

Vieux vagabond qui tends la main.

Enfant pauvre et sans mère,

Puissiez-vous trouver en chemin La ferme et la fermière !

De l'escabeau vide au foyer

Là le pauvre s'empare, Et le grand bahut de nover

Pour lui n'est point avare ; C'est là qu'un jour je vins m'asseoir.

Les pieds blancs de poussière ; Un jour... puis en marche ! et bonsoir

La ferme et la fermière !

LA FEU Ml EUE

Mon seul beau jt)ur a dû finir,

Finir dès son aurore ; Mais pour moi ce doux souvenir

Est du bonheur encore :

Kn lerinanl les yeux, je revois

L'enclos plein de lumière, La haie en Heur, le pelit bois,

La ferme et la fermière !

Si Dieu, comme notie curé

Au prône le répète, Paie un bienfait (même égaré),

Ah ! (ju'il songe à ma dette.

Qu'il prodigue au vallon les fleurs,

La joie à la chaumière, El garde des vents et des pleurs

La ferme et la fermière !

Chaque hiver qu'un groupe d'enfants

A son fuseau sourie, Comme les anges aux fils blancs

De la vierge Marie ; Que tous, [)ar la main, pas à pas.

Guidant un petit frère.

Réjouissent de leurs ébats

La ferme et la fermière !

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