‹ Le myosotisChapitre 6 sur 52 · I.F.S PKTITS SOri.IERS · texte numérisé non relu

I.F.S PKTITS SOri.IERS

biné de l'art cl du loin- do (orcc : c'était mademoiselle Taglioiii et madame Sacjui résumées d'avance en deux jambes.

Enfin, a[)rt"'s une K)ngue traversée, la vigie cria: Terre! Et ce fut, je vous assure, une scène vraiment touchante (jue celle du matelot et de la jeune créole. « Je penserai toujours à vous, et je garderai vos souliers comme un souvenir, comme une relique, disait Marie-Rose pour consoler Pierre llello, qui passait sur ses yeux humides le revers de sa main <-alleuse. — Oh ! lépondaii-il en secouant la tète, vous allez à Paris, où de nouveaux amis vous feront perdre le souvenir du pauvre Hello qui ne vous occupera guère. — Toujours! » répéta-t-elle, entraînée par sa tante. Il la suivit longtemps des yeux : elle se retourna souvent, et il ne pouvait déjà plus l'entendre (ju'elle répétait encore en agitant son mouchoir : « Toujours, Hello, toujours ! »

Pierre Hello ne put savoir si la jeune fille tint parole, car il loucha bien rarement la terre, et fut lue dans la guerre d'Amérique. Quant à Marie-Rose...

Mais voici, au travers de mon histoire, le grand fleuve de la Révolution française qui passe ; fleuve étrange et qu'on ne sait comment nommer : Pactole au sable d'or, Simoïs teint de sang, Eurotas aux lauriers-roses. Son bruit et sa profondeur vous causeraient des vertiges. Donnez-moi la main, ma sœur, fermez les yeux et sautons par-dessus...

Bien! nous voici tombés au milieu de l'Empire, et nous sommes à la Malmaison, retraite de la noble

et malheureuse Joséphine, veuve, par une séparation légale, de Napoléon vivant encore, mais toujours impératrice et toujours adorée des Français ([ui l'avaient épousée, eux aussi, dans leur cœur, et qui n'avaient point souscrit au divorce.

Accoudée dans sa chambre sur la boîte d'un piano, elle écoutait en souriant une députation de jeunes demoiselles attachées à sa personne, et qui sollicitaient, tremblantes, la permission de jouer des proverbes au château. « Volontiers, mes enfants, répondit la bonne Joséphine ; je veux même me charger des costumes. Grâce à la générosité de l'empereur, ma garde-robe y peut abondamment Fournir, Tenez, voici ce que Marchand vient encore de m'apporter tout à l'heure. »

Et elle repoussait négligemment du pied une fourrure étendue sur le tapis. Cette parure était si belle, (jue mademoiselle S.-R., la plus jeune des ambassadrices, ne put s'empêcher de dire, en frappant l'une contre l'autre ses blanches mains en signe d'admiration :

« Dieu ! que Votre Majesté est heureuse !

— Heureuse ! murmura Joséphine, heureuse !... »

Elle parut rêver un moment, et ses doigts distraits errant sur les touches du piano, en tirèrent quelques notes de la romance que nous connaissons déjà:

La fleur veut mourir où la fleur

Est née, Et j'étais si bien sur ton cœur,

Ma sœur!...

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