L.\ SŒl'R Dr TASSK
« La Fièvre n'osait plus s'asscoli- à mon chevet; Même avant la douleur le remède arrivait ; Vous juj;iez mes travaux. (|uerclliez ma paresse; Et toujours sur mon Iront pendait une caresse. Souvent mon cœur, saisi d'un prophétique émoi, Me révélait fjuelqu'un debout derrière moi ; Puis sur mes veux tombait une main enfantine ; Puis, entre deux baisers, on me disait : « Devine ! » Je devinais toujours ! Des [)arrums inconnus Annonçaient aux païens Tinvisible \ énus. Ainsi, quand un nuage à mes yeux vous dérobe, De vos cheveux b(»uclés, des plis de votre robe, Je ne sais (juel parfum d'une exquise douceur Se répand et m'enivre, et vous trahit, ma sœur !
« Aussi, j'ai bien souvent frémi d'un doute étrange.
Et les yeux sur vos yeux dit : « h^st-ce pas un ange ?
« Pendant que je suivais là-bas un paladin,
« Le deuil sur la maison est-il tombé soudain ?
« Derrière moi, sans bruit, la vieille Alix a-t-elle
« Dans un linceul furtlf cousu ma sœur mortelle ?
« Et, pour tromper mon cœur, cet ange au front si beau
« Daigna-t-il emprunter un nom sur un tombeau ?»
« Des bienfaits prodigués par votre amour céleste, Dût cet amour s'éteindre, un souvenir me reste, Et ce long souvenir est encore un bienfait ; Oui, ce que vous faisiez, votre image le fait : Par le méchant qui règne et le sot qui prospère Coudoyé, si je pleure et si je désespère. Elle est là : son souris me défend de pleurer ;