‹ Le myosotisChapitre 46 sur 52 · DUNE COISINK DE SEPT ANS · texte numérisé non relu

DUNE COISINK DE SEPT ANS

Hiii.As ! si j avais su, lorscjue ma voix qui prêche Tennuyail de leçons, que, sur toi, rose et fraîche, Le noir oiseau des morts planait inaperçu ; (^ue la fièvre guettait sa proie, et que la porte Où lu jouais hier te verrait passer morte... Hélas ! si j'avais su !...

Je t'aurais fait, enfant, l'existence bien douce; Sous chacun de tes pas j'aurais mis de la mousse ; Tes ris auraient sonné chacun de tes instants ; Et j'aurais fait tenir dans la petite vie Un trésor de bonheur immense... à faire envie Aux heureux de cent ans !

Loin des bancs où pâlit l'enfance prisonnière. Nous aurions fait tous deux l'école buissonnière Dans les bois pleins de chants, de parfum et d'amour; J'aurais vidé leurs nids pour emplir ta corbeille ; Et je t'aurais donné plus de fleurs <|u'une abeille N'en peut voir dans un jour.

160 Stn LA MORT d'une COUSINE DE SEPT ANS

Puis, quand le vieux Janvier, les épaules drapées D'un long manteau de neige, et suivi de poupées. De magots, de pantins, minuit sonnant, accourt. Au milieu des cadeaux qui pleuvent pour étrenne. Je t'aurais fait asseoir comme une jeune reine Au milieu de sa cour.

Mais je ne savais pas... et je prêchais encore ; Sûr de ton avenir, je le pressais d'éclore, Quant tout à coup, pleurant un long espoir déçu, De tes petites mains je vis tomber le livre ; Tu cessas à la fois de m'entendre et de vivre... Hélas ! si j'avais su !

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