‹ Le myosotis. Poésies inéditesChapitre 30 sur 108 · LES 5 ET 6 JUIN I · texte numérisé non relu

LES 5 ET 6 JUIN I

Quoi 1 nous retomberions, vainqueurs, Dans les filets de l'esclavage!

Hélas I pour foudroyer trois fleurs Fallait-il donc trois jours d'orage ! »

Ils sont tous morts, morts en héros, Et le désespoir est sans armes ; Du moins, en face des bourreaux Ayons le courage des larmes.

Le peuple, ouvrant les yeux enfin.

Murmurait : « On trahit ma cause ; Un roi s'engraisse de ma faim Au Louvre, que mon sang arrose; Moi, dont les pieds nus foulaient l'or, Moi, dont la main brisait un trône.

Quand elle peut combattre encor, Irai-je la tendre à l'aumône? »

Ils sont tous morts, morts en héros, Et le désespoir est sans armes ; Du moins, en face des bourreaux Ayons le courage des larmes.

La Liberté pleurait celui

Qu'elle inspirait si bien naguère ;

Mais un fer sacrilège a lui,

Et l'ombre pousse un cri de guerre :

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